Chaos social : Une majorité de Français fait ses courses à 10 euros près

Selon un sondage Ipsos pour l’agence in-Store Media, 58 % des consommateurs ont une marge très limitée pour leurs achats du quotidien, 14 % respectant même leur budget à l’euro près. 95 % ont au moins une carte de fidélité, et un tiers au moins trois. Par Marc Lomazzi

http://www.leparisien.fr/economie/consommation/une-majorite-de-francais-fait-ses-courses-a-10-eur-pres-01-06-2019-8084226.php

Le paradoxe est flagrant. Alors que le pouvoir d’achat des ménages, en berne ces dernières années, continue de reprendre des couleurs, avec une nouvelle hausse de 0,9 % au premier trimestre 2019, les Français restent d’une prudence de sioux dès qu’il s’agit de sortir leur porte-monnaie. Et ce n’est pas l’embellie sur les salaires (+ 1,1 % sur les trois premiers mois), ni l’avalanche de mesures prises pour éteindre la crise des Gilets jaunes (prime exceptionnelle, élargissement de la prime d’activité, retour des heures défiscalisées…) qui les a fait changer d’avis.

La preuve, la consommation des ménages continue de stagner (+ 0,2 % au 1er trimestre) et les achats alimentaires ont même reflué de 1 % entre janvier et mars. Comment expliquer ce trou d’air du principal moteur de la croissance française ? Les Français ont sans doute préféré regarnir leur bas de laine et ils continuent à calculer au plus juste lorsqu’ils font leurs courses. Tel est le constat d’un sondage* réalisé par Ipsos pour l’agence marketing in-Store Media.

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Selon cette enquête, réalisée avant le 25 avril et les nouvelles annonces en faveur du pouvoir d’Emmanuel Macron (baisse d’impôts, reconduction de la prime exceptionnelle, réindexation des petites retraites…), près de six Français sur dix (58 %) font leurs achats en comptant à 10 € près. Et près d’un sur huit (14 %) calcule même à l’euro près. Un impératif prioritaire pour 67 % des 18-34 ans et 76 % des foyers percevant moins de 15 000 € de revenus annuels.

Les promos en tête des critères de choix

« Dans un contexte marqué par des crispations sur le pouvoir d’achat, l’attention portée aux prix et aux promotions reste primordiale, souligne le directeur général de in-Store Media, Romain Dublanche. Au moment de choisir un produit en magasin, la promotion arrive en tête des critères de choix à 86 % contre 70 % pour le souhait de découvrir un nouveau produit ou 63 % pour l’ambiance générale du magasin. » Quatre Français sur dix s’avouent très influencés par les promos.

« On voit qu’il y a une volonté forte de contrôle ses dépenses, insiste Romain Dublanche, puisque plus de six consommateurs sur dix ne vont s’écarter de leur liste de courses que s’ils ont oublié un produit ou pour bénéficier d’une promotion. Mais ils veulent aussi se laisser une marge de manœuvre, un sur deux s’affirmant prêt à modifier sa liste pour s’offrir un produit qui lui fait envie. »

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Une liberté de choix qui, pour beaucoup, constitue un luxe. Ainsi, 75 % des sondés déclarent évidemment vouloir privilégier les aliments jugés bons pour la santé mais, en faisant ses courses en supermarché, « plus d’un Français sur deux a déjà renoncé à un produit « sain », assure l’étude, car trop cher par rapport à son pouvoir d’achat ».

* Sondage réalisé auprès d’un échantillon constitué selon la méthode des quotas de 1000 Français interrogés par Internet du 9 au 12 avril 2019.

Les Français sont fidèles… aux cartes de fidélité

« Avez-vous la carte de fidélité du magasin ? » Cette question inlassablement répétée à chaque client lors de son passage en caisse, n’a, en fait, plus guère de sens. C’est l’une des surprises de ce sondage Ipsos : « la carte de fidélité est devenue la norme pour les consommateurs français », lit-on dans l’analyse des réponses fournies par les personnes interrogées.

Les chiffres sont éloquents : 95 % des Français ont une carte de fidélité, d’une enseigne de la grande distribution. Dans le détail, 39 % d’entre eux n’ont qu’une seule carte quand 33 % en ont deux et 29 % en alignent trois ou plus. Parmi ceux-là, il y a des cumulards puisque 6 % des sondés assurent en détenir… plus de cinq. On peut imaginer que les 5 % de Français - 11 % chez les 18-34 ans - qui n’ont pas la fameuse petite carte dans leur portefeuille y sont définitivement réfractaires ou n’en voient pas l’intérêt.

Outil de fidélisation de la clientèle, comme son nom l’indique, ses fameuses cartes suscitent, en revanche, une vraie attente chez les consommateurs. Au moment de choisir où faire ses courses, dans un supermarché, un hyper, une supérette ou un magasin de proximité, le fait de pouvoir bénéficier de réductions avec le précieux sésame est le premier critère d’appréciation des clients : 64 % le juge très important et le place en tête devant les promos de ses marques préférées (62 %), la facilité à trouver les promos dans le magasin (60 %) ou les rabais proposés sur les marques distributeurs (47 %).

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Dans les quartiers populaires, les services publics à la merci de la fracture numérique

Par Rémi SIMONET (Bondy Blog Pour Mediapart)

Ces dernières années, de nombreux habitants de Seine-Saint-Denis se heurtent à une dématérialisation massive des services publics. Dans le département le plus pauvre de France, les travailleurs sociaux s’alarment d’une fracture numérique qui risque de creuser davantage les inégalités sociales.

La précarisation des ménages va au-delà de l'alimentation en compromettant leur égal accès aux services publics garantissant l'efficacité des droits humains tels que la santé, l'instruction, etc.

Hôpital Georges-Pompidou: une mort, une plainte et les mensonges de l’AP-HP

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Aux urgences de Lons-le-Saunier, «l’équipe est anéantie»

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Aux urgences de Lons-le-Saunier, 70 % du personnel est en arrêt maladie, épuisé. Pour assurer la continuité des soins, les autorités réquisitionnent le personnel médical avec l’appui des forces de l’ordre, pour ce week-end de l'Ascension.

 

L'inertie qui provoque le drame sanitaire en France est au sommet des institutions puisque c'est  général. La Seine saint Denis n'est pas un cas isolé, même en Ile de France.

Sans parler des déserts médicaux et des ARS qui bottent en touche quant elles sont saisies.

La carte des déserts médicaux en France

Au-delà des médecins généralistes, les hôpitaux publics sont mis en concurrence avec le privé et ferment par manque d'effectifs et de moyens (donc de budget).

Agnès Buzyn serait-elle aussi " responsable mais pas coupable " ?

A rapprocher de la carte des "zones blanches" et des déserts numériques (extrait des reportages de RFI sur la " France oubliée ").

Des professionnels s'en émeuvent :

Rappel d'une des nombreuses déclarations mensongères du grand barathonien :

  • "Je veux que le système de santé soit un pilier de l'Etat providence du XXIè siècle", "C'est autour du patient que doit se construire la réponse des soignants, en proximité et coordonnée". Le ton est donné dès les premières phrases par le Président de la République lors de sa présentation, ce mardi 18 septembre, de la stratégie nationale de transformation du système de santé. " (source : L'actu des CHU)

Doit-on pour autant regretter un retard de la " Start-up Nation " quand Internet est un outil de discrimination sociale et que le numérique favorise le contrôle social ?

Ceux qui permettent d'en prendre conscience sont poursuivis et maltraités.

 

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