Consentement sexuel à 13 ans, une veille demande des pédophiles.

La loi qui risque d'être votée en France concerne l'âge à partir duquel un enfant peut "consentir" à un acte sexuel avec un adulte. Cette histoire est ancienne et concerne la manière dont la pédophilie est tolérée ou non dans la société.

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Comme je le résumais l'an dernier dans un article de Causette (1), au début du XIXe, le viol d’un enfant n’était répréhensible que s’il était accompagné d’autres formes visibles de violences. En l’absence de traces de coups, il y avait consentement de l’enfant par défaut. En 1832, le code pénal français commença à punir enfin les agressions sexuelles sur enfants de moins de onze ans, même commises sans violence. Cet âge fut relevé à treize ans en 1863 puis à quinze en 1945.

Mais au début du XXe siècle, une stratégie des pédophiles vit le jour : affirmer qu'il y aurait une demande des enfants pour le plaisir sexuel avec des adultes. Gide, Montherlant, Peyrefitte en étaient les promoteurs les plus célèbres. Puis Gabriel Matzneff et Tony Duvert après la seconde guerre et qui restèrent impunis.

Dans les années 70, le journal Libération dirigé alors par Serge July faisait ouvertement la promotion des associations pédophiles qui avaient alors pignon sur rue, comme le « Front de libération des pédophiles » . Libé et Le Monde publièrent une pétition affirmant que des enfants de moins de quinze ans pouvaient être sexuellement consentants avec des adultes mais aussi pour les photos de « leurs jeux sexuels ». On trouve parmi les signataires Jack Lang, Kouchner, Matzneff, mais aussi Beauvoir, Barthes, Deleuze, Glucksmann, Guattari, Sartre, Sollers…

Quelques mois plus tard, Dolto, Althusser, Derrida, Glucksmann et d’autres demandèrent officiellement la prise en compte du consentement des mineurs de moins de quinze ans dans les actes sexuels avec des adultes.

En 1981 encore, sous le titre « Câlins enfantins », Libé donnait sur une double page la parole à un pédophile à qui « des amis compréhensifs » confiaient la garde de leur petite fille de huit ans qu’il violait, en même temps que la sienne de cinq ans. La description détaillée des actes dont les fillettes étaient soit-disant "demandeuses" est une véritable apologie du crime sexuel.

Depuis, malgré les scandales comme l’affaire Dutroux, le cas du cinéaste Polanski (qui a sodomisé une fille de treize ans après l’avoir saoulée) lui aussi défendu par de nombreux intellectuels comme le problématique Frédéric Mitterrand, la société semble s’être nettoyée de sa tolérance culturelle envers le viol des enfants.

Mais comme on le voit avec le débat sur la loi, la pédophilie n'est pas qu'une rare entorse à une norme sociale. Elle est profondément ancrée dans une culture où les hommes sont historiquement propriétaires des femmes et des enfants. Notre répulsion générale pour la pédophilie est en fait très récente.

L'idée de légaliser le consentement sexuel d'enfants de treize ans est la résurgence de cette vieille histoire.

(1) Causette, hors série, spécial Faits divers, été 2016.

 

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