Vite, vite, quelques jours encore pour assister, à Lyon, à la projection du film Les Horizons perdus de Stanislas Rodanski, en hommage à une figure “impossible” de la poésie française de l’après-guerre.

De cette figure, j’avais esquissé (ici) une présentation. Avec Rodanski, il ne s’agit pas seulement de ranimer quelque histoire par le biais attendu d’un destin individuel marquant, autrement dit par le point de vue si prisé ces dernières décennies, et si commodément réducteur, de l’approche biographique.

Non, il s’agit de s’imprégner d’une authentique légende, celle « dispersée » (pour reprendre ce vocable à Jean-Christophe Bailly à propos du romantisme allemand) d’un surréalisme se livrant à lui-même, bien plus que livré à lui-même.

En ces années d’après-guerre, au-delà des procès (littéraires) qui lui sont intentés (qualité de l’image, etc.), c’est tout l’univers symbolique déployé par le surréalisme, sa cosmogonie vivifiante et signifiante, qui reflue, ne trouvant plus bientôt à s’étendre de voix en voix, à l’intérieur de groupes constitués.

Des figures isolées n’en perpétuent pas moins ce projet de vivre et créer à la pointe des énigmes d’un imaginaire vécu, art et existence absolument confondus, leurs noms (celui de Jean-Pierre Duprey, notamment) seraient-ils accolés, de façon empressée, à l’étoile pâlissante du surréalisme.

L’œuvre de Stanislas Rodanski est une des clés de ce secret de fabrication qui se passe d’être publiquement délivré, et pour cause puisqu’il est noué à ces ressorts existentiels que sont, au même creuset, la temporalité, l’altérité, le langage. Tant surtout il appartient à chacun de s’en enquérir, de faire cette expérience, chaque fois singulière, de dévoilement qu’est l’art : dévoilement du cours du temps où s’accomplit l’expérience individuelle refaçonnée par la relation à l’autre et par la langue.

On frappe à mes tempes

Qui vive ?

Moi

Qui ? Moi

Toi

Il n’est alors plus d’horizons d’attente...

 

Programme : projection du film restauré Horizon perdu de Bernard Cadoux et Jean-Paul Lebesson avec la participation de Stanislas Rodanski, et une installation sonore les 3, 4, 5 puis 10, 11 et 12 mai 2012 (entrée libre : 16h30 à 20h jeudi et vendredi - 10h30 à 18h le samedi).

Chapelle et cloîtres de l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu, 290, route de Vienne - Lyon 8e

Attention : le 12 mai, deux projections d'HP(S) à Lyon : celles à Saint-Jean-de-Dieu et une autre, à 15h00, à la Bibliothèque de la Part-Dieu.

L'exposition se tient jusqu'au 6 juillet (du mardi au vendredi de 10h à 19h, le samedi de 10h à 18h). Puis reprend du 16 juillet au 24 août (du lundi au vendredi de 13h à 19h).

Parution du livre, Stanislas Rodanski - éclats d’une vie, aux éditions FAGE (voir ici).

Par Bernard Cadoux, Jean-Paul Lebesson, Stanislas Rodanski, François-René Simon

DVD offert : HORIZON PERDU, réalisation Jean-Paul Lebesson, d’après un bris-collage de Bernard Cadoux et Jean-Paul Lebesson, sur une fabulation de Stanislas Rodanski

200 pages/ 129 illustration(s)/ 28,00 €

Le site de l'Association Rodanski : ici

* Je dédie ce billet à Stéphanie Serre

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Merci Bérangère d'avoir fait suivre cet écho émouvant, "informé". Poursuivons...