Fermeture de classes: M. Blanquer, créateur de fakenews

Contrairement à ce que Jean-Michel Blanquer a annoncé lors de sa conférence de presse du 26 Mars, la fermeture des classes des 19 départements en zone tendue où un cas de Covid+ est détectée n'aura pas lieu de façon rétroactive. On peut du coup se demander si les fermetures auront bien lieu dès lundi? Qui ment une fois ( au moins) et manipule la presse...

C'est à 3mn25 de sa conférence de presse tenue le vendredi dernier après les annonces de la veille d'Olivier Véran que la question lui a été posée : la mesure visant à fermer les classes où un cas de Covid aurait été détecté serait-elle rétroactive ? La réponse a alors été sans appel : oui. ( lien : https://m.facebook.com/watch/live/?v=786183392007212&ref=watch_permalink&_rdr

Et c'est d'ailleurs ce que relaie Libération dans un article du 26 Mars au soir : « Dans les 19 départements reconfinés, chaque classe sera fermée au «premier cas de contamination», au lieu de trois jusqu’à présent, sauf en maternelle. La mesure s’applique dès lundi pour tous les niveaux, de la petite section de maternelle à la Terminale. Elle sera rétroactive là où des cas positifs viennent d’être détectés. »


Las.... Commencent à remonter les informations selon lesquelles M. Blanquer a menti sciemment à la presse, avec la volonté évidente de manipuler les journalistes afin de faire taire les inquiétudes grandissantes des parents et des enseignants. C'est le DASEN du 78 ( pour les primaire et maternelle), qui, d'après le SNES-Versailles refuse de considérer les nouvelles comme rétroactives. Dans l'Académie de Versailles, c'est la directrice académique qui informe les chefs d'établissement que la mesure, contrairement à ce qu'a dit le Ministre, n'est pas rétroactive.

En pleine Semaine de la presse à l'école, voilà qui est donc osé : le Ministre de l'Education Nationale, dans une conférence de presse, assène une vérité, qui est démentie le lendemain par ses propres services - qu'on n'ose imaginer agir sans ordres. Les enseignants auront à cœur, sans doute, de faire étudier rapidement ce cas d'école de fakenews ministérielle...

Qui veut-on mener par le bout du nez ? Les parents, incontestablement, puisque les médias se sont fait l'écho de ce qui était un mensonge, pour les rassurer.

Du moins, dès lundi, les écoles fermeront-elles dès le premier cas repéré, pourraient se dire les parents... Las, las, las.....Là aussi les informations font craindre le pire quand on a été attentif aux nombreuses récriminations des enseignants sur les réseaux sociaux dans la période précédente :
la décision de fermeture de classe continue de relever de la compétence de la direction académique pour les établissements du secondaire, et non du chef d'établissement, le plus proche du terrain, et le plus à même de prendre une décision rapide dès l'annonce de la positivité au Covid de l'un des élèves ou de l'un des membres de la communauté éducative. Systématique, la fermeture d'une classe en cas de Covid+ ? Qu'il soit permis dès lors d'en douter.

Le Ministre a menti. Sciemment. Aux journalistes rassemblées. Pour qu'ils relaient ce qui est donc une fakenews. Une menterie. Un mensonge. Une manipulation.

En République, c'est grave – et les députés et journalistes ne manqueront sans doute pas de l'interpeler. Mentir aux parents et enseignants, par médias interposés, est-ce respecter les "valeurs de la République"? On en doute!


Boîte noire :

*** Mise à jour du 28 Mars : selon des sources syndicales ( syndicat de chefs d'établissement), les classes ne seront pas fermées en cas de Covid d'un enseignant.

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*** On lira avec le plus grand intérêt cet article de Mediapart ( journalistes :  Ismaël Bine et Caroline Coq-Chodorge) qui est illustré par l'iconographie ci-dessous : https://www.mediapart.fr/journal/france/260321/ecoles-est-dans-le-mur-et-le-ministre-dans-le-deni


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