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Billet de blog 17 mai 2015

Réforme du collège : ennui, décrochage, le collège coupable de tous les maux?

71% des élèves s'ennuieraient au collège. On l'a vu, les chiffres utilisés par Madame Najat Vallaud-Belkacem dans la présentation de sa réforme étaient controuvés, pour ne pas dire faux. Ils s'appuyaient sur une étude faite par un étudiant de l'AFEV ( Association de la fondation étudiante pour la ville) portant sur 760 enfants scolarisés en primaire et au collège, tous issus de quartiers populaires ( les chiffres avancés par le collège ayant été augmentés par l'addition de ceux qui disaient s'ennuyer "parfois" par rapport aux chiffres avancées pour l'école primaire...).De la même façon, on peut s'interroger sur d'autres chiffres avancés pour défendre la réforme : 140.000 jeunes sortent du système scolaire sans avoir de diplôme. Non que les chiffres soient faux, mais que l'incrimination du collège dans la responsabilité de ce fait est pour le moins hasardeuse...Cédric Afsa,Sous-directeur des synthèses de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance ( DEPP), a publié sur le site du Ministère en Décembre 2013 un document intitulé : "Le décrochage scolaire : un défi à relever plutôt qu'une fatalité". Il y est clairement énoncé que la cause explicative du décrochage scolaire, pour la moitié des cas, est le faible niveau de ces élèves à l'entrée en Sixième.

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71% des élèves s'ennuieraient au collège. On l'a vu, les chiffres utilisés par Madame Najat Vallaud-Belkacem dans la présentation de sa réforme étaient controuvés, pour ne pas dire faux. Ils s'appuyaient sur une étude faite par un étudiant de l'AFEV ( Association de la fondation étudiante pour la ville) portant sur 760 enfants scolarisés en primaire et au collège, tous issus de quartiers populaires ( les chiffres avancés par le collège ayant été augmentés par l'addition de ceux qui disaient s'ennuyer "parfois" par rapport aux chiffres avancées pour l'école primaire...).
De la même façon, on peut s'interroger sur d'autres chiffres avancés pour défendre la réforme : 140.000 jeunes sortent du système scolaire sans avoir de diplôme. Non que les chiffres soient faux, mais que l'incrimination du collège dans la responsabilité de ce fait est pour le moins hasardeuse...

Cédric Afsa,Sous-directeur des synthèses de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance ( DEPP), a publié sur le site du Ministère en Décembre 2013 un document intitulé : "Le décrochage scolaire : un défi à relever plutôt qu'une fatalité". Il y est clairement énoncé que la cause explicative du décrochage scolaire, pour la moitié des cas, est le faible niveau de ces élèves à l'entrée en Sixième.

C'est pour cela que la conclusion de son  travail est celle-ci : "Autrement dit, et de manière très résumée, le faible niveau au début du collège explique une petite moitié des sorties sans diplôme. Le niveau scolaire de l’élève à l’entrée en sixième, c’est-à-dire celui atteint à la fin de l’enseignement primaire, est donc déterminant. Cette conclusion rejoint un constat largement partagé sur le fait que le décrochage scolaire est l’aboutissement d’un processus qui trouve très souvent son origine dans les premières années de scolarisation [4]. Tout ceci déporte le regard vers l’école, et ce à double titre. D’abord, la politique de prévention du décrochage doit être menée très en amont dans le parcours scolaire. Ensuite, et pour que cette politique soit efficace, il faut identifier les mécanismes ou les déterminants des inégalités de réussite et leur dynamique tout au long du primaire. Bien entendu, la politique de prévention doit aussi s’appliquer au collège."
Il n'est pas question de faire porter la responsabilité des difficultés des élèves aux enseignants de l'école primaire. Mais on peut simplement se demander si penser une véritable réforme de l'Education Nationale ne demanderait pas aux Ministres en charge de cette dernière de lire et prendre en compte toutes les études faites, et non seulement celles qu servent à leurs desseins. Ici, les propositions sont claires et nettes: il convient de prévenir le décrochage scolaire très en amont dans le parcours scolaire pour ne pas envoyer au collège des élèves qui ne savent pas lire et que les professeurs ne pourront pas aider , que ce soit clair ! Bref, il s'agit de mettre les moyens à l'école primaire ( et maternelle?), de repérer et d'aider vraiment les élèves dès l'abord. A cette condition, et à celle-là seulement, on pourra faire en sorte que le collège fonctionne mieux.

(Désolée pour les lettres en  rouge qui sortent en capitales...)

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