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Billet de blog 1 août 2016

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Chroniques de ma Nature (1)

Chronique de ma Nature - écologie et lutte des classes

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Chroniques de ma nature (1).

D’abord il y a le soleil qui décide qu’il ne faut surtout pas éviter ce matin. Il chauffe les volets entrouverts, puis la chambre, puis le lit, et là… T’as plus vraiment le choix.

Une cartouche de biscottes beurrées au sel de Guérande, un thé adouci d’un miel de montagne et les premières marches descendantes te mènent dans le bureau.

T’enjambes le pantalon, t’enfiles les grôles de marche, tu t’’harnaches du baudrier, vérifies la batterie de l’appareil photo et t’es déjà dans le décor.

Dans la voiture tu te fais un film. Tu respires la lumière, mesures d’où vient le vent. T’es en route, dans dix minutes tu seras à pied. Après avoir quitté la route de Toulouse, sur l’habituel chemin mal goudronné, comme à chaque fois, l’émouchet s’envole, puis la buse, puis la pie… déjà quelques brindilles en ombre traversent l’horizon du parebrise. Nul doute, elles sont là….

La voiture cahote sur les trous de la route, le bassin agit comme à cheval, encaissant les soubresauts.

Cinquante mètres avant de m’arrêter, je longe, sur la droite, lentement, une belle maison entourée, protégée de quelques voitures. C’était la maison d’un copain que l’amiante a tué. A chaque fois, je me rappelle son béret de parachutiste, sa verve, sa gouaille, l’Internationale et les combats partagés.

Sous le vieil arbre, juste après la maison, je stoppe et change de regard. « Salut Dominique, je crois avoir vu une Cordulie…, j’te laisse, je m’en vais visiter le Fresquet »…. Souvenirs… sauf que plus jamais mon camarade ne m’invitera à partager un café, un pastis ou une bibine. Et ça, ça me chagrine toujours autant…. De l’aérodrome voisin s’envolent régulièrement quelques coucous à plus d’un million d’€. Respect ! Le monde dans lequel nous vivons n’en a cure.

A l’instant où j’atterris, le soleil brûle : zénith plus ou moins trois plombes. Pourtant, invariablement, je descends du talus à l’ouest et, ayant contourné ce petit marais, le gravis à l’est. C’est une marotte…, qu’à chaque fois je me reproche.

Si quelques papillons tentent de brouiller mon radar, le temps d’accrocher l’appareil photo au baudrier, j’ai retrouvé mes esprits. Une Libellule fauve passe, vaine tentative d’égarer ma chasse… C’est aujourd’hui la quinzième fois que je visite ces lieux dans lesquels je sais, d’office, qu’ils me révèleront quelques surprises émouvantes…

(à suivre).

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