" Les attendus du jugement sont cinglants. Les magistrats ont souligné que Marine Le Pen, dès 2009, s’était inscrite avec « autorité et détermination » dans un système de financement frauduleux du parti. « Il ne s’agissait pas de mutualiser le travail des assistants mais de mutualiser les enveloppes individuelles allouées à chaque député pour un assistant. Il ne s’agissait pas d’erreur administrative. Il ne s’agissait pas non plus d’une incompréhension de règles européennes confuses », a noté le tribunal qui indique n’avoir eu aucun doute avant de prononcer la condamnation de neuf élus et de douze assistants parlementaires. Si l’idée d’un enrichissement personnel n’a pas été retenue, les juges ont pointé l’enrichissement du parti. Ils ont relevé un « manquement à la probité » et un « contournement démocratique ». "
« Il n’est reproché à personne d’avoir fait de la politique, ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est de savoir si les contrats d’assistants parlementaires ont reçu une exécution ou pas » et le tribunal a relevé un faisceau d’éléments matériels concordant sur lequel repose les condamnations prononcées : la chronologie des contrats, l’existence d’un lien hiérarchique entre l’assistant et le député et l’activité de l’assistant au service du parti.
Particulièrement accablant pour Marine Le Pen - qui a toujours nié être informée de ce détournement de fonds publics - le mail de juin 2014 adressé par le député européen, Jean-Luc Schaffhauser, au trésorier Wallerand de Saint-Just :
« Ce que Marine nous demande équivaut à des emplois fictifs, on va se faire allumer », alertait Jean-Luc Schaffhauser.
« Marine sait tout cela » lui a répondu Wallerand de Saint-Just.
C’est ainsi que pendant douze ans, de 2004 à 2016, le parti d’extrême droite, qui s’appelait encore le Front national, a mis en place un système pour rémunérer des permanents du parti politique avec les fonds alloués par l’Union européenne pour le fonctionnement du Parlement européen.
Une somme de 4,5 millions d’euros a ainsi été détournée.
Wallerand de Saint-Just, ancien trésorier du parti et longtemps avocat en chef du FN, est condamné à trois ans de prison dont un ferme sous bracelet, 50.000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité avec exécution immédiate.
La personne chargée de la « gestion centralisée » des contrats écope est également condamnée, ainsi que l’un des experts-comptables.
" Quand Marine Le Pen aspire à des fonctions les plus hautes de l'État, on doit être exemplaire", a réagi l'écologiste Marine Tondelier. (France info)
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