Yves Cochet et Piketty sur la 5

Quelques commentaires sur l'émission du 5/10 Cl'hebdo, avec Yves Cochet et Piketty

Sur Cl'Hebdo ce samedi soir 5/10, deux invités : Piketty et Yves Cochet

Yves Cochet, fut ministre de l'écologie de Jospin. Il contribua au sabotage et à l'abandon d'un prototype d'avant garde, le surgénérateur de Creys-Maleville. Il participa avec Jospin à la privatisation d'entreprises nationalisées en 1981, privatisations qui furent très juteuses pour les financiers privés. Sa contribution à l'écologie est mondialement connue pour être imperceptible à l'oeil nu.
Aujourd'hui ce grand homme annonce l'apocalypse pour les années 30, et recommande de revenir dès maintenant au 19 ème siècle ; déplaçons nous à cheval (il en a quelques uns, lui …) et en bateau à voile. La sobriété radicale pour nous tous... mais uniquement l'ironie pour ceux qui mettraient en cause le pouvoir du capital.

Nationaliser deux ou trois banques mondiales comme la BNP, ou la Société Générale, vous n'y penser pas ? Yves Cochet non plus. Avec une majorité d' élus du personnel au Conseil d'Administration, l'argent pourrait ne plus servir à financer les combustibles fossiles, mais à financer des productions utiles à la société et à la lutte contre les émissions de Gaz à Effet de Serre, mais Yves Cochet préfère créer la panique plutôt que mobiliser pour une lutte efficace, à la fois pour le climat, et pour la justice sociale. Démocratiser la gestion des entreprises en donnant aux salariés des grandes boîtes un droit d'intervention sur les investissements ? Yves Cochet rigolerait s'il avait l'intelligence d'y penser...

Mais voilà, c'est à ce genre de personnage qui a fait la preuve de son aveuglement politique, social et écologique que l'on donne la parole à Cl'Hebdo, sur la 5.

Piketty, c'est autre chose. Piketty met l'inégalité au cœur de sa réflexion politico-économique. C'est déjà ça. L'égalité c'est une passion française. Il dit toutes sortes de choses qui changeraient agréablement du libéralisme macronien, lequel saccage le social et enrichit les fauteurs principaux de la catastrophe écologique menaçante : les seigneurs de la finance. Par exemple taxer les grands fortunes avec un taux marginal de 90 %. Chiche ! Mais même s'il propose une propriété transitoire du capital, son idéal reste la politique keynesienne de Roosevelt dans les années 30, qui n'a jamais mis en cause de manière sérieuse et durable le pouvoir de Wall Street et des actionnaires principaux des grandes boîtes privées. Prendre le contrôle sur les forces sociales principales ultra minoritaires qui déterminent les politiques économiques, et sociales qui flinguent l'environnement au nom du profit, ce n'est pas, me semble-t-il, la visée de Piketty. Je ne l'entends pas parler du développement jusqu'au bout de la démocratie comme moyen d'établir les conditions de l'épanouissement de tous. La démocratie jusqu'au bout, c'est, entre autre, la démocratie dans l'entreprise, en particulier dans les plus grandes d'entre elles, celles où, à l'heure actuelle, quelques actionnaires ont les pouvoirs de décision. Autrement dit, à ce qu'il me semble, Piketty prône un « réformisme radical », en ce sens que les mesures qu'il propose sont qualitativement différentes de la politique libérale, macronienne ou autre, mais « réformiste » au sens où il ne touche pas au cœur du pouvoir du capital...

Voila peut-être pourquoi on le voit beaucoup dans les media...

A quand l'invitation sur la 5, aux heures de grande écoute, de Pierre Laurent, ou de Ian Brossat?

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