Buenaventura, un conflit sur le Pacifique

A Buenavantura, en Colombie, a eu lieu un conflit opposant la population à un gouverrnement et une municipalité  au début très méprisants avec ceux qu'ils laissaient à l'abandon depuis des années.

A Buenavantura, en Colombie, a eu lieu un conflit opposant la population à un gouvernement et une municipalité au début très méprisants avec ceux qu'ils laissaient à l'abandon depuis des années.

Contrairement à  ce qui était prévisible, la grève civique a  fini par  obliger le gouvernement à négocier.

Le politologue colombien Javier Figueroa a écrit à ce sujet un  article   qui a été traduit en français. Mais on peut aussi écouter un jeune  rappeur de la ville pour se faire une idée de l'atmosphère qui a été celle du conflit. J'ai interviewé ce jeune homme peu avant la signature de l'accord entre le gouvernement et les leaders du comité de grève civique. Il a composé une chanson:

El pueblo no se rinde © El Teacher

-C'est comment d'être rappeur à Buenaventura ?


-En fait, je suis un jeune musicien, je commence juste, et cette chanson qui tourne beaucoup sur les réseaux, Por lo que nos merecemos, c'est une des première que j'ai faite. Dans mes chansons je parle de la réalité, de ce qui se passe ici.


-Parlons-en justement;dans ta chanson tu dis : nous vivons entourés d'eau et nous n'avons pas de quoi boire ? Tu peux expliquer ?


-L'eau, c'est un des problèmes de Buenaventura ; nous sommes entourés de fleuve, mais l'approvisionnement en eau est très problématique. Souvent, la population n'a pas d'eau pendant une semaine.Mais sur le port, par contre, ils ont toujours de l'eau.


-Tu dis aussi que dans la ville , il n' y a qu'une clinique privée et un hôpital délabré


-Oui, nous n'avons pas d’hôpital mais nous n'avons pas non plus d'écoles dignes de ce nom, cette gréve de la population, depuis le mois de mai, c'est pour tout ça,parce que le gouvernement n'investit pas du tout dans l'éducation, ni dans le logement, que nous sommes en gréve parce que le Plan Choc, qui devait être mis en place il y a un an déjà, n'a rien donné.


-La population s'est soulevée, mais la population, c'est qui ? Des Afro-descendants ?


-Non, pas seulement, il y a des Indiens, il y a des Blancs, tout le monde est uni contre le gouvernement


-Dans ton texte, tu t'en prends au maire, pourquoi ?


-Parce qu'il a une grande responsabilité dans ce qui se passe Qu'est ce qu'il fait de l'argent qui devrait être investi dans la ville ? La moitié de la ville a des rues qui ne sont pas pavées, cela faisait partie des objectifs du plan Choc. On en est où ?


-Tu penses que vous arriverez à faire céder le gouvernement ?


- Çà va être dur Aujourd'hui nos leaders rencontrent le gouvernement mais récemment, celui-ci a quitté la table des négociations. Je ne sais pas ce qui va se passer. Le gouvernement souhaite que ça dégénère et il nous répond en envoyant les brigades antiémeutes. Quand il s'agit de nous balancer des gaz, il y a des des forces pour ça, mais quand on demande de nous protéger de l'insécurité, qui est un des problèmes de Buenaventura, du fait de la présence des maffias, entre autres, là, il n' y a personne. Dans la ville, c'est le couvre feu, mais pas pour tout le monde, les camions continuent de circuler vers le port.
Je crois qu'on gêne, depuis que le port a été privatisé, l'idée c'est de nous faire partir.

 

 

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