Sivens, une histoire qui fera date.
Qu’il soit clair, pour que personne ne perde son temps et son énergie, que j’inscris cette contribution dans le cadre d’échanges sur le territoire très vaste de la France Insoumise. Ce qui veut dire que tout camarade est invité à le partager, à le contester au travers d’autres réflexions et avis totalement respectés en dehors de tout consensus mou et politiquement inopérant. Il n’est aucunement demandé d’être inscrit dans un groupe d’Insoumis pour y mettre sa patte…
Depuis 2011 nous sommes quelques centaines de militants et militantes à avoir pris notre part dans cette histoire qui fait date.
Ce que ce texte veut explorer, au-delà des événements largement relatés par quelques livres et de (trop) nombreux articles de presse, sera de faire le tri dans une confusion largement entretenue. Confusion qui interdit, encore aujourd’hui, une réflexion paisible, intelligente et prospective dans le but de comprendre ce qui s’est noué, et mettre à plat ‘’cet écheveau d’algues emmêlées’’ comme le propose Fred Vargas dans son roman « les Temps Glaciaires ».
Pour s’aider à saisir l’objet « Sivens », il nous semble utile de mettre en préalable les références de quelques livres.
« Sivens. Le barrage de trop » Grégoire Souchay et Marc Laimé. Reporterre au Seuil 2014.
« Sivens, pour comprendre » Roland Foissac. Editions un autre Reg’art 2014.
« Sivens, un barrage contre la démocratie ». Ben Lefetey. Editions Le petit matin 2015.
« L’écologie contre la démocratie » Pascal Perri.
Dans cette même logique il est absolument nécessaire de consulter quelques sites. Entre autres ceux ..
Du collectif de Sauvegarde de la zone humide du Testet : http://www.collectif-testet.org/
Du collectif ‘’Tant qu’il y aura des bouilles’’ : https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/
De Reporterre : https://reporterre.net/+-Sivens-+ https://reporterre.net/A-Sivens-la-bataille-pour-restaurer-la-zone-humide-commence. https://reporterre.net/Sivens-deux-ans-apres.
De Médiapart : https://www.mediapart.fr/journal/france/dossier/dossier-barrage-de-sivens-et-mort-de-remi-fraisse. https://www.mediapart.fr/journal/france/230617/le-parquet-requiert-un-non-lieu-l-affaire-remi-fraisse-etouffee?onglet=full. https://www.mediapart.fr/journal/france/180117/une-nouvelle-plainte-relance-l-affaire-remi-fraisse?onglet=full
De la Dépêche du Midi, de FR3 Midi Pyrénées, de France Inter, entre autres.
Enfin, rien ne pourra se comprendre, quant aux tragiques événements qui ont conduit à la mort de Rémi Fraisse sans la consultation du rapport de la Ligue des Droits de l’Homme. https://www.ldh-france.org/rapport-commission-denquete-ldh-les-conditions-conduit-mort-remi-fraisse-sivens-octobre-2014/
Répétons-le, il ne s’agit pas là de revenir sur le récit des actes mais bien d’en extraire la substantifique moëlle (chère à Rabelais) et ainsi reconstruire la pyramide des réels problématiques que l’effervescence des événements a caché.
Dans un premier temps je vous propose, sans hiérarchie, d’énumérer des sigles derrière lesquels chacun retrouvera ses petits. Dans un second temps je vous invite, justement, à les ordonner.
1/ les pro-barrage :
FDSEA 81 & 82 – CDJA des 81 & 82 - Conseil Général 81 & 82 – Ministère de l’Agriculture – Ministère de l’Ecologie (un temps certain) – Préfectures 81 & 82. Partis politiques (PS - UDI – LR – FN[1]) CACG[2] - Fédération des chasseurs.
2/ les anti-barrages :
Collectifs du Testet, collectif « Tant qu’il y aura des Bouilles ». Confédération Paysanne 81. Fédération des pêcheurs.Onema[3]. Partis politiques (PG, EELV, NPA, Alternatifs 81, POI 81, PCF[4]) . Ministère de l’Ecologie (un certain temps). ADECR 81[5]. Associations naturalistes LPO, OPIE-MP, SEPRA, Lisle environnement, etc. (au sein desquelles a régné une certaine confusion sur laquelle nous reviendrons ultérieurement), Zadistes…
- Dans le cadre d’une réflexion commune, non consensuelle, il nous faudra revenir sur les dissensions réelles et supposées qui ont animé, au cours de cette longue histoire, diverses structures des deux camps. (Pour exemple les chasseurs furent, un court temps, contre le barrage, puis rappelés à l’ordre ont fourni quelques troupes aux pro-barrage).
Reste dans l’ombre tout un monde (associatif, institutionnel) qui n’a jamais eu voix au chapitre pour des raisons de dépendance politique et économique (toutes les structures liées par financement au Conseil Général, les services mais aussi des associations telles que les CPIE, des associations animées par des membres du PS, la maison de la forêt, l’ONF liées, plus ou moins, au CG ou/et au gouvernement, donc à la Préfecture, Non ?).
Sont restées totalement dépouillées du moindre droit de regard et contestation de leurs élus, tous les habitants des communs alentours de la vallée du Testet, à savoir Gaillac, Lisles sur Tarn, mais aussi Salvagnac, Beauvais sur le Tescou, etc.
Dans un second temps, ayant préalablement fait la géographie des forces en présence, j’en viens au cœur de l’histoire qui voit s’associer, un certain temps dans le silence de leurs intérêts, deux composantes essentielles de tout le processus.
A savoir le lobby agro-industriel du maïs, au travers des agents des FDSEA et autres CDJA et ceux de la CACG constituée de caciques-élus du PS. Car si on veut bien se pencher sur tout le processus, qui d’autre qu’eux avaient intérêt à ce que cette vallée soit ainsi meurtrie et détruite ? Personne d’autre !
Et c’est maintenant que je vous propose de construire notre réflexion. Car cet état de fait admis (ou contestable, attendons d’autres contributions.) il nous reste à analyser comment se sont disposés tous les acteurs énumérés précédemment. Il nous reste à comprendre comment et pourquoi une lutte qui aurait dû être prise en charge par la population locale, par nos associations, partis politiques, élus s’est retrouvée a volo, devenant l’enjeu d’autres engagements… comme celui très particulier des forces de l’ordre, autorisant des milices d’agriculteurs de l’Aveyron, du Tarn et Garonne, du Tarn a faire régner la terreur dans cette belle vallée…
[1] Partis politiques ayant émis un avis pro-barrage par voie de communiqué de presse.
[2] https://www.cacg.fr/fr/
[3] Onema, organisme de l’Etat, nommée police de l’eau, devenu http://www.onema.fr/sd-region-sud-ouest
[4] Partis politiques ayant émis un avis anti-barrage par voie de presse consultables sur le site de la DDM.
[5] Association Départementale des élus communistes et républicains du Tarn.