Macron c’est le vieux monde de l’argent-roi

L’argument est démagogique et ne résiste ni aux faits ni à l’Histoire : l’ancien monde serait dépassé par le nouveau contexte de la mondialisation et il faudrait remettre en cause tout ce qui a fait la spécificité Française. Emmanuel Macron est le pur produit de cette idéologie, qui sous couvert de modernité nous entraîne dans une régression inquiétante.

Ce qui est nouveau dans la mondialisation ce ne sont pas les échanges entre pays qui existent depuis l’Antiquité, mais la domination absolue ou presque des marchés financiers sur les économies, les Etats et même les institutions communes à plusieurs pays comme l’Europe.

Une France abîmée

La France, grâce aux conquêtes sociales qui ont jalonné son histoire et au dynamisme de son activité économique, pouvait se prévaloir d’acquis remarquables. Le meilleur système de santé et de protection sociale, des réseaux ferré et métropolitain denses, modernes et sécurisés, une production d’énergie parmi les plus performantes, une industrie des télécoms particulièrement innovante et un des meilleurs systèmes éducatifs.

Après des décennies de politiques de dérégulations, de privatisations, de délocalisations, le pays est dans un état préoccupant. Tout ce qui faisait la fierté des cheminots, des enseignants, des métallos, des électriciens et gaziers, des personnels des hôpitaux et de la Fonction publique a été progressivement affaibli puis démantelé, pour faire la place au privé et aux profits sans limite.

Pour ce faire les « experts » néo-libéraux ont envahi les grandes écoles et les médias pour vilipender celles et ceux qui ont construit l’originalité du modèle Français. Les anciens, les retraités, comme les actifs aujourd’hui sont traités de privilégiés, de nantis, et sont l’objet de campagnes incessantes de dénigrement. La cohésion sociale s’en trouve gravement bouleversée au point de favoriser les idées les plus dégradantes au profit de l’extrême droite.

Un modèle de société destructeur

Non, ce n’est pas l’avènement d’une mondialisation incontrôlable qui est cause de ce désastre, mais bien les logiques du modèle économique et idéologique  dont se réclame Emmanuel Macron, le marché-roi qui détruit l’Homme et la planète.

La France de 2020 est championne du chômage et de la distribution des dividendes aux actionnaires. L’homme le plus riche du monde est Français, Bernard Arnault, à la tête d’une fortune de 117 milliards, tandis que 9 millions de gens en France vivent dans la pauvreté. Dans le pays des Droits de l’Homme les opposants à la politique du gouvernement, gilets jaunes et syndicalistes sont réprimés avec violence. Le CAC 40 explose tous ses records, tandis que le pays s’enfonce dans une crise dont personne ne voit la fin.

Le « nouveau monde » d’Emmanuel Macron ressemble de plus en plus à un retour au XIXe siècle, celui d’avant les conquêtes sociales, la Sécurité Sociale, les libertés syndicales et la retraite à 60 ans…

Un modèle largement contesté

C’est ce monde là que rejettent plus ou moins en conscience toutes les catégories de la population. Les tentatives de passage en force des réformes et mesures exclusivement favorables au marché ne changeront rien à cette réalité. Les luttes ont fait grandir  la nécessité d’inventer un nouveau mode de vie économique et sociale qui donne toute leur place aux femmes, aux hommes, aux jeunes, au travail et qui protège la planète.

Les héros de cette période historique ouverte par le mouvement contre la réforme des retraites ne sont pas les « premiers de cordée » réunis à Versailles par Macron, mais celles et ceux qui par la grève, les manifestations, le soutien au mouvement inventent le nouveau monde dont nous avons besoin. La CGT y contribue pleinement et c’est ce qui explique l’acharnement des médias et des ministres à son encontre.

C’est le moment de renforcer les organisations de retraités et d’élargir les mobilisations contre la réforme gouvernementale.

Pascal Santoni

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