Enseignants: la misère à venir des retraités de l'Education Nationale

Avec la retraite par points prévue par le gouvernement, c'est près d'un million d'enseignants qui risque d'être plus durement touché que l'ensemble des salariés pour leur future retraite. Monsieur Delevoye parle d'intégration des primes dans le calcul des retraites des fonctionnaires. De primes, ils n'en ont pas ou presque. Explications.

C'est dans un document publié en Juillet dernier par le Comité de suivi des retraites ( doc là) que l'on trouve un tableau donnant le pourcentage du salaire constitué de primes pour l'ensemble des fonctionnaires, et donc  des enseignants ( professeurs des écoles et professeurs du secondaire, qui sont cadres A).

Part des primes à 55 -59 ans pour les fonctionnaires d'Etat de 2009 à 2014 ( en %) © COR Part des primes à 55 -59 ans pour les fonctionnaires d'Etat de 2009 à 2014 ( en %) © COR

Pour les enseignants, c'est donc...12.1 %. Si la moyenne est de 19.6, il ne faut pas oublier qu'elle est calculée en prenant en compte les effectifs de chacune des catégories et il faut donc bien comprendre que, si, pour les enseignants, les primes représentent environ 10% de leurs salaires, c'est un quart pour  les catégories B sédentaire, une tiers pour les policiers de catégorie active et presque la moitié pour les cadres A+ ( les hauts fonctionnaires), le nombre d'enseignants faisant dramatiquement chuter la moyenne énoncée ( environ 20%, c'est-à-dire un cinquième du salaire).

Monsieur Delevoye, sous ses airs patelins, ne peut ignorer ces chiffres. Pas plus que le gouvernement d'E. Philippe, ni, bien entendu, le Président de la République. Pas plus qu'il ne peuvent ignorer qu'il faut désormais un bac+5 ( et un concours) pour être enseignant, qu'aucun d'entre eux n'aura donc commencé sa carrière avant 23 ans, que la prise en compte de l'ensemble de la carrière sera dramatique au vu de la faiblesse de la rémunération en début de carrière ( surtout si on la met en regard du niveau de diplôme) - ni non plus ignorer la difficulté grandissante de l'exercice de ce métier, ce dont atteste le fait qu'il devient de plus en plus difficile de recruter.

C'est à une paupérisation massive des enseignants retraités à laquelle on assistera, si le projet de mise en place des retraites par points est avalisé. Il ne peut pas en être autrement. Que peut répondre le Gouvernement à cette évidence?





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