Patients ou clients ? le business de la santé

Il est toujours bon de rappeler que le mot "patient" est issu du latin "patior" qui signifie « souffrir ». Nous vivons hélas sans une période où l'argent est roi et l'empathie n'existe presque plus...

Tout comme dans l'un des épisodes de la série Black Mirror, notre score est compté en "likes", en "followers", et bien entendu en argent. Pour les entreprises géantes, les TBTF (Too Big To Fail), cela ne se compte même plus en argent, mais bien plus vicieux, en progression ! C'est à dire qu'une entreprise profitable, mais avec une progression en baisse est jugée en difficulté, et donc va très mal, l'humanité est devenue folle ! Big Pharma n'échappe bien entendu pas à cette règle, aux états unis l'industrie de la santé en est même arrivée à inventer des maladies pour produire des médicaments qui ne servent à rien, ce sont des placébos pour maladies psychologiques créées de toutes pièces et matraquées à grand coup de publicités à la télévision (car la publicité pour les médicaments est autorisée outre Atlantique). Le but n'est plus de soigner des gens, mais bel et bien de vendre un "abonnement" à une molécule qui ne fait bien souvent que soigner des symptômes (réels ou fictifs) mais pas la source du problème (si problème il y a...). Dans une société stressée à bloc il est d'ailleurs très facile de créer de nouveaux maux, le rabâchage médiatique est d'une efficacité redoutable sur une population sous pression...

La France suit-elle ce chemin ? Avec la globalisation et le formatage uniforme du monde occidental, on semble bien parti pour. On voit bien que peu à peu, désertification médicale aidant, on s'avance de plus en plus vers une télé-médecine avec des services en ligne pour tout, médecin de garde en ligne , pharmacie en ligne (qui sont d'ailleurs pour la plupart basées dans les autres pays européens...), peut être même que bientôt nous pourrons faire nos tests sanguins et autres nous mêmes depuis le fin fond du Larzac avec des objets connectés... Tout cela au détriment du contact humain, de l'empathie et surtout du bon sens et de l'expertise de véritables professionnels de santé...

 

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