13 ans. Cette loi résonne comme un aveu.

Le Sénat français vient de voter unanimement une proposition de loi criminalisant tout acte sexuel entre un adulte et un mineur de 13 ans. L'analyse de ce vote fait apparaître un véritable aveu de la société française.

img-20210122-111802
Il ne faut pas s'y tromper. D'une part, malgré sa formulation, la loi criminalisera tout acte sexuel entre un adulte et un enfant avant ses 13 ans. À partir de son treizième anniversaire, il sera possible d'évoquer son consentement devant un tribunal.

D'autre part, cette décisions des sénateurs reflète l'évolution de la société dans son ensemble. Si la demande sociale avait été très forte et ancienne, cette loi aurait été votée plus tôt. La pression de quelques associations ne suffit pas. 

On entend d'ailleurs certain.e.s membres de précédentes majorités, voire de gouvernements antérieurs, récriminer bruyamment sans justifier de leur propre atonie durant leur mandat. C'est sans doute le signe que le monde politique évolue à la traîne du corps social. Et non l'inverse. 

Cette future loi doit donc être analysée pour ce qu'elle révèle de l'évolution des croyances et valeurs sociales à un instant donné (la loi évoluera évidemment dans les prochaines années).

Et il s'agit d'un aveu. Celui de la validation de l'idée qu'un enfant de treize ans et un jour puisse désirer avoir une relation sexuelle avec un adulte, quelque soit l'âge de celui-ci. 

C'est d'ailleurs ce qu'a expliqué en substance l'autrice de la loi ka sénatrice Annick Billon à la télévision (BFM-TV) "oui, il peut y avoir des enfants qui sont consentants, et ça, il ne faut pas l'oublier".

Si la victime a 13 ans, l'adulte pourra toujours être poursuivi pour atteinte sexuelle (un délit et non un crime). Mais le désir de l'enfant sera néanmoins reconnu, validé, revendiqué légalement par les adultes. Quelque soit son état de sidération ou d'emprise. 

Cet aveu nous dit où en est la société dans son ensemble. Ainsi que l'état de ses croyances en la matière.

Les associations de défense des victimes, les pédopsychiatres et militant.e.s des droits des enfants ont encore beaucoup de travail. 

Mais l'histoire ne s'arrête pas. 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.