Combattre le coronavirus et le macronavirus, en « même temps »

L’épidémie du coronavirus occupe les esprits et suscite de lourdes inquiétudes, notamment parmi la population âgée et fragile. Le marché, censé répondre selon ses dévots aux problèmes de nos sociétés, révèle son impuissance. Et son cynisme : il exploite la peur pour multiplier ses profits…

L’efficience du marché ? Impuissance et cupidité

Dans une circonstance aussi dramatique que la propagation d’un virus, on mesure l’inefficacité totale du marché à apporter des réponses aux besoins de la population. Pire, la politique de désindustrialisation et de délocalisation, au nom de la compétitivité et de la mondialisation, rend la santé de millions de personnes dépendante de la production de pays tiers. C’est ainsi que 90 % de la production de molécules entrant dans la composition des médicaments est importée de Chine. Or ce pays subit une baisse d’activité qui risque d’engendrer une pénurie de médicaments en France alors que nous étions un des principaux pays producteurs de produits pharmaceutiques.

Conformément à la logique du marché les industries pharmaceutiques Françaises tentent au contraire de tirer avantage de ce drame pour faire exploser les prix et engranger des profits supplémentaires.
A l’inverse le rôle de la puissance publique, qui a décidé de plafonner les prix des solutions hydro-alcooliques, constitue la réponse adaptée, dès lors que l’intérêt général est en jeu. Le modèle économique prôné par Emmanuel Macron, celui du marché-roi, s’avère catastrophique non seulement pour l’économie mais plus grave encore pour la santé d’un pays et de ses habitants.

Nos précieux services publics

Les gouvernements qui se sont succédés n’ont eu de cesse de réduire les moyens de notre service public de santé et notamment ceux de l’hôpital public. Face à l’épidémie il faut toute l’abnégation et le dévouement des personnels des hôpitaux pour répondre aux effets de l’épidémie. Et ce, alors que le gouvernement Macron en a réduit encore les ressources !

Défendre l’hôpital public, les conditions d’accès aux soins, les conditions de travail de ses personnels apparaît aujourd’hui d’une importance cruciale pour ne pas dire vitale. Les luttes menées par les personnels et les retraités pour sauver des services, des hôpitaux même sont ô combien justifiées.

Le coronavirus et la réforme des retraites

Fallait-il une sacrée dose de mépris pour qu’un Conseil des ministres, convoqué pour prendre dans l’urgence des mesures sanitaires, décide un samedi après-midi d’utiliser le 49.3 pour mettre fin au débat parlementaire sur la réforme des retraites ?
C’est honteux et 60 % de nos concitoyens l’ont ressenti ainsi, tandis que 72 % continuent de rejeter le projet de réforme.

La journée de répression des femmes

La journée du 8 mars a été marquée par une forte mobilisation des femmes de notre pays, à la fois contre les violences qui leur sont faites, mais aussi contre les discriminations qu’elles subissent dans leur activité professionnelle, leur rémunération, leur retraite. D’autant qu’il apparaît clairement désormais que le projet de réforme en ferait les principales perdantes, contrairement aux affirmations mensongères des ministres et de leurs relais médiatiques.

Et comment qualifier la répression qui s’est abattue sur les manifestantes ? C’est le signe d’un pouvoir aux abois, incapable de répondre autrement que par la répression à une contestation qui s’élargit à toutes les couches de la population, hors les plus aisées.

Ne rien céder de nos exigences

Oui il nous faut agir en tous lieux de vie pour que l’accès aux soins soit facilité pour tous. Mais nous ne pouvons, malgré la gravité de la situation, laisser ce gouvernement utiliser la peur du virus pour mettre en œuvre ses projets.

Après les élections municipales et la journée de mobilisation du 31 mars, un cinglant désaveu doit être opposé à la politique d’Emmanuel Macron et de son gouvernement. Partout, manifestons sous toutes les formes possibles l’exigence d’une autre politique fondée sur les besoins et les attentes concrètes des salariés et des retraités.


Pascal Santoni

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.