La femme sex-toy pour l'Obs: une bouche, un sexe.

Voilà donc la publicité pour le nouveau supplément de L'Observateur. Les créatifs n'ont pas cherché bien loin pour trouver le nom du périodique destiné aux femmes: "O", comme "Histoire d'O", on présume. On imagine déjà la femme nue enchaînée, même si on n'a pas lu le livre. Pour l'image, c'est plus sophistiqué mais tout aussi trivial: la femme idéale est résumée à un robot sex-toy auquel il manque bras et jambes, totalement inutiles pour l'usage que l'on en fera. Le buste est suspendu par des élastiques noirs qui rappellent le bondage. Pour l'Obs, cette poupée gonflable ultra réaliste attachée au plafond serait "outrageusement tendance".

L'image évoque toute la question de la pornographie et des sex toys intelligents que permettent la vidéo immersive, l'intelligence artificielle, etc

Le docteur Richardson (une spécialiste des robots à la De Montfort University, Leicester) vient de lancer une campagne de sensibilisation à cette question. D'après elle, les sex-toys d'un nouveau genre ne font que "renforcer les stéréotypes à propos des femmes".

"Nous pensons, écrit-elle, que la création de tels robots contribue à des relations préjudiciables entre femmes et hommes, adultes et enfants, hommes et hommes, femmes et femmes."

En effet, si pour la plupart des lecteurs de L'Obs, un robot féminin peut subir tous les outrages sans conséquence sur la vie sociale (des femmes), que penseraient-ils de la vente de robots enfants destinés aux pédocriminels?

D'autre part, une analyse plus poussée montre qu'en dehors des conséquences imédiates pour l'image des femmes et leur place dans la société, se cache une industrie qui pourrait faire beaucoup de mal à tout le monde, hommes compris.

En effet, la réalité virtuelle permet, dès aujourd'hui, de consommer de nouvelles formes de pornographie où le consomateur est plongé dans des univers virtuels. Comme on le voit ici, à très bas coût, il sera bientôt possible d'offir à la population l'illusion d'une jouissance permanente avec des tops models totalement obéissants et que l'on pourra traiter comme on le désire. Chacun selon ses goûts, on pourra donc s'isoler du monde et de ses réalités (dont d'autres s'occuperont pour nous) pour se perdre dans une constante satisfaction pulsionnelle. Ceux qui ont vu Matrix savent de quoi je parle...

L'industrie du sexe est déjà en train de scanner le corps de toutes les stars du cinéma pornographique américain pour en faire des personnages virtuels ultra réalistes avec lesquels les clients pourront jouer grâce à un casque et bientôt une combinaison. Les culture numériques nous offrent un nouveau monde extrêment enthousiasmant. Mais penser que sa conquête se réalisera sans combat politique est une illusion.

 

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