La mort ne passera pas!

Les formes de lutte initiées à Sivens, à la ferme des "Mille vaches" comme à Notre-Dame-des-Landes sont exemplaires et devraient se multiplier partout où il y a des ZAD (Zones à défendre).

Les formes de lutte initiées à Sivens, à la ferme des "Mille vaches" comme à Notre-Dame-des-Landes sont exemplaires et devraient se multiplier partout où il y a des ZAD (Zones à défendre).

Ce concept fort de ZAD et les formes de lutte qui y sont associées (occupation pacifique, désobéissance civile, projets alternatifs...), pourraient être étendus à tous les Biens communs, y compris aux Services publics que le néo-libéralisme autoritaire des socialistes de droite est en train de tailler en pièces et de privatiser. 

Ce combat devrait s'articuler autour de l'opposition forte entre une démocratie et une écologie des Communs et la dictature du privé qui impose dans sa violence nue l'appropriation, le détournement ou la destruction des Communs par une oligarchie (privatisation des pouvoirs politique, économique, culturels, juridique...).

Ce combat passe par une dénonciation vigoureuse de la criminalisation et de la répression des mobilisations et contestations citoyennes. Il est congruent avec la nécessité d'inventer aujourd'hui une nouvelle République : la seule zone qui n'est plus à défendre, c'est la 5ème République! Ce combat pour les Communs doit fédérer et unir toutes les associations militantes, les collectifs, les syndicats offensifs, les militants des partis appartenant à la vraie gauche et tous les citoyens engagés. L'avenir leur appartient.

Le pouvoir des prétendus socialistes se conjugue déjà au passé. Comme l'écrit justement François Bonnet, ce pouvoir "avance tel un mort"La mort ne passera pas!


Pascal Maillard

 

PS 1 : Je dédie ce billet à la mémoire de Rémi Fraisse. Nous n'oublierons pas.

PS 2 : Ce billet constitue la reprise d'un commentaire posté ici. J'en restitue la première partie pour la contextualisation :

"Merci aux deux journalistes pour ce très bon article qui prend soin dans la seconde partie de bien expliquer la forme de la mobilisation militante et citoyenne qu'a pris la défense de cette zone du Testet. Merci aussi d'avoir retrouvé ce discours confondant de Valls le 6 septembre dernier. Outre le discours martial et guerrier ("Nous avons tenu bon à Sivens") qui annonce la déclaration devant les députés ("Je n'accepte pas..."), le premier ministre prononce dans ce discours un véritable éloge de la dérèglementation et de la "protection des terres agricoles". Cette critique des règles porte en elle une volonté de s'abstraire du droit, ce qui est arrivé à deux niveaux à Sivens : la violence mortelle de l'Etat contre des manifestants que la force publique aurait dû protéger, le non respect des procédures juridiques et des avis autorisés en commençant des travaux dans un cadre illégal. Que le libéralisme autoritaire des socialistes, pire que celui d'une droite réactionnaire, se moque de l'écologie, est une chose. On le savait depuis longtemps. Mais qu'il entende imposer par tous les moyens, y compris la force de l'Etat, des entreprises de destruction illégales des Biens communs, est la confirmation que ce pouvoir a non seulement pris un virage autoritaire, mais s'engage sur la voie de pratiques "totalitaires" (voir par exemple ici) qui doivent être combattues avec la plus grande énergie par tous les citoyens attachés à nos valeurs démocratiques."

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