Au sujet de la bataille de Sivens.
Pascal Polisset
Prologue.
J’apprends, comme d’autres, que le monument que quelques pirates et néanmoins artistes avaient érigé sur le sol meurtri de l’étroite vallée du Testet a disparu.
J’ai lu les déclarations d’un colonel de gendarmerie, d’un pro-barrage, d’une élue « meurtrie » parce que des manifestants ont pu se rendre sur le lieu où est mort un jeune homme, paré par ailleurs d’un combat dont personne ne sait s’il était aussi tranché.
Quand, avec quelques autres, dans une salle, à l’étage de la mairie de Lisle sur Tarn, nous constituions l’association qui prendra plus tard le nom de « Collectif Testet », personne, autour de la table, n’a eu conscience de la violence qu’un simple combat de protection de la dernière zone humide du nord-ouest du Tarn, allait générer.
L’idée qui nous animait tous et toutes était que cet imbroglio politique et juridique trouverait une solution par le simple esprit de révéler que ce projet était imbécile et déjà condamné par d’autres tentatives antérieures avortées.
C’était mécomprendre qu’allait se nouer, au travers de ce combat, des enjeux qui le dépassait. Il a fallu des années d’un combat démocratique bafoué pour que se révèlent des forces inouïes, prêtes à tout : de l’engagement physique aux pires indécences. Le rapport d’enquête de la Ligue des Droits de l’Homme, seul document ayant tenté d’établir un constat des événements qui ont conduit à la mort de Rémi Fraisse, existera comme preuve-témoin de cette histoire qui est devenue, vaille que vaille, un événement de l’Histoire des combats pour un Monde meilleur.
Evidemment, nous laisserons de côté, la tentative généreuse et intelligente mais réduite à pire que fut la commission parlementaire animée par Noël Mamère.
Chacun devra avoir lu, excusez-moi du peu, les quatre livres qui ont été publiés sur ce sujet.
Maintenant occupons-nous d’une analyse du processus qui a traversé, à défaut de le modifier, cette lutte à aucune autre pareille.
Au départ s’est mis en place « le Collectif pour la défense de la zone humide du Testet » qui associait plusieurs associations de la commune de Lisle sur Tarn. On y retrouvait l’association des randonneurs, des élus, des associations environnementalistes, et quelques militants reconnus pour leurs compétences « naturalistes »… et puis d’autres associations du type « ATTAC » etc…
D’autres événements concomitemps, à savoir la bagarre contre l’aéroport de Notre Dame des Landes, se sont invités à Gaillac..
Ce jour-là, un tout petit groupe de marcheurs qui se rendait en pays nantais s’est arrêté en ville, s’est invité en mairie et fut accueilli par une élue socialiste qui a parlé de la vallée du Testet comme d’’une ‘’bouille ‘’. Ce jour-là, cette grande gueule, n’a pas su mesurer ni l’imbécilité de son propos, ni l’importance de la bagarre qui s’annonçait.
De ce moment s’est créé le « Collectif des Bouilles » dont on ne leur fera pas injure d’écrire qu’ils n’étaient que toulousains…
(à suivre).