Philippe Poutou interviewé par la presse

Il est intéressant d'observer comment les journalistes s'adressent à Philippe Poutou invité de " .pol "

http://www.huffingtonpost.fr/2016/12/01/jean-luc-melenchon-joue-la-posture-du-sauveur-cest-un-problem/

L'intégralité de l'émission ".pol" avec Philippe Poutou :

POLITIQUE - Pas question de se ranger derrière lui dès maintenant. En lice pour 2017, Philippe Poutou ne veut pas rallier Jean-Luc Mélenchon. Invité de ".POL ", la webémission politique du HuffPost en partenariat avec Linternaute.com, Le JDD et Le Lab d'Europe 1, le candidat du NPA a tout même reconnu qu'il y a des liens.

" On est plus proche de lui car il y a un programme de défense des salariés et de la population. C'est un programme de gauche qui ressemble à celui du PS de l'époque de Mitterrand. Et la vraie pr oximité c'est celle des militants autour de Jean-Luc Mélenchon qu'on côtoie dans les manifestations et dans les syndicats ", dit-il.

Tous les deux partagent aussi l'ambition de remettre en cause le système. " Oui Jean-Luc Mélenchon est en partie antisystème vu qu'il veut remodeler la République. Mais sa remise en cause du système reste très limitée car il ne remet pas en cause le système capitaliste, il ne remet pas en cause la propriété des capitalistes sur l'économie ", déplore l'ouvrier girondin.

Il regrette aussi sa position sur la question des migrants. " Nous on est pour la liberté d'installation ", explique Philippe Poutou.

Interrogé sur une phrase de Jean-Luc Mélenchon : " Une fois que les gens sont là, que voulez-vous faire ? Les rejeter à la mer ? Non, c'est absolument impossible. Donc il vaudrait mieux qu'ils restent chez eux ", écrite dans son livre Le choix de l'insoumission ; Philippe Poutou réagit : " On se dit 'Eh merde, si la gauche de gauche elle peut pas exprimer une totale solidarité avec les migrants, ça montre à quel point le recul des idées est dans tous les coins ".

Mais surtout, le vrai désaccord réside sur ce qu'incarne le tribun de la France insoumise. " Mélenchon, c'est moi-je. On a eu Mitterrand, on a eu Jospin, on a Hollande et il faudrait encore à gauche un nouveau politicien. Mélenchon joue la posture du sauveur. Lui l'ancien ministre... c'est ça qui est un problème pour nous. la vraie rupture serait de ne pas suivre un héros ou un sauveur ", explique Philippe Poutou.

Il n'est pas question non plus pour Philippe Poutou de jeter l'éponge et de de mettre dans la roue de Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte ouvrière qui est comme lui à la gauche de Jean-Luc Mélenchon. Même si, pour le grand public, cette coexistence est incompréhensible.

" C'est vrai qu'on a nos côtés cons. Il y a une habitude boutiquière qui donne des choses aberrantes. On aurait très bien pu discuter pour savoir si on pouvait se présenter ensemble et défendre un programme. On reconnait que cette incapacité à travailler ensemble est un problème. Mais au moins ça montrera à la présidentielle qu'il y a autre chose que les idées libérales et conservatrices ", insiste Philippe Poutou.

Dans cette émission, Philippe Poutou est également revenu sur le côté éprouvant d'une campagne présidentielle. Mais pour l'ouvrier qu'il est et qui travaille encore trois jours par semaine dans l'usine Ford de Blanquefort, " travailler à l'usine est plus fatiguant que faire campagne ".

 

NB : Sur @si à propos de la mauvaise gestion médiatique de l'information politique lors des campagnes électorales :

Chomsky : " La campagne de Trump, une version vulgaire de celle d'Obama "  -  Sanders, Clinton, Trump Tower, marketing, propagande : Chomsky sur @si

Gazette d'@rrêt sur images, n° 468

Oui, Noam Chomsky chez nous. Pendant une heure entière. Evidemment, à propos de l'élection de Trump, de ce qu'elle révèle, de ce qu'elle occulte, et du rôle des medias, nous avons sauté sur son passage à Paris pour l'inviter. Comment nous avons réussi à "kidnapper" le philosophe et linguiste sans doute le plus influent au monde, que l'Assemblée Nationale, le même jour, a éconduit sans ménagements, je vous le raconte dans le "making of" de l'émission. Reste l'essentiel : que retenir de cette heure foisonnante et, par certains aspects, inattendue ?

Autant vous prévenir tout de suite : ceux qui attendent de cette émission une critique radicale de la presse américaine seront déçus. Chomsky ne la juge pas si mauvaise, cette presse, par ailleurs vigoureusement accusée pour avoir "manqué" le phénomène Trump, et avoir été impuissante à le contrer. En progrès, même, juge-t-il, depuis les années 60, quand elle soutenait aveuglément la guerre du Vietnam. C'est sur d'autres points, qu'il nous remet les pendules à l'heure. Sur la capacité générale à occulter l'essentiel (le déréglement climatique) au profit de l'anecdotique. Ou encore, sur la comparaison des campagnes de Trump et d'Obama en 2008, qu'il ne juge pas, sur le fond, si éloignées l'une de l'autre. Un modéré, Noam Chomsky ? A vous de dire. Notre émission est ici (1).

Daniel Schneidermann

Noam Chomsky La Fabrication du Consentement partie 1 - YouTube

Les nouveaux chiens de garde Serge Halimi

Le réalisateur de "Les nouveaux chiens de garde" sur France 3

Les éditocrates - Olivier CYRAN, Mona CHOLLET, Sébastien FONTENELLE, Mathias REYMOND

Pierre Bourdieu. Sur la télévision - YouTube

 

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