Le Vent du Mensonge. Le film qui ouvre le débat de la transition énergétique.

Climat et énergie. De l’incompétence politique, au profit des industries en passant par les faces cachées de la transition énergétique. Quand un dogme nous conduit vers l’impasse énergétique.

Climat et énergie. De l’incompétence politique, au profit des industries en passant par les faces cachées de la transition énergétique.  Quand un dogme nous conduit vers l’impasse énergétique.

Le Vent du mensonge est un film social et particulièrement touchant qui révèle de nombreux mensonges ou erreurs diverses que nos politiques reproduisent depuis des décennies.  On s’accordera sur un point, ils ont mis à mal la planète.   Précis et radical, le film se pose dans le débat agité de l’éolien et en exemple, l’offshore français. Le film montre sans complaisance que l’état est non seulement incompétent, mais a en plus abandonné ce secteur essentiel aux mains des industries dont le seul moteur est l’argent et non le climat.  Loin des villes, la mer que nous aimons tous, mais connaissons peu, sera vendue à des promoteurs qui par tous les moyens essayent de profiter des centaines de milliards que les états distribuent pour sauver le monde et le climat. Le mensonge est sans précédent et nous dirige vers une impasse qu’il est difficile d’entendre et admettre. Nous avons engendré un monstre qui s’impose à nous malgré les alertes qui retentissent de partout, le dogme aveugle est en route et le PIB sous injections métaboliques continue de grimper, la planche à billets tourne encore et Superman est content, pour lui Ali Baba est toujours là et tant pis pour les autres, le petit peuple !

Nous aborderons les questions écologiques qui font débat face à ce proche déploiement en mer. Tout le monde a entendu parler des terres rares, mais qu’en est-il pour l’éolien offshore ? Ensuite, c’est sa mise en chantier qui inquiètes, le battage des pieux sur des milliers de km2 et les centaines d’autres km de câbles à poser et à protéger, que restera-t-il après des fonds marins ? Une fois en service, il subsistera un risque de pollutions bien réel. La protection d’une seule turbine relâche dans le cours de sa vie de 1 à 15 tonnes d’un alliage composé d’aluminium, de zinc, mais aussi de plomb. D’autres risques seront encore abordés. Ensuite nous vous informerons sur des conséquences insoupçonnées car sans aborder la question du choix énergétique, le positionnement actuel de l’éolien français offshore a un impact évident sur l’emploi, notre alimentation, la pêche côtière et ce qu’elle apporte à l’ensemble du littoral français. Déjà, sur trente kilos de poisson consommé par ans, 70% sont importés et trop souvent encore dans des conditions sanitaires douteuses. Un comble pour un pays maritime qui défend des traditions tant culinaires que celles provenant de sa production alimentaire.  Sommes-nous condamnés à la malbouffe et à l’agro-industrie si on favorise la pêche industrielle et le poisson d’élevage ? Sur la question de l’emploi, l’économie maritime française représente 500.000 travailleurs et 100 milliards d’euros, qui dit mieux ! C’est deux fois toute l’automobile française. La pêche et ses dérivés directs, c’est entre 80.000 à 100.000 emplois selon le comptage. Les gens de la pêche sont présents dans ce débat pour nous faire comprendre les enjeux de leurs métiers face à l’éolien, ce qu’il représente et en quoi le pêcheur peut être un acteur majeur pour la préservation de la mer. À moyenne échéance, l’addition de l’éolien offshore, c’est quand même plus de 2000 km2 et près de 1500 turbines. Que fait l’état face à l’échéance qui approche et la grogne qui se fait de plus en plus entendre ? On parlera donc de démocratie, de contestation et de certains effets sur la santé. Pour cela nous aborderons des sujets comme les règles des marchés publics, les nouvelles modifications d’accès aux débats et aux recours, les procès, le financement de l’éolien, la législation européenne concernant ce même financement et la concurrence, les autorisations environnementales et le rôle amputé du Conseil national de protection de la nature, la santé avec la question des basses fréquences et des champs électromagnétiques. Pour conclure, les pertes de revenus dans certains secteurs comme le tourisme et le patrimoine immobilier impacté voir sacrifié par la présence trop proche d’éoliennes.

