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Billet de blog 1 octobre 2016

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De la destruction des manifestations culturelles en temps de Paix

Un processus long, mou mais inéluctable fait que des dizaines de Salons du Livre, Festivals musicaux et autres initiatives culturelles, nés dans les années 80/90, meurent petit à petit. Deux raisons peuvent être invoquées pour comprendre cette réalité. La première : S'adosser aux subventions leur a permis de vivre pendant près de trente années. La seconde : le monde a changé de base.

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Un processus long, mou mais inéluctable fait que des dizaines de Salons du Livre, Festivals musicaux et autres initiatives culturelles, nés dans les années 80/90, meurent petit à petit.

Deux raisons peuvent être invoquées pour comprendre cette réalité.

La première voulait croire que la subvention devait abonder toute initiative culturelle associative et, donc, forcément populaire.. Cela relevait alors du bon sens.

La seconde voulant adosser ce financement sur des subventions communnales, départementales, régionales ou/et nationales laissait à croire qu'un consensus culturel pouvait exister entre une droite caractérisée de "Républicaine" et une gauche "forcément" culturelle et émancipatrice.

La réalité politique, donc économique, a pris à la gorge ce mythe républicain qui aurait voulu que la Culture soit un bien commun, inaliénable aux lois du Marché. S'il fut acquis comme victoire qu'ait été préservée une particulière "expression culturelle" dans d'anciens accords internationaux, il aura fallu attendre quelques crises économiques savamment ourdies pour qu'elle soit oubliée par une droite radicalisée, et par une gauche sociale- libéralisée. Est-il utile de convoquer autour de la table les réflexions et avertissements qu'Orwell, Hannah Arendt, Léon Trostki, Boris Souvarine, Albert Camus, Engels, et Marx ont su écrire quant à la fragilité de la Culture face aux impérieux diktats du Capitalisme ? Tournons la page...

Aujourd'hui, la vague libérale, celle qui réduit la vie de tout-un-chacun à l'étiage de sa vie quotidienne, n'a pour la Culture que quelques règles simples : un abonnement au téléphone mobile, un autre pour Canal+ ou une autre télé et quelques livres pour faire le décor. Le Cinéma bidouille son existence et le théatre est livré à l'encan.

Ainsi, comme ce fut le cas dans toutes les dictatures, qu'elles soient fascistes ou staliniennes, la Culture, les initiatives culturelles, festivals, musées, salons du Livre n'ont d'avenir que sous les fourches caudines des Mairies, conseils départementaux, régions, etc. Evidemment nous ne sommes pas arrivés au bout du chemin, même si c'est la cas dans toutes les mairies FN et nombre d'autres LR, voire certaines du PS...

Mais le feu couve sous nos pas.

Alors comment inventer une alternative à ces pièges qui nous minent, les uns et les autres ? Peut être que la première règle serait de reprendre le baton du marcheur que nous avons usé quand n'existait que si peu de subventions... A savoir, réunir des gens de bonne volonté, inventer au niveau de nos énergies, sur le plancher de nos capacités... Communiquer entre nous, s'échangeant adresses et méthodes, se critiquant au delà des kilomètres et des projets...

Pour, provisoirement, conclure cette réflexion, fruit de tant d'années consacrées à inventer tant d'initiatives culturelles, il nous reste tout de même une certaine obligation, celle de trouver tous les moyens pour briser cette triste Vème République aux abois, aux relents de fin d'un régime qui sert la soupe à d'insupportables aventuriers. Nul doute que ces derniers ont, eux,  une certaine idée de la Culture.

De nouveau il va falloir considérer la Culture comme une poutre essentielle, celle qui supporte le toit sous lequel nous vivrons en paix.

Pascal Polisset

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