Le maintien de l'ordre de Macron n'est pas Républicain mais autoritaire

L'article de Vincent Sizaire dans le Monde diplomatique explique pourquoi le maintien de l'ordre violent ordonné par Emmanuel Macron n'est pas Républicain mais témoigne de la tradition autoritaire du 19°s, voire de la brutalité napoléonienne imperméable au droit, qui, sous l'influence des lobbys policiers, s'est réaffirmée depuis quelques années aux dépends des droits de l'Homme.

https://www.monde-diplomatique.fr/2019/04/SIZAIRE/59748

L'affaire Benalla interroge à savoir si la police ne serait pas la garde prétorienne de la V° République ? Elle ferait ou déferait les présidents quand ceux-ci ne la satisfont pas.

Alors que les gilets jaunes réclament le droit à une vie décente et qu'il ne leur est donné que des miettes, les fonctionnaires obtiennent une revalorisation substantielle en contrepartie des efforts qu'ils consentent à réprimer la contestation du pouvoir qui impose une politique de régression sociale prohibée par le droit.

La répression judiciaire est proportionnelle à la répression policière.

Vincent Sizaire expose dans sont article les deux traditions juridiques qui ont animés l'évolution du droit pénal en France.

Une tradition libérale qui a promu le progrès des droits de la défense, du respect de la personne, des peines strictement nécessaires, ... ce qui caractérise " l'ordre républicain "

Un ordre républicain qui fut vite compromis et remis en cause par la dictature napoléonienne et son autoritarisme qui perdurera jusqu'à aujourd'hui pour se réaffirmer dans les lois liberticides adoptées par le pouvoir et les assemblées ces dernières années.

Emmanuel Macron ne peut plus se réclamer ni invoquer un ordre républicain, puisque la répression qu'il justifie le bafoue et l'apparente à un Etat policier, banalisant les procédures d'exception comme les "arrestations préventives" et les obstacles à l'exercice des libertés publiques.

Un pays géré comme un caserne, une prison ; duquel tous les principes qui caractérisent l'ordre républicain sont contournés ou évacués.

La répression sanglantes des gilets jaunes et le discours politique la justifiant comme censurant l'exercice des libertés publiques démontrent manifestement que la République n'existe plus en France.

C'est un ersatz.

 

 

Prolonger :

Sur le mépris du principe de légalité des délits et des peines

Une notion piégée Quand parler de « terrorisme » ?

Le 14 juillet, un homme au volant d’un camion fonçait sur la foule à Nice, tuant quatre-vingt-quatre personnes et en blessant des centaines. Le massacre a aussitôt été qualifié d’attentat « terroriste ». Mais, pour lutter efficacement contre ce type d’actes, l’emploi de ce terme a-t-il une utilité quelconque ?

(...)

En définitive, la seule raison d’être de l’infraction de terrorisme réside dans la prise en compte du mobile réel ou supposé de son auteur — à savoir la volonté de « troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ». Une incongruité juridique, dans la mesure où le mobile (6) est traditionnellement indifférent à la constitution de l’infraction : il n’apporte qu’un élément permettant d’apprécier sa gravité relative et, ainsi, de déterminer le choix de la sanction. Intégrer le mobile dans la définition d’une infraction, c’est abandonner sa détermination à une appréciation nécessairement subjective des autorités. Sauf à ce que l’auteur acquiesce sans difficultés aux motivations qu’on lui prête — des revendications officielles peuvent les exposer clairement —, leur caractérisation relève bien davantage de la conjecture que de la démonstration factuelle. En outre, définir la volonté profonde de l’individu suppose de prendre en compte des notions générales et, partant, malléables. Cela est particulièrement vrai s’agissant du terrorisme, dont la qualification suppose de démontrer chez la personne l’intention spécifique de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur — notion subjective s’il en est.

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