Assemblée du Front de gauche: adhésions directes et appel pour une VIème République

Michèle Kiintz et le site Cerises m'ont demandé d'écrire une synthèse de mon intervention de samedi 6 septembre à l'Assemblée du Front de Gauche  (dont l'unique mérite, semble-t-il, fut d'avoir manifesté, sinon encore la renaissance ou la... refondation, du moins la survie active du Front de Gauche).

Michèle Kiintz et le site Cerises m'ont demandé d'écrire une synthèse de mon intervention de samedi 6 septembre à l'Assemblée du Front de Gauche  (dont l'unique mérite, semble-t-il, fut d'avoir manifesté, sinon encore la renaissance ou la... refondation, du moins la survie active du Front de Gauche). La voici : "J'ai d'abord souligné que ma légitimité à intervenir dans cette assemblée tenait peut-être davantage à ma qualité d'auteure des Rouges (Seuil, 2014) qu'à ma participation au Front de Gauche (là où j'habite : Paris 10ème), puisque je ne suis encartée dans aucune organisation, et donc pas reconnue officiellement comme une militante. En tant qu'écrivain, une remarque de forme s'impose d'abord à moi, inspirée par ce que j'ai observé depuis mon  arrivée dans cette salle de la Mairie de Montreuil aussi bien que dans le Xème : la façon dont nos réunions fonctionne est excluante. D'abord parce que c'est emmerdant (on n'a même pas le droit de manifester son accord avec les intervenants par des applaudissements), et plus sérieusement, parce que les gens qui s'expriment, le font à la manière des CSP+ comme on dit dans le jargon de l'INSEE - soit les dix ou vingt pour cent de Français les plus favorisés en capitaux matériels et symboliques. J'ai écrit Les Rouges pour montrer qu'au contraire de ce qui se passe dans nos réunions, ceux qui ont donné un contenu réel à la démocratie politique et à l'égalité promises par la Révolution française depuis deux siècles (ce qu'on a appelé en histoire le Mouvement ouvrier) ne faisaient pas partie de cette élite : loin d'avoir besoin qu'on les "éduque", ils se sont éduqués eux-mêmes en inventant leurs propres organisations : en faisant de la politique.
J'interviens donc pour proposer ceci, et uniquement ceci, dans la logique de ce qui précède :
1. Il ne suffit pas d'invoquer le "peuple", il faut l'inclure de fait : je demande en conséquence (comme nombre d'entre nous ici) que cette assemblée entérine immédiatement le principe de l'adhésion directe au Front de gauche, individuellement et collectivement (associations, syndicats, mouvements etc. - dont la France, même à Paris, fourmille). Je demande à Pierre Laurent (assis au premier rang) pourquoi il ne s'est pas prononcé sur cette question (Christian Piquet ne l'a pas fait non plus), alors que les autres mouvements se sont exprimés favorablement, Clémentine Autain, Jean-Luc Mélenchon notamment ; mais également le camarade de Morlaix, son nom m'échappe, qui a en outre expliqué de manière extrêmement convaincante comment les assemblés de citoyens ont donné une nouvelle impulsion au militantisme dans sa ville.
2. Je voudrais en outre proposer une synthèse des interventions du matin de Clémentine Autain et de Jean-Luc Mélenchon en demandant que se tiennent rapidement des Assises du Front de Gauche (ou de la "transformation sociale") pour une VIème République. " On ne peut, et on ne doit pas opposer la question sociale (la nécessité de la répartition des richesses et de la sauvegarde du patrimoine commun des richesses naturelles) qui est l'identité même du Front de Gauche (de la "vraie" gauche écosocialiste), et la question institutionnelle : en France, la collusion entre l'appareil d'état et les oligarchies vis l'ENA (l'inspection des finances : Macron en est la démonstration parfaite) nécessite un changement des règles du jeu, pour que les citoyens se réapproprient la chose publique confisquée par des intérêts privés. C'est aussi une question d'institution : comment s'institue dans les faits la souverenaité populaire.


Depuis samedi, hier jeudi 11, a été créé par le bureau de Jean-Luc Mélenchon un site (www.m6r.fr) qui permet de signer pour la VIème République et de mettre en ligne des contributions individuelles : j'approuve pleinement cette initiative et j'appelle à y participer. Mais complémentairement et en accord avec l'ensemble des composantes du Front de Gauche, il est urgent que soit décidé d'une date (début 2015?) pour que des Assises de la Gauche pour la VIème République puissent se tenir sur la base d'une synthèse de ces propositions, et pour appeler ceux et celles qui y auront participé à rejoindre le Front de Gauche par adhésions directes, individuelles, collectives. Il est en effet impératif que cette initiative de JL Mélenchon ne soit pas perçue comme parallèle au Front de Gauche, mais qu'elle soit comprise comme en découlant logiquement, dans la même dynamique politique et dans le même effort d'unité de la gauche du Parti socialiste.

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