Chacun le sait, l'invitation que fait le gouvernement, au travers de la constitution d'une commission sise en Préfecture relève d'aléas qu'il ne gère nullement.
Qui peut croire, un seul instant, qu'attabler les tenants du barrage - tous alimentant les caisses de la FNSEA -, des élus pris dans leur appartenance à la CACG - quasi tous siégeant au sein du Conseil Départemental - et quelques "naturalistes" choisis par EELV, espérant jouer la carte de "l'expertise" puisse, d'un seul iota modifier l'inéptie de ce projet ?
En réalité : personne. Chacun joue un rôle. Relisons la tirade de Jacques dans "As you like it" de Shakespeare. Dans cette société, comme l'a écrit Guy Debord : "Le spectacle n'est pas un ensemble d'images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images". L'essentiel restant d'y être, d'y paraître, le piège tendu y troiuvera ainsi ses proies.
On nous parle - vieille camelote - d'obtenir la rénovation de terres saccagées par des bull-dozers... De réhabiliter des terres arrachées à plus de 10 000 années de sédimentation, à plus de 5 000 années de travail paysan, au travers dans un rapport marchand ?
On entend nous faire croire qu'une stupide ( et néanmoins insupportable ) somme de fric à négocier, rendrait possible que tout redevienne comme avant ? Ou, pire, à peu près pareil ?
Ceux qui le croient sont, ou d'incompétents négociateurs ou de fiéffés menteurs. Et là je me permets de contester la présence d'associations dites "naturalistes" qui s'enferment dans ce piège, siègent dans ce sérail, acceptant cette réelle confusion des genres.
Toute la littérature que chacun a pu ou su lire, de Patrick Blandin, à Christian Lévêque, en passant par Philip Roche, Ilse Geijzendorffer, Geniève Barnaud, Eliane Fustec, Patrick Fournier et Sandrine Lavaud renseigne de l'inepsie d'un tel engagement, de l'imbécilité d'une telle démarche. Là s'arrête, immédiatement, le chemin qui, apparemment, nous lierait au politique. Participer, maintenant à ce mensonge institutionnel nous renvoie à d'autres que l'on connaît en matière de santé publique. Si nous sommes des scientifiques, nous devons déclarer, urbi et orbi, qu'il n'est plus possible de réabiliter la zone humide du Testet ! Ne pas se conformer à cette règle livre le travail scientifique aux affres d'accords, plus ou moins bien négociés avec le domaine politique.
Mon propos n'est pas de nier l'importance du politique dans cette affaire, bien au contraire.
Je pense que cette question ne relève que de ce qu'est la politique, à savoir la construction de rapports de force. Mais là, c'est une autre question que je nous invite à traiter au travers d'échanges construits, conséquents opposables à la confusion des genres.
Pascal Polisset (membre d'associations naturalistes et militant politique).