Des « jaunes » pour faire passer la réforme du collège ?

Chaude ambiance à venir dans tous les collèges de France ! Car la mise en place de la réforme du collège, largement réprouvée par les enseignants, va s'appuyer sur... des jaunes... ou du moins les membres du Conseil pédagogique qu'on tentera de faire devenir tels... : telle est du moins la volonté de Najat Vallaud-Belkacem. Dès la circulaire  n° 2015-106 du 30-6-2015 ( publié au BO du 2 Juillet), l'affaire était claire : « La première vague des enseignants formés en bassin est composée d'enseignants volontaires, en particulier des membres des conseils pédagogiques des collèges, qui pourront accompagner la réflexion pédagogique au sein des établissements ». Claire ? Non, pas vraiment, puisque la phrase suppose que les membres des conseils pédagogiques seraient nécessairement volontaires pour être les premiers formés à la réforme 2016... Or on peut être nommé au Conseil pédagogique et être un farouche opposant à la réforme, non?... Mais qu'est-ce donc que ce « conseil pédagogique » ? Créés par l'article 38 de la loi Fillon, mis en place pour la première fois en 2006, « le conseil pédagogique, présidé par le chef d'établissement, réunit notamment au moins un professeur principal de chaque niveau d'enseignement et un professeur par champ disciplinaire. ». Ce sont les professeurs eux-mêmes, normalement, qui proposent des noms, mais s'ils ne le font pas, c'est le chef d'établissement qui nomme les membres du Conseil. Ce conseil, dit la circulaire publiée au BO du 2 Juillet, formule des propositions sur les modalités de l'accompagnement personnalisé et est saisi pour avis sur l'organisation des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires ) » avant qu'il ne soit présenté pour vote au CA. Des modalités d'organisation ont-elles été mises en place pour que les membres du conseil pédagogique soient les représentants de l'avis majoritaire des enseignants de l'établissement ? Non. Y a-t-il des heures de concertation prévues, des modalités d'information de chacun sur les décisions à prendre,les débats, les enjeux ? Non.

Manif réforme collège Manif réforme collège


Chaude ambiance à venir dans tous les collèges de France ! Car la mise en place de la réforme du collège, largement réprouvée par les enseignants, va s'appuyer sur... des jaunes... ou du moins les membres du Conseil pédagogique qu'on tentera de faire devenir tels... : telle est du moins la volonté de Najat Vallaud-Belkacem.

 Dès la circulaire  n° 2015-106 du 30-6-2015 ( publié au BO du 2 Juillet), l'affaire était claire : « La première vague des enseignants formés en bassin est composée d'enseignants volontaires, en particulier des membres des conseils pédagogiques des collèges, qui pourront accompagner la réflexion pédagogique au sein des établissements ». Claire ? Non, pas vraiment, puisque la phrase suppose que les membres des conseils pédagogiques seraient nécessairement volontaires pour être les premiers formés à la réforme 2016... Or on peut être nommé au Conseil pédagogique et être un farouche opposant à la réforme, non?...

 Mais qu'est-ce donc que ce « conseil pédagogique » ? Créés par l'article 38 de la loi Fillon, mis en place pour la première fois en 2006, « le conseil pédagogique, présidé par le chef d'établissement, réunit notamment au moins un professeur principal de chaque niveau d'enseignement et un professeur par champ disciplinaire. ». Ce sont les professeurs eux-mêmes, normalement, qui proposent des noms, mais s'ils ne le font pas, c'est le chef d'établissement qui nomme les membres du Conseil. Ce conseil, dit la circulaire publiée au BO du 2 Juillet, formule des propositions sur les modalités de l'accompagnement personnalisé et est saisi pour avis sur l'organisation des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires ) » avant qu'il ne soit présenté pour vote au CA. Des modalités d'organisation ont-elles été mises en place pour que les membres du conseil pédagogique soient les représentants de l'avis majoritaire des enseignants de l'établissement ? Non. Y a-t-il des heures de concertation prévues, des modalités d'information de chacun sur les décisions à prendre,les débats, les enjeux ? Non.

 C'est donc à ce groupe de super-profs désignés qu'on va demander de former leurs collègues aux joyeusetés de la réforme. D'après des informations qui filtrent par-ci par-là, et synthétisées par le Snalc Créteil dans un document qu'on peut trouver sur leur site, c'est avant la mi-Octobre que les membres des conseils pédagogiques seraient formés en réseaux d'établissements, puis réunis dans leur établissement autour de leur principal pour réfléchir à la réforme dans le contexte propre à leur collège et pour aborder, si on en croit le Snalc, les premiers choix organisationnels et pédagogiques. Suivra encore une journéede formation, puis une journée de réunion avec le principal en vu de finaliser le plan de formation de l'établissement et de faire un premier bilan du projet d'établissement concernant les choix organisationnels et pédagogiques. Tout cela avant les vacances de Noêl.

 Entre Janvier et Avril, cinq journées de formation de tous les enseignants par les formateurs académiques et les « professeurs-relais », nom que prennent, dans les documents, les professeurs principalement issus du conseil pédagogique qui auront été formatés pour formater leurs collègues, après qu'ils auront décidé pour l 'ensemble de la communauté éducative de l'organisation de l'aide, des EPI, c'est-à-dire en somme de quelles matières perdront de leur temps disciplinaire, à quel niveau et sur quelle durée.

 L'ambiance risque d'être très chaude dans les établissements scolaires... Qui acceptera d'être nommé au conseil pédagogique ? Qui, étant nommé au conseil pédagogique, acceptera de former ses collègues – et ce alors même qu'il réprouve cette réforme ? Quelle sera la réaction des équipes pédagogiques s'il s'avère exact que ces « super-profs » nommés décident seuls de l'organisation pédagogique qui sera proposée au CA ( où les enseignants sont minoritaires, faut-il le rappeler?).

 Dans deux semaines, dans tous les collèges de France, les questions se poseront ! Les syndicats pour l'instant ne semblent pas s'être emparés de la question et n'alertent pas les enseignants....Ils ont tort. Qui acceptera d'être le jaune ? Telle est la question. Et quelle liberté l'enseignant a-t-il de ne pas l'être ? C'est la question, cruciale, à laquelle les syndicats, organisations chargées de défendre les salariés, doivent répondre, et vite !

 

 

 

 

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