Sa consommation n’a jamais été interdite sur le territoire français. Les restrictions portaient seulement sur sa fabrication et sa vente. Mais le Conseil d’Etat a annulé les différents décrets en question. Il est dorénavant possible de se procurer du poppers dans des boutiques en lignes, des magasins spécialisés et même certains bureaux de tabac. On pouvait donc craindre une augmentation du nombre de consommateurs depuis 2013. Or l’OFDT (l’Observatoire Française des Drogues et des Toxicomanies), dans un document mis à jour en juin 2015, estime que la consommation est stable dans son ensemble. Elle a même baissé chez les moins de 18 ans (mais augmenté chez les adultes).

Le poppers est considéré comme un psychotrope qui peut avoir des conséquences néfastes sur la santé des consommateurs. Il s’agit d’un vasodilatateur liquide qui est commercialisé sous forme de petites fioles. L’inhalation de ses vapeurs provoque en quelques secondes un sentiment d’euphorie et de relaxation.

Les principaux consommateurs de poppers en France ont entre 18 ans et 35 ans Les principaux consommateurs de poppers en France ont entre 18 ans et 35 ans

Mais ses effets se dissipent également très rapidement, au bout de 5 à 10 minutes. Il est utilisé soit dans le but de stimuler et faciliter le sexe anal, soit à des fins purement récréatives, soit pour ces deux finalités. Néanmoins, la consommation du poppers n’est pas anodine, comme le rappelle l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), et doit être encadrée par quelques précautions.

 

Quelle est la législation concernant la consommation et la vente de poppers ?

Ce psychotrope était à l’origine un médicament utilisé dans le traitement de problèmes cardiaques. A cause de ses effets secondaires (notamment des maux de tête intenses), son utilisation médicale fut délaissée. Il fut alors récupéré dans les milieux homosexuels en raison de son action sur la qualité de l’érection et sur la dilatation du sphincter anal. Puis, petit à petit, son utilisation récréative l’a rendu populaire auprès des jeunes. Son inhalation libère du monoxyde d’azote au sein de l’organisme, ce qui conduit à une relaxation des muscles et à l’apparition d’une sensation de bien-être, d’euphorie de plusieurs minutes.

En 1990, le législateur français a interdit à la vente les poppers contenant des nitrites de butyle ou de pentyle. En 2011, l’interdiction a été généralisée à tous les poppers dont ceux contenant du nitrite d’alkyle. Mais en 2013, le Conseil d’Etat a annulé ce dernier décret en estimant qu’aucun rapport ne démontrait le caractère pharmacodépendant de cette substance. Aujourd’hui seuls les poppers composés de nitrites d’alkyle sont autorisés en France. Ils sont en vente libre sur internet ou en magasin.

Pourtant, il s’agit d’une substance qui peut se révéler toxique lors d’un usage répété ou en association avec d’autres psychotropes ou de l’alcool. De nombreux accidents, parfois mortels, ont été recensés depuis 1999. C’est pourquoi le législateur anglais réfléchit actuellement à inclure ce vasodilatateur dans la liste des substances psychoactives interdites.

 

Quels sont les effets du poppers ?

 

Le poppers permet de dilater les vaisseaux sanguins, ce qui entraîne une augmentation de l’excitation sexuelle ainsi qu’une sensation d’euphorie et de relaxation musculaire. 

Son utilisation à des fins sexuelles est surtout destinée à faciliter les relations anales. En effet, l’inhalation des vapeurs a généralement comme effet une dilatation du sphincter comme nous l'avons vu précédemment, une augmentation de la durée de l’érection et de l’intensité de l’orgasme.

Aujourd’hui, les jeunes l’utilisent plus à des fins festives en soirée. En effet, il provoque rapidement une sensation d’ivresse passagère qui dure quelques minutes. Il facilite également les relations sexuelles d’où son nom de drogue du sexe auprès des 18-25 ans.

 

Sa consommation est-elle risquée pour la santé ?

A l’heure actuelle, aucune étude ne démontre qu’une consommation régulière de poppers peut entraîner une dépendance. Néanmoins, les effets euphorisants procurés par l’inhalation des vapeurs peuvent inciter à une consommation plus ou moins fréquente. Comme tout produit pharmaceutique, son usage pendant la grossesse est déconseillée.

Une utilisation excessive ou répétée de ce produit peut avoir des conséquences importantes sur la santé des consommateurs. En raison de son caractère festif et populaire auprès des jeunes, il est important de continuer à les informer sur les effets à court et long terme de ce psychotrope.

 

A court terme, il peut provoquer : 

  • des maux de tête,

  • des vertiges,

  • une transpiration excessive due à une hyperthermie,

  • une chute de tension,

  • des malaises,

  • des vomissements,

  • des brûlures au niveau de la cloison nasale : il est conseillé d’éviter le contact de ce produit avec les muqueuses. Il est préférable d’inhaler les vapeurs qui se dégagent de la bouteille au sein de la pièce,

  • des irritations cutanées,

  • des courtes pertes de mémoire,

A long terme, un usage répété peut entraîner :

  • des crises d’asthme,

  • des croutes au niveau des cloisons nasales,

  • une anémie provoquée par une hémolyse,

  • des problèmes d’érection,

  • des pertes d’acuité visuelle,

  • des troubles cardio-vasculaires,

En aucun cas, le poppers ne doit être associé avec du viagra car cela entraine un risque d’arrêt cardiaque.

Le mode de consommation est également important à respecter : il ne faut absolument pas boire le liquide à cause des brûlures que cela occasionnerait. Par ailleurs, en raison de son caractère inflammable, il est fortement déconseillé d’en imbiber l’extrémité d’une cigarette avant de la fumer comme cela peut se pratiquer aux Etats-Unis. Les fabricants préconisent de laisser les vapeurs imprégner la pièce et ainsi de les inhaler en respirant normalement.

 

Enfin, comme tout produit euphorisant augmentant l’excitation sexuelle, cette drogue du sexe peut favoriser la tenue de conduites à risque. Il est important de toujours avoir des préservatifs à proximité afin d’éviter la transmission de maladies sexuellement transmissibles.

Source complémentaire : Lien vers le barometre de la santé de l'INPES

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