         Ensuite, le débat se recentre sur l’énergie en général et en particulier, les sources d’énergie primaires mondiales et françaises, où partent-elles et à quoi servent-elles ? L’énergie, c’est aussi ce qui permet à notre modèle de tourner, sa consommation énergétique est en relation directe avec le PIB et donc avec le confort moderne, pourquoi alors l’Allemagne et la Belgique par exemple, font-ils le choix de l’éolien accompagné de l’abandon du nucléaire ? Une drôle de décision qui implique la mise en route de nouvelles centrales thermiques utilisant cette précieuse ressource non renouvelable, que se passera-t-il alors sans gaz et sans pétrole pour nos modes de vie à l’Occidental, produira-t-on des SUV qui roulent au charbon ? Encore une fois, il serait temps d’accepter la réalité, de nombreuses ressources ne sont pas renouvelables ou recyclables à l’infini, le supermarché pour remplir le frigo a ses limites et la population mondiale continue de croitre, il ne faut pas avoir fait l’ENA pour comprendre que : soit il y a moins de gens qui puisent la même quantité ou soit il faut puiser beaucoup moins dans nos ressources non renouvelables. Pour produire de l’électricité verte et économiser, la seule solution est le nucléaire qui ne demande pas à être soutenu par une autre technologie, les gains multiples de ce choix sont tellement évidents qu’il est difficile d’admettre aujourd’hui une autre solution !  Pourtant, à contrario, nous sommes prêts à démanteler le nucléaire, poser à terre encore 3 à 4 fois plus d’éoliennes et à terme des dizaines de parcs en mer. Il faudra également modifier les réseaux électriques, penser au stockage dont le cout multipliera encore la facture et pour terminer construire des dizaines de nouvelles centrales thermiques au gaz pour pallier aux périodes de non-production avec bien entendu moins de ressources énergétiques et beaucoup plus de CO2 ? C’est un suicide en fait ! L’Europe a programmé aujourd’hui mille milliards d’euros pour le programme renouvelable, c’est une perte sèche qui accentuera notre faillite et qui abreuvera de nos subsides les fabricants chinois d’éoliennes alors que cette somme pharaonique nous aurait permis de réduire à presque rien, la consommation énergétique d’autres secteurs. Nous brosserons bien entendu un tableau des énergies renouvelables et des espoirs en matière de stockage.

         Pour conclure par cette dernière partie plus large, nous essayerons d’entrevoir autre chose, un monde plus social où l’on conserverait les bases du progrès. Pour faire face aux problèmes climatiques, à l’appauvrissement des biotopes et la raréfaction des ressources naturelles, qui peut encore dire qu’il ne faut rien faire ?  Mais, gérer ne veut pas dire couper le courant de partout ou se nourrir d’illusion ou de dogme. Gérer, c’est agir en connaissance de cause et uniquement en connaissance de cause, sans quoi !  Pourtant, nous avons vu tout récemment et au-devant de la scène certains chefs d’État qui avec une inconscience outrageante affirmer des inepties tellement incroyables sur divers sujets que nous sommes en droit de contester leur légitimité à occuper des responsabilités publiques, où est l’obligation de résultat à un tel niveau ? Mais notre monde financiarisé n’est qu’une mise en scène égocentrique de la facilité qui alimente nos idées à toujours occuper le temps et donc, à consommer toujours plus tant que l’on nous en donne les moyens ! Combien de bouteilles à la mer faudra-t-il lancer alors que la nécessité de démarrer cette transition ne peut être remise en cause, sa négation ne sera que terrifiante et le temps passe. Pourtant, l’intelligence humaine est capable de résoudre ce genre d’équations. Le défi n’est dès lors pas le problème, mais l’Homme qui fait face à son destin ! 

Imaginons quelques pistes décroissantes plaçant l’humain au centre de cette reconversion, favorisons la connaissance, la culture, le bien-être et l’altruisme. Remettons au travail les millions d’inactifs par une relocalisation moderne, mais humaine de divers secteurs essentiels comme la culture, la santé, l’alimentation et nos besoins primaires. Pour l’alimentation, un retour aux méthodes ancestrales, l’agriculture paysanne, mais revisitée en quelque sorte.  Dans cette moindre consommation, il y a la course à l’obsolescence, le t-shirt qui fait le tour de la planète et la crevette décortiquée par des petites mains venues du bout du monde, tout cela, c’est fini !  Pourtant la technologie peut rendre des services, non pas pour regarder des films en full HD sur son smartphone en mode nomade, mais pour alléger la pénibilité ou le danger de certains métiers. Aussi faut-il que ce progrès soit partagé et non détourné en une manne d’argent augmentant uniquement le profit des actionnaires. Mais comment faire si le loup rôde et que nous le laissons entrer dans la bergerie !  Dans ce monde aux cent mille villages connectés, c’est la cacophonie, l’union est dans l’impasse. Pourtant, quelques-uns remuent ciel et terre et proposent des solutions, nous avons voulu en partager certaines autour du transport et des bâtiments. Rien qu’en France avec le cout du programme renouvelable, soit 140 milliards d’euros, 60% du logement français aurait pu recevoir gratuitement une pompe à chaleur installée. Cela aurait donné de l’emploi dans le secteur du bâtiment, permis une augmentation du pouvoir d’achat et un allègement du budget énergie. 15 à 20% de la population française doit aujourd’hui en hiver choisir entre se chauffer ou manger ! Allons plus loin avec le logement du futur et imaginons la ville de demain, comment s’organise-t-elle, quels est sa taille, le logement est-il exclusivement groupé, quels services sont-ils mis en commun, où sont installés les usines, les terres agricoles et le rôle de la mer qui revient au centre des ressources alimentaires ? Ensuite, les transports en localisant les productions, les échanges diminuent, le reste doit être amélioré. Pour suivre, la voiture personnelle doit également revenir à l’essentiel de sa fonction. C’est-à-dire permettre une mobilité individuelle et non la course au gadget ou au feu rouge.  Jouer à Superman à un impact et on peut dire ou croire ce que l’on veut, mais notre façon de vivre est un paradoxe morbide, car même si un jour nos descendants s’installent sur Mars, peut-être faudrait-il penser à ceux qui n’auront pas la chance d’être du voyage soit quelques milliards d’êtres humains.

Pascal Yernaux – Auteur, réalisateur du Vent du Mensonge.

 

Affiche du film © Pascal Yernaux Affiche du film © Pascal Yernaux

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