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Syndicaliste CGT, ancien directeur du Métafort d'Aubervilliers, lieu d'expérimentation des applications numériques aux projets artistiques et associatifs.
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Billet de blog 3 août 2020

La France dont nous avons besoin

La gestion de la pandémie et la crise économique et sociale qui s’annonce révèlent ce qui ne pas va dans notre pays et ce qu’il faut changer.

Pascal Santoni
Syndicaliste CGT, ancien directeur du Métafort d'Aubervilliers, lieu d'expérimentation des applications numériques aux projets artistiques et associatifs.
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Le modèle économique, politique et idéologique imposé à la France s’est avéré impuissant dans la gestion de la crise sanitaire, désastreux sur le plan économique, dangereux pour les libertés et incapable d’envisager un avenir différent de ce qui nous a conduits à une telle situation.

Face à la crise sanitaire à quoi ont servi les dividendes mirobolants des entreprises du CAC40 ? Seul le service public, pourtant affaibli, a été capable d’affronter la pandémie. De quelle utilité ont été les « premiers de cordée » chers à Emmanuel Macron ? Ce sont les personnels de santé, les agriculteurs, les salariés des transports, du commerce, de la voirie, de l’énergie qui ont permis à la population de tenir durant les mois de confinement et l’ensemble des salariés qui, en temps normal, font vivre le pays.

Quelle a été l’efficacité de la suppression de l’impôt solidarité sur la fortune ? Elle a privé les finances publiques de moyens pour soutenir l’effort extraordinaire des personnels soignants qui, eux, ont fait preuve d’une solidarité sans faille.

Les règles du marché : valorisation maximum des capitaux, spéculation sans frein, réduction des dépenses publiques, baisse des masses salariales, gestion des stocks à flux tendus, optimisation fiscale… ont fait exploser les dividendes, mais pas les investissements dans l’économie réelle. Elles ont au contraire affaibli notre système de santé et notre potentiel économique.

L’avenir autrement

On comprend que le gouvernement et les financiers fassent tout pour effacer leurs responsabilités. Ils n’hésitent pas à s’appuyer sur les peurs suscitées par les crises sanitaire et économique pour aggraver les mêmes recettes qui ont conduit au désastre.

C’est d’un changement radical de politique dont le pays a besoin :

  • favoriser des investissements dans l’économie réelle et non les placements spéculatifs,
  • développer une agriculture qui produise une alimentation saine, les industries et les transports les moins polluants,
  • privilégier les stratégies de développement durable et pas la rentabilité à court terme,
  • définir des conditions de travail qui donnent du sens au travail collectif et pas la compétition entre salariés,
  • développer le bien-être et le bien-vieillir et pas l’écrasement des salaires et des pensions,
  • réduire la durée du travail et avancer l’âge de départ à la retraite pour la santé des anciens et l’emploi des jeunes et des moins jeunes,
  • retrouver les financements nécessaires à la Sécurité sociale pour assurer la prévention et la protection de tous et faire face aux risques d’épidémie désormais récurrents,
  • financer les formations et l’enseignement à la hauteur des mutations technologiques et des progrès scientifiques,
  • développer l’accès à la culture et la création, si précieuses pour comprendre l’évolution de notre société.

L’économie doit servir l’intérêt général et la reconquête d’un environnement de qualité pour la nature et pour nous-mêmes. La pandémie et le dérèglement climatique nous rappellent que si nous abimons la planète, nous en payons les conséquences.

La logique du capitalisme financier est à l’opposé de ces solutions de bon sens. Car il faut, pour les satisfaire, transférer une grande part des richesses prélevées par les détenteurs de capitaux à ceux qui les créent. L’avènement de « jours heureux » suppose qu’en toute circonstance l’intérêt général l’emporte sur la logique des intérêts financiers égoïstes de quelques-uns. La voie est difficile, ils ont la puissance de l’argent, des médias dominants et le pouvoir politique, mais nous sommes le bon sens et nombreux à pouvoir le partager.

Des solutions de bon sens à partager

En ayant réduit les dépenses publiques, déstocké les masques, renoncé au dépistage massif, délocalisé la production de médicaments, le gouvernement a dû « arrêter » le pays et cela va coûter très cher à l’économie, aux salariés et aux retraités.

Lutter contre les suppressions de lits et la fermeture d’hôpitaux après plusieurs épidémies, c’était le bon sens ; cela nous aurait permis de faire face à la pandémie et cela reste d’actualité.

Prendre soin de la planète implique que l’on réduise tout ce qui participe au réchauffement climatique : les déplacements, les transports, les délocalisations… le bon sens veut que l’on défende partout les services publics de proximité.

Dans chaque quartier, chaque village, des solutions peuvent être élaborées pour répondre aux besoins qui ne demandent qu’à s’exprimer. Ces solutions peuvent associer et rassembler un grand nombre de retraités et de salariés et leurs exigences devenir des revendications incontournables, tant sur le plan local qu’à l’échelle du pays.

Ce dont la France a besoin, c’est à la population, dans sa diversité, d’en décider et d’agir pour y répondre. Et les retraités CGT ont bien l’intention d’y contribuer.

Pascal Santoni

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