Pourquoi nous ne participerons pas aux jurys du Bac

Des universitaires de Strasbourg lancent un appel national pour soutenir les enseignants du secondaire dans leur lutte contre les réformes du lycée et du Bac. Certains refuseront de présider les jurys du Bac.

Pourquoi nous ne participerons pas aux jurys du Bac

Pour que le bac reste le premier diplôme de l’enseignement supérieur et la seule condition pour entrer à l’université. 

La réforme du Lycée et du Baccalauréat est très inquiétante pour l’avenir de ce diplôme comme pour celui du Lycée et de nos futurs étudiants.

D’un côté, la sélection des spécialités force les lycéens à des choix inutilement précoces, qui auront un impact direct sur leur orientation dans le supérieur. D’un autre côté, la spécialisation des lycées et l’affaiblissement des épreuves nationales au profit des épreuves de contrôle continu augmente mécaniquement les inégalités, notamment territoriales.

Enseignants du supérieur, universitaires, nous serons contraints de sélectionner et d’orienter nos futurs étudiants sur la base de leur choix et résultats antérieurs alors que nous les savons inéquitables. Nous craignons que nos décisions imposent de fait une nouvelle norme dans le choix des spécialités au lycée, et ceci, au détriment de spécialités qui sont pourtant en totale adéquation avec certaines de nos filières. Nous craignons d’ailleurs de devoir admettre dans certaines filières des candidats n’ayant pas eu la possibilité de suivre au lycée les spécialités les plus adaptées, et des candidats dont nous ne pourrons estimer les chances de réussite, à qui nous devrons imposer des enseignements supplémentaires qui n’auront peut-être alors comme effet que d’allonger inutilement leur temps de présence à l’université.

L’orientation n’est pas affaire de fatalité, et le poids des origines et des territoires ne doit pas devenir prépondérant.

Défenseurs des valeurs universitaires, nous apportons tout notre soutien aux enseignants de lycées dans leur combat contre les réformes actuelles, car nous les jugeons délétères pour la réussite de nos futurs étudiants. Nous ne participerons donc pas aux jurys du Bac cette année et nous encourageons nos collègues à ne pas y participer.

Nous invitons les parents à apporter également leur soutien à ces enseignants mobilisés pour l’avenir de leurs enfants.

Cette tribune est ouverte à la signature de tous les universitaires, concernés ou non directement par les jurys du bac. Elle a été initiée et est soutenue par des organisations syndicales de l’Université de Strasbourg (SNESUP-FSU, SES-CGT, Sud Education Alsace).

Mise à jour au 23 juin à 14h : 136 signatures ont été recueillies.

Mise à jour du 4 juillet : 248 signatures 

Signataires acceptant de rendre publique leur signature (par ordre alphabétique) :
Thomas Alam (Université de Lille), Abdeltif Amrane (Université de Rennes 1), Pierre Badin (CNRS), Claire Balandier (Avignon Université), Pierre-Emmanuel Berche (Université de Rouen), bertrand berche (Université de Lorraine), Françoise Bloch (Cnrs), Béatrice Bloch (Université Bordeaux Montaigne), serge bondil (UGA), Pascal Buresi (CNRS-EHESS), Jérôme Buresi (Université d'Artois), Richard Cabassut (Université de Strasbourg), severine chauvel (UPEC), Brigitte Chauvin (Université de Versailles), Catherine CHIABODO (Université d'Avignon), Rémi Clot-Goudard (Université Grenoble Alpes), Guillaume Coqui (Université de Bourgogne), FANNY DARBUS (UNIVERSITE DE NANTES), Claire Derycke (Université de Lille), Marnix DRESSEN-VAGNE (UVSQ), Jean-François DUBOST (UPEC), Frédéric DUFAUX (Université Paris Nanterre), Philippe Enclos (Retraité université de Lille), Nicolas FEREY (Université Paris Sud), Rosa Figueiredo (Avignon Université), Franck Gaudichaud (Université Grenoble Alpes), Pascale Gillot (Université de Tours, MCF philosophie), Jean-Luc Godet (Université d'Angers), Géraldine IRUBETAGOYENA (INSA Toulouse), Florence Johsua (Université Paris Nanterre), pierre jourlin (Avignon Université), Elise Julien (Sciences Po Lille), Donna Kesselman (UPEC), Aurélie Knüfer (Université Paul-Valéry), Isabelle Krzywkowski (Université Grenoble Alpes (UGA)), rose-marie lagrave (EHESS), Romain Larive (Université de Montpellier), Christian Lavault (Université Paris 13), Benoït Leroux (Université de Poitiers), Wenceslas Lizé (Université de Poitiers), Armelle Mabon (UBS), Pascal Maillard (Université de Strasbourg), Christine Maillard (Lycée Dorian), Monique Majchrzak (Université de Strasbourg), Bernard Mezzadri (Université d'Avignon), Clélie MILLNER (ICP Paris), Létitia Mouze (Université Toulouse 2 Jean Jaurès), dominique ottavi (Université Paris Nanterre), laetitia perret (Université de Poitiers, ESPE), Roland Pfefferkorn (Université de Strasbourg), Marie-Domitille Porcheron (Université de Picardie Jules Verne UFR Arts), Jean-Christophe Poully (Université de Caen Normandie), Elisabeth Pozzo di Borgo (Avignon Université), Marie Anne Sabiani (Sorbonne Université), elisa Santalena (UGA (Université Grenoble Alpes)), Federico Tajariol (univ franche comté), jean-yves Tizot (Université de Grenoble), Christian Topalov (EHESS), Constantin Vernicos (Université de Montpellier), Nicolas Vidoni (Université Paul Valéry-Montpellier III), Noémie Villacèque (Université de Reims-Champagne Ardenne), sylvie vilter (UVSQ)

 

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