Catalogne, venezuela, versatilité du discours de la légalité

Ce qui s'est passé cet été à propos du Venezuela, et qui se passe en ce moment avec la Catalogne laisse perplexe.

 

Première question : pourquoi les pouvoirs occidentaux et les médias considèrent-ils qu'il est légitime de faire des alliances avec ceux qui veulent faire tomber le régime Maduro, et pourquoi les Catalans qui ont consulté leur population, sont ils montrés du doigt

 

Deuxième question : pourquoi est il question dans le discours médiatique ambiant de pouvoir « dictatorial » au Venezuela et de démocratie dans le cadre de l’état espagnol ? Maduro a été élu par des élections démocratiques, et le dernier vote a été contrôlé par des agences internationales

 

Pourquoi la répression,( elle aussi amplifiée par les médias qui sont très discrets sur la violence guarimbera ) que l’état vénezuelien a mené contre les guarimberos est elle déplorée alors que l'etat espagnol, qui a essayé d’empêcher la tenue du referendum et tabassé des gens, est mollement critiqué, quand c'est le cas ?

 

Plus globalement, que nous disent ces événements de notre rapport à l’état et des corps dociles que nous sommes ?

 

Puigdemont et le gouvernement catalan seront peut être jugés pour sédition. Ils n'ont pas pris le pouvoir par les armes pourtant.

Ça veut dire quoi délit de sédition ?

Que nous sommes pieds et poings liés à l’état ?

Que c'est un bail à perpétuité, indénonciable ?

 

 

Aujourd'hui, le parlement européen remet remet un prix à  au vénzuelien Leopoldo Lopez, il est qualifié de représentant de « l'opposition démocratique » qui lutte pour la liberté .C'est oublier que lors de la tentative de coup d 'état de 2002 il a participé à une opération qui a produit plusieurs morts. Et l'Europe condamne le parlement catalan qui a déclaré l'indépendance, par le biais d' un processus démocratique .

 

Dans le cas du Venezuela, il faudrait donc s'opposer à l'état et défendre la démocratie, incarnée par l'opposition, en dépit de la violence qu'elle met en place

 

Dans le cas de la Catalogne il faut défendre l’état, qui use pourtant de la violence contre ceux qui s'opposent à lui par la voie démocratique.

 

Au Venezuela et en Catalogne nous avons des situation complexes, des processus contradictoires , des forces progressistes et d'autres qui ne le sont pas nécessairement s'opposant ou parfois s'alliant. Ces alliances incluent des gauches radicales : La CUP par exemple, qui se présente ouvertement comme un parti anticapitaliste, et au Venezuela, les diverses tendances révolutionnaires qui ne sont pas les marionnettes du régime mais les froces sur lesquelles il a du s'appuyer pour continuer

 

La plus grande partie de la gauche française, sur la situation venezuelienne montre son conservatisme profond et son incompréhension des enjeux Et sur la question de la catalogne, elle fait apparaître un jacobinisme indéboulonnable .

 

ce que nous disent les événements du Venezuela et de la catalogne, c'est que pour les etats modernes hégemoniques, la démocratie se confond avec la légalité lorsqu'il est question de révolte dans les anciennes métropoles impériales( l’état espagnol ) , et que lorsque le pouvoir en place correspond à une ancienne colonie, le Venezuela, le fait qu'il ait été élu démocratiquement, et soit légitime ne compte pas. C'est aussi cela la colonialité du pouvoir.

 

La seule cohérence à chercher dans les pratiques des etats, et de cette fédération d’états qu'est l'Europe, c'est la décision de maintenir le statu quo. Personne n'a le droit de changer la donne .

On se dit que si l’état espagnol  poursuit  le gouvernement destitué et si au Venezuela une »intervention internationale » fait tomber le gouvernement, ce sera une autre entaille à   la peau de chagrin de nos libertés

 

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