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Le Club de Mediapart lun. 26 sept. 2016 26/9/2016 Édition de la mi-journée

m6r, tirage au sort, Etienne Chouard, Alain Soral, Judith Bernard

Alain Soral est un fasciste conscient, déterminé et ultra-dangereux, dans la plus pure tradition du fascisme français et européen, antisémite notoire et militant acharné de l'antisémitisme. Etienne Chouard est son complice comme tous ceux qui expriment publiquement de la complaisance envers ses thèses haineuses.

Alain Soral est un fasciste conscient, déterminé et ultra-dangereux, dans la plus pure tradition du fascisme français et européen, antisémite notoire et militant acharné de l'antisémitisme. Etienne Chouard est son complice comme tous ceux qui expriment publiquement de la complaisance envers ses thèses haineuses.

Je suis extrêmement préoccupée de ce que j'ai constaté sur le net : des partisans du Tirage au Sort, signataires du m6r et appartenant à sa direction, défendent Etienne Chouard, dont j'apprends qu'il en serait également signataire, lequel fait montre d'une indulgence pour le moins insupportable envers Alain Soral, qualifié d'"homme de gauche luttant contre les privilèges"! A lire, le papier que les Inrocks viennent de consacrer aux Gentils Virus d'Etienne Chouard, dont je viens de subir une attaque sur ma page facebook et ici même dans ce fil : http://www.lesinrocks.com/2014/11/23/actualite/comment-les-gentils-virus-detienne-chouard-contaminent-web-11536153/

Alors soyons très clairs : Soral n'est pas un "homme de gauche parce qu'il se bat contre les privilèges", comme le prétend Etienne Chouard (http://www.lexpress.fr/actualite/politique/le-discours-trouble-d-etienne-chouard-contre-les-1-qui-se-gavent_1622043.html).

Un homme (ou une femme) de gauche n'est pas un homme (ou une femme) qui "lutte contre les privilèges", expression fallacieuse et ambiguë, dirigée à la fois contre les "oligarchies financières" et (là gît toute la subtilité : ) contre les revendications catégorielles des salariés. Le fascisme, c'est précisément cela, cette ambiguïté, qui tend à promouvoir un ordre social inégalitaire censé être naturel, c'est-à-dire conforme à une "nature" divine ou non, une "nature nationale", confondue avec l'"intérêt général". L'"intérêt général", au sens démocratique, ne se confond pas avec la pérennité de la "nation" érigée en totem. L'intérêt général est l'affirmation d'un principe absolu d'égalité entre tous les hommes et les femmes d'une communauté, quels que soient leur origine sociale, ethnique, leur lieu de naissance, leurs convictions religieuses, ou leur orientation sexuelle, et vise au bien-être et au bien-vivre maximal de cette communautés d'êtres divers.

Etre un homme (une femme) de gauche consiste à affirmer cette égalité de principe et à la promouvoir dans les discours, de permettre qu'elle advienne dans les faits, notamment sur le plan social grâce à l'organisation des salariés, selon l"idée majeure que chaque être humain a un "droit naturel" à la jouissance des biens terrestres selon ses besoins, biens communs écologiques vitaux et biens symboliques, loisir de vivre à sa guise, et de donner de son temps et de son énergie à la communauté selon ses forces et ses talents.

Un homme (ou une femme) de gauche ne saurait stigmatiser une population particulière, ni vouloir instaurer un ordre inégalitaire d'apartheid, sous prétexte de "sauver la nation". Je publie un texte, très prochainement, sans ambiguïté sur mon engagement antifasciste, et je préviens que je serai extrêmement vigilante sur les tentatives notoires de noyautage du m6r par l'extrême-droite.

Quant à l'appartenance de Soral à la mouvance FN, "un pied dedans, un pied dehors", comme il le dit lui-même, je renvoie à une vidéo qui circule sur le net, et que je me refuse à mettre en lien, parce qu'il est hors de question que je contribue à offrir une quelconque audience à cet ennemi politique majeur.

