Un mix énergétique incluant le nucléaire

Il est incohérent d'affirmer vouloir lutter contre le réchauffement climatique et de demander à "sortir du nucléaire".

Contre le réchauffement climatique, un mix énergétique qui inclut le nucléaire

Face au danger du réchauffement climatique, l'urgence est de sortir au plus vite des combustibles fossiles et de toutes les activités, notamment dans l'élevage bovin, qui produisent des Gaz à Effet de Serre (GES).

Il existe, notamment à gauche, des discours incohérents qui proclament leur volonté de combattre le réchauffement climatique, et en même temps, leur volonté de « sortir du nucléaire ».

On ne peut combattre le réchauffement climatique, en France, en Europe et dans le monde, en affirmant vouloir « sortir du nucléaire ». Sauf à aboutir à une hausse dramatique du prix de l'électricité, et à une austérité aggravée pour les peuples.

Le Parti Communiste Français est le seul à gauche à affirmer la nécessité d'une transition écologique et d'une production d'énergie fondée sur un « mix énergétique » : le développement de toutes les énergies renouvelables : solaire, photovoltaïque, éolien, hydroélectricité, géothermie, marée motrice, etc., ET énergie nucléaire.

L'outil industriel nucléaire français, est un secteur industriel de haute qualité, de premier plan mondial. Développé avant l'entrée du capital privé, par l'entreprise 100% publique EDF, le CEA, Alstom, etc., il a assuré une production d'énergie nucléaire civile avec un haut niveau de sécurité, et permet à la France d'avoir une électricité bon marché, avec un niveau très bas d'émission de GES.

Certains mettent en avant les accidents de Tchernobyl, de Three Miles Island, ou de Fukushima pour justifier leur demande de sortie du nucléaire. Or tous les accidents nucléaires graves dans le monde jusqu'à aujourd'hui peuvent être attribués à des causes diverses qui ne se présentent pas en France, en particulier à la recherche du profit maximum privé, au détriment de la sécurité, par les entreprises privées du nucléaire au Japon et aux USA.

Certes, il faut constamment améliorer ce niveau de sécurité dans notre industrie nucléaire civile. Une mesure urgente à prendre dans ce domaine serait d'en finir avec les interventions d' entreprises privées sous traitantes pour la maintenance des installations sur les sites des réacteurs nucléaires. Il faudrait – ne serait-ce que pour la sécurité – qu'EDF redevienne une entreprise 100% publique, avec des salariés compétents bénéficiant de bons statuts. Il faudrait que les budgets de la recherche, tant fondamentale qu'appliquée, notamment en physique, soient augmentés en reversant le CIR aux grands organismes publics.

Un autre argument avancé de ceux qui veulent « sortir du nucléaire » est celui du stockage des déchets nucléaires à long temps de vie. Or, d'une part il existe à l'heure actuelle des solutions de stockage (tel que l'enfouissement en couche argileuse profonde à Bures) pour un volume de déchets qui ne dépasse pas celui de deux ou trois piscines olympiques ; d'autre part le développement de la technologie des réacteurs permet d'envisager, avec la technologie des surgénérateurs, l'élimination par le réacteurs de la presque totalité des déchets. Enfin, invoquer le danger des déchets pour les générations humaines dans mille ou cent mille ans, alors que les catastrophes dues au réchauffement climatique, si rien n'est fait dès aujourd'hui, sont prévues pour la prochaine génération relève, au mieux, de l'ignorance et/ou de l'aveuglement.

L'urgence en France, en Europe et dans le monde est de sortir des combustibles fossiles et de la production de GES, pas de sortir du nucléaire.

Pour apporter aux 10 milliards d'humains qui peupleront la planète en 2050, un niveau de vie acceptable, (c'est à dire 2tep par personne et par an) avec accès à l'électricité, l'eau potable et l'éducation, il faut doubler la production mondiale d'énergie d'ici 2050), et cela exige le recours à l'énergie nucléaire, comme le préconise d'ailleurs le GIEC. L'outil industriel nucléaire français peut aider à atteindre cet objectif, en mettant à la disposition du développement des peuples son expérience et son savoir faire. Ceux qui à l'heure actuelle mettent en avant l'objectif de « sortir du nucléaire » se trompent ou nous trompent. Ceux qui, tel le Président Macron lorsqu'il était ministre de Hollande, contribuent à brader à General Electric des acquis technologiques français indispensables pour l'énergie nucléaire portent une lourde responsabilité devant le peuple français et devant l'Histoire.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.