Activités essentielles. Pour qui, pour quoi ?

Il est des activités essentielles qui vont de soi : se nourrir, se soigner, travailler, s’instruire, se loger. Mais pour le néo-libéral Emmanuel Macron ces activités ne sont indispensables que dans les limites des besoins du marché et de sa crédibilité.

Comment comprendre les incohérences des politiques suivies depuis que le gouvernement de la France s’est plié aux exigences des maîtres de la finance ?

La santé

Les précédentes épidémies : H1N1, Ebola, Chikungunya, Zika, MERS, les Coronavirus, et les alertes répétées des scientifiques et des épidémiologistes auraient dû permettre d’anticiper celle du Covid 19. Bien au contraire, les politiques néo-libérales à l’œuvre dans les pays européens, aux USA, Chili, Brésil…ont démantelé les systèmes de santé publique pour livrer aux marchés ses segments les plus rentables, réduit les effectifs, les moyens et les formations des personnels soignants. Elles ont dégradé les statuts de ces personnels, bloqué leurs salaires, rendant ces professions si vitales aujourd’hui de moins en moins attractives.

La consommation

La consommation est un des ressorts essentiels du marché, mais pas au point que la France, 6e puissance du monde, soit en mesure de nourrir toute sa population. Il y a 10 millions de pauvres dans notre pays qui peinent à se nourrir. Une majorité des autres faute de revenus suffisants, consomment des produits alimentaires industriels souvent nocifs pour leur santé. Et l’action contre les pesticides dans l’industrie agro-alimentaire ne fait pas partie des priorités du gouvernement Macron. La préservation de notre environnement non plus, malgré les dangers que révèlent le réchauffement climatique et les effets des atteintes à la biodiversité végétale et animale.

L'éducation

Notre système éducatif et universitaire a subi les mêmes agressions. L’objectif inavouable : un système à deux vitesses, l’un très coûteux et le plus souvent privé, produisant une caste de gestionnaires d’entreprises et d’économistes acquis à l’idéologie du marché-roi. L’autre de plus en plus démuni pour délivrer le minimum de savoirs nécessaires pour faire tourner la machine économique.

Le travail

Le travail s’est peu à peu réduit au strict respect des besoins du marché et de ses critères de compétitivité à l’échelle mondiale. La mise en compétition des salariés conduisant aux délocalisations et à la désindustrialisation du pays, pour obtenir des salaires au prix le plus bas, nous rendent dépendant d’autres pays pour des productions aussi essentielles que les médicaments.

Le logement

L’immobilier est une valeur très prisée, mais là encore les politiques de logement privilégient la solvabilité haute des locataires et propriétaires. Que la France s’avère incapable de donner un toit aux 300 000 SDF, selon les calculs de la Fondation Abbé-Pierre, aux 185 000 personnes vivant en centres d'hébergement, aux 100 000 hébergés dans les lieux d'accueil pour demandeurs d'asile et aux 16 000 personnes dans les bidonvilles, est un véritable scandale. Le gouvernement vient au contraire de réduire les aides personnalisées au logement…

La culture

Les activités artistiques et culturelles, elles, sont jugées d’emblée non-essentielles. Elles représentent pourtant 8 milliards de richesses, sans parler des richesses intellectuelles et culturelles et près de 300 000 emplois. Mais elles n’intéressent pas les grandes places financières sauf pour les spéculations sur les œuvres déjà reconnues et si ces activités basculent dans les plateformes virtuelles. Le confinement est ainsi instrumentalisé pour inciter les créateurs, les artistes et les musiciens à alimenter gratuitement et au mieux à « se vendre » sur les plateformes des Youtube, Facebook, Instagram…La grande majorité des acteurs et techniciens du spectacle vivant est vouée à la précarité ou à changer de métier…

Une logique implacable

Cette sélection entre ce qui est profitable au marché, ce qui l’est moins et ce qui ne l’est pas du tout explique bien des politiques qui nous gouvernent. Sous leurs apparentes incohérences se dessine une logique économique et financière implacable comme l’est le marché mondialisé, où la seule ambition qui semble animer ses acteurs soit la perspective d’accumuler des biens et des richesses, aux dépens et au mépris de l’intérêt général.

Voilà le système auquel on nous somme de nous adapter « quoiqu’il en coûte » à notre santé, nos conditions de travail et de retraite, notre vie quotidienne, l’avenir de notre planète et des générations qui vont en subir la dégradation.

Résister et agir dans l’intérêt de tous

Le bon sens est de s’opposer partout à ces politiques mortifères et de construire avec les intéressés eux-mêmes des solutions novatrices et transformatrices. La CGT avec 18 organisations s’est engagée dans cette construction. Les retraités CGT se mobilisent pour que se constitue un puissant mouvement des retraité.e.s capable de défendre leurs conditions de vie à la retraite.

Pascal Santoni

Signons massivement la pétition des 7 organisations de retraité.e.s

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.