Madame Parisot : à quand des camps de travail pour ces fainéants d'écrivains?

OUI, LES ECRIVAINS NE FONT TRAVAILLER PERSONNE et ils en sont FIERS. L'humanité digne de vivre pour Madame Parisot : ceux qui exploitent la force de travail des autres. A quand les camps de travail pour ces fainéants d'écrivains et tous ces sous-hommes de salariés "qui ne font travailler personne"? Mais on y est presque.

Elizabeth Roudinesco avait raison d'écrire il y a quelques jours qu'il y a un "désir inconscient de fascisme dans ce pays" : http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20160428.OBS9444/elisabeth-roudinesco-il-y-a-un-desir-inconscient-de-fascisme-dans-ce-pays.html) et la sortie de Laurence Parisot en est la plus nette expression : http://www.liberation.fr/france/2016/05/19/laurence-parisot-pourquoi-je-ne-signe-pas-l-appel-des-40-au-cac-40_1453519.

Inutile de commenter ici son "refus" de signer ce texte prétendant, de bonne ou de mauvaise foi, on le saura très vite, limiter la rémuération des grands patrons (comme si, au passage, gisait là le problème de l'inégalité sociale! Alors qu'à l'évidence, l'inégalité sociale n'est pas une inégalité salariale, mais l'accaparement des moyens de production industrielle ou agricole et de la circulation de l'argent par une toute petite minorité d'individus, formant une caste fermée et dirigeant tout ; mais passons, ce n'est pas l'objet de ce texte).

La haine des écrivains est un des symptômes les plus clairs de ce désir inconscient de fascisme que décèle avec raison la psychanalyste Elizabeth Roudinesco, et la haine de Madame Parisot pour les écrivains est LE symptôme de l'abjection oligarchique CAC'à 40 et de sa dérive autoritaire. Avec des élites comme ça, la bouchère poutiniste serait juste la cerise sur leur gâteau.

Est-ce qu'il faut rappeler que l'écrivain est le seul producteur de matière première de l'industrie A NE PAS ETRE REMUNERE. 99 pc des écrivains NE GAGNENT RIEN - très loin du SMIC horaire : ils sont de loin les moins rémunérés de ce qu'on appelle la "chaîne du livre". Voir à ce propos l'article de Camille Laurens paru en quelque sorte préventivement dans Libération en mars avec lequel je suis d'accord à 300 pc : http://www.liberation.fr/debats/2016/03/25/ecrivain-une-profession-de-foi_1442079 ; et également l'article paru en Une de Mediapart au moment du Salon du Livre (dont les écrivains sont de plus en plus étrangement absents, Camille Laurens le notait avec raison) : https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/160316/les-ecrivains-sont-pauvres-et-plus-encore-les-femmes. 

Joël Schmidt rappelait sur ma page facebook il n'y a pas longtemps que les écrivains ne bénéficient MEME PAS du statut très imparfait des intermittents du spectacle.

 Je partage l'indignation scandalisée que Bertrand Leclair a exprimé sur sa page facebook hier soir et grâce à qui j'ai pris connaissance de cete déclaration  : https://www.facebook.com/profile.php?id=100008813835557&fref=nf Merci à lui de l'avoir exprimée. Mais ça ne suffit pas d'exprimer isolément notre indignation devant une agression aussi frontale.

Alors amis écrivains, ça vaut un texte de réponse collective publié dans la presse, non? 

Ajouté le 27 mai 2016 : ce texte existe maintenant, il est signé par 63 écrivain : http://www.humanite.fr/texte-collectif-laurence-parisot-propose-de-faire-les-poches-des-ecrivains-608125 Bertrand Leclair répondant à mon interpellation a écrit un premier jet samedi 20 mai que j'ai remanié le dimanche matin en y ajoutant ma touche, puis nous avons envoyé ce texte aux écrivains de notre connaissance, Dominique Conil et d'autres l'ont également fait circuler (Dominique Conil n'était pas favorable au départ à cette réponse collective) ; j'ai intégré au fur et à mesure les modifications de détail proposées par les uns et les autres, notamment celles de Camille Laurens, troisième signataire du texte. Libération a publié un droit de suite (http://next.liberation.fr/culture-next/2016/05/27/des-ecrivains-remontes-contre-laurence-parisot_1455587) et Mediapart publie le texte dans la rubrique Invités de Mediapart du Club (https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/270516/lettre-ouverte-decrivains) et renvoient au site de L'Humanité.  La phrase du texte citée en chapô de Mediapart et par la journaliste de Libération, Alexandra Schwartzbrod, est intégralement mienne.

Et quand est-ce qu'on occupe l'hôtel de Massa comme Marguerite et les autres en 68? Ecrivains Debout.

 

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