Mécréance

En ces temps de réminiscences chrétiennes et gastronomiques, intéressons-nous, pour une fois, à ceux et celles qui, prosaïquement, n’y voient que bons sentiments frelatés et compétition digestive.

Demande-t-on aux mécréants - que les religions, unanimes sur ce point, vouent au feu de l’Enfer - si l’expression publique des appartenances confessionnelles porte ombrage à leur sensibilité ?

‌Non-croyants, athées, agnostiques sont les citoyens les plus discrets dans l’espace public et les moins coûteux pour la collectivité. Ils ne demandent aucun accommodement à la loi commune, aucun siège dans les comités d’éthique, aucun financement public de réseaux scolaires privés ou de lieux de culte, aucun dégrèvement fiscal sur les legs …

Pourtant, si les mécréants se distinguaient ou revendiquaient publiquement leur impiété, il s’en trouverait pour dénoncer une infâme agression religiophobe.

Aussi, dans un souci de concorde, préfèrent-ils n’en rien faire.

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