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Billet de blog 9 septembre 2019

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La vallée du Tescou n'existe déjà plus.

Ce 9 septembre 2019 (09/09/2019), aurait pu être la fin de d'un processus d'échanges entre divers protagonistes réunis autour d'un projet politique, celui de ... ne pas refaire les erreurs qui ont conduit à la destruction de la zone humide du Testet, et de ne pas oublier la mort de Rémi Fraisse, un jeune botaniste tué cette triste nuit du 25 au 26 octobre 2014, près de Gaillac...

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

   Ce 9 septembre 2019 (09/09/2019), aurait pu être la fin de d'un processus d'échanges entre divers protagonistes réunis autour d'un projet politique, celui de ... ne pas refaire les erreurs qui ont conduit à la destruction de la zone humide du Testet, et de ne pas oublier la mort de Rémi Fraisse, un jeune botaniste tué cette triste nuit du 25 au 26 octobre 2014, près de Gaillac... et d'inventer un projet d'aménagement de ce petit territoire pour que la paix revienne dans chacun des milliers de foyers qui longent, entourent et aiment ce ruisseau.


   Aujourd'hui le feu couve sous la cendre tiède d'innombrables arrogances et d'inutiles abandons habillés du triste mot de "consensus".

Répétons-le -  nous l'avons écrit dans un précédent billet daté du 24 août 2017 - l'organigramme des protagonistes officiels de cette histoire empêchait d'office que la seule idée de "consensus" puisse devenir réalité.

    Sous la couverture des divers sigles existait un antagonisme social, agriculturel et économique. Il aurait fallu être d'une incroyable naïveté, voire devenir sourd, inculte... pour croire, un seul instant, que l'alliance consanguine de la FNSEA et de l'Etat puisse offrir un seul moment, une quelconque légitimité à quelques associations de défense de l'environnement.

   Ceux qui furent les inventeurs de ce combat mesurent, d'étape en étape, comment nombre d'associations originelles ont l'une après l'autre, quitté le collectif constitué au début au fur et à mesure que "le consensus" devenait l'alpha et l'omega de la bagarre.

- N'oublions pas les désagréables saillies de bizarres "zadistes", maculant un monument aux morts à Gaillac, scellant le divorce entre la population locale et les défenseurs de la zone humide du Testet.-..

   Soyons clairs : la grande majorité des jeunes "zadistes" qui sont venus occuper de leurs tentes, de leurs baraques et de leurs enthousiasmes quelques espaces de la vallée le faisait avec conviction et réelle idée de bloquer la destruction des bois et de la vallée...

  Soyons clairs, la violence organisée par les milices d'agriculteurs mobilisées par le même syndicat "d'entrepreneurs agricoles", autorisée par la Préfecture à faire régner la terreur dans la vallée ont réussi à faire de la vallée le lieu d'exactions, avant même que quelques escadrons de GM ne lancent leurs premières grenades mortelles...

 Alors j'entends le reproche : en quoi ce rappel serait-il utile ?

Eh bien justement parce que personne n'est en droit de gérer l'actuel processus s'il oublie un seul instant ces moments restés de cette incroyable violence vécue par tant et tant de gens qui sont, eux, nos co-citoyen(ne)s. .

D'autre part, depuis les tous débuts de la bagarre, a été, de manière annexe, gérée, d'un revers de main, la question essentielle de la destruction de la zone humide du Testet !

   Tous les naturalistes, dignes de la responsabilité de leurs actions, savent parfaitement qu'il n'existe pas de "compensation", d'échange entre une zone détruite et l'existence de zones de compensation...

Question : qu'ont fait de cette réalité, quelques négociateurs piégés dans la litanie des réunions dites de "concertation" ?

  Merci aux agriculteurs(trices), résistant(e)s de la première heure qui ont créé, autour de leurs fermes, un point d'appui essentiel pour que s'ancre et demeure le combat démarré depuis plus de trente années !

Actuellement, ceux censés "représenter" la protection de "la zone humide du Testet", se retrouvent à bidouiller le plus petit commun consensus avec la troïka de l'Etat (les préfectures des 81 & 82), les Conseils Départementaux (du 81 et du 82)  et les FDSEA des 81 & 82.. Même s'il est heureux que la Conf 81 & 82 et quelques asso les suivent... (laissant en sourdine le CACG, devenu fort discret...).

Pourtant il y a peut être une autre issue pour "s'extraire" du piège largement tendu par cette troïka...

Aujourd'hui, a été obtenu un délai dévolu à une expertise des besoins en eau affecté aux irrigants...

Il est peut-être temps d'organiser un rassemblement ? Une réunion publique pour rendre publique toutes ces tergiversations que les gens bien définissent comme des "négociations".

L'avenir de la Vallée, voire l'avenir de sa culture agricole, ne nécessiterait-elle pas un vaste rassemblement populaire, incluant associations, syndicats de salarié(e)s, partis politiques pour redonner la parole aux citoyen(ne)s de la vallée et des communes alentours ?

Il est, peut être, temps de redonner la parole à la mobilisation populaire ? Non ?

Pascal Polisset. écosocialiste, naturaliste.

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