Je voudrais reprendre ici un post de ma page facebook dans lequel je tente de définir ce qu'est le fascisme. Cette idéologie est d'abord un confusionnisme politique sciemment organisé, intellectuellement structuré, qui vise à déplacer la vraie ligne de divergence démocratique qu'est celle qui sépare les intérêts des héritiers possédants de ceux des dépossédés : les seconds réclamant une régulation politique du partage des richesses par une participation à la gouvernance et une intégration à la souveraineté politique. L'accaparement du pouvoir économique par une minorité est une tendance inhérente aux sociétés historiques, elle est qualifiée par Jacques Rancière d'"inertie sociale", et la "politique" consiste à médiatiser le conflit qui en résulte par des institutions représentatives des intérêts divergents. Le fascisme vise à déplacer cette conflictualité vers une autre ligne de partage : en opposant à la sophistication rhétorique et symbolique ,jugée trompeuse et artificielle, de ceux qui accaparent le pouvoir des démocraties représentatives, la vitalité supposée libre, sauvage, "virile", "sans-phrase", "naturelle" voire sacrée, d'une communauté identifiée à la Nation (elle-même assimilée à une "race" française ou autre, ou à une pureté violente à restaurer), et, en général, sauf variantes basistes et "gauchistes" inspirées de l'anarchisme, au Chef. C'est un discours qui flatte les instincts de violence et les libère, et combat toute forme de reconstruction régulée (proprement politique donc rhétorique) du collectif, pour imposer finalement une dictature affective du Chef ou de la Nation-totem en qui tous doivent se reconnaître dans une sorte d'auto-adoration collective, qui restaure provisoirement les individus dans leur bonne image narcissique abimée par la vie - au prix de la terreur collective imposée à ceux qui ne veulent ou ne peuvent en être. 

Je suis personnellement opposée au tirage au sort parce qu'il partage avec ce raccourci anti-rhétorique qu'est le fascisme  un présupposé sur la nature du peuple - et ses partisans feraient bien d'y réfléchir. Ce présupposé est que tous les citoyens forment une masse dont chaque membre est susceptible de représenter l'intéret général : c'est faux. Chaque membre de la communauté a des intérêts spécifiques liés à sa situation dans les rapports de production (salariat ou détention de capital) et les rapports sociaux en général. D'où la nécessité des corps intérmédiaires : partis, syndicats, associations.

Pour conclure, je dirais qu' à partir de maintenant, toute indulgence avec les individus identifiés comme appartenant à la mouvance Chouard-Soral me semble intolérable. Encore une fois, prenons les gens pour ce qu'ils sont : des fascistes et pas des idiots à éduquer. Le mot "fasciste" n'est pas un gros mot, c'est une caractérisation politique qui s'appuie sur l'analyse d'un discours.

Ajout 24-11 : Les Gentils Virus de Chouard, pour ceux qui auraient encore des doutes, et  plus aucun doute n'est permis, me menacent de "me massacrer" (fil du post précédent). La mouvance soralo-chouardienne est clairement fasciste : complaisance envers les auteurs de thèses négationnistes (le site de Judith Bernard donne des paroles des personnalités complaisantes envers le négationnisme, comme Jean Bricmont), tous pourris, ni droite ni gauche, antiparlementarisme et haine des corps intermédiaires quels qu'ils soient (représentation politique, syndicats etc.), et maintenant menaces physiques (sans parler des attaques misogynes classiques, présentes à mon égard dans les invectives de Judith Bernard elles-mêmes, ou de la victimisation, vieille méthode archi-utilisée par le FN) : le tableau  est complet, comme dans les années 30 : maintenant s'il y a des gens qui ne veulent pas voir, ils se font complice. Je ne crois plus à l'aveuglement : ceux qui ne veulent pas voir sont intéressés à ne pas voir.

Je demande que Judith Bernard rompe tout lien avec la mouvance Chouard-Soral ou démissionne de toutes les instances dirigeantes provisoires du m6r. Je demande à ceux qui veulent empêcher ce noyautage du m6r de recommander ce billet Mediapart et de le partager.

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Tous les commentaires

"Les grands esprits discutent des idees. Les esprits moyens discutent des evenements. Les petits esprits discutent des gens" Eleanor Roosevelt

Voici qui devrait vous faire comprendre, ma chere Pascale Fautrier (et ca vaut pour tous les autres partisans de l'ostracisme systematique et compulsif au mepris du debat libre), la difference entre vous et des gens comme Etienne Chouard.

A bon entendeur.