Et si le vainqueur du Brexit était... New-York ? (ou Chicago)

Les banques et les assurances de la City prévoient déjà de se relocaliser après le Brexit aux USA, notamment à Chicago. Les Echos : " Brexit : les 10 questions qui inquiètent la finance européenne " Thibaut Madelin Alexandre Counis Guillaume Benoit Edouard Lederer Laurent Thevenin Anne Drif Le 28/11 à 07:00 Mis à jour le 29/11 à 16:42

https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0600207080951-brexit-les-10-questions-qui-se-posent-a-la-finance-europeenne-2225408.php

Et si le vainqueur du Brexit était... New-York ?

Les Etats-Unis pourraient également sortir gagnant du Brexit. Si les autorités européennes réussissent à imposer une relocalisation en zone euro de la compensation des produits dérivés libellés en euros, traitée aujourd'hui à Londres, les banques américaines ne suivront pas forcément. Elles se tourneront plutôt vers le CME, la Bourse américaine des dérivés basée à Chicago, et ses chambres de compensation locales. Celles-ci bénéficient en effet de la reconnaissance mutuelle de l'UE. Elles pourront continuer à optimiser leurs positions en euro et en dollar. « Si un jour, nous ne pouvons plus compenser nos opérations en euro à Londres, nous ne le ferons ni à Paris ni Francfort mais à Chicago », souligne le gérant d'un grand fonds américain.

Du côté des banques, certains dirigeants ne s'en sont pas cachés quelques mois seulement après le référendum britannique de 2016. « Démanteler l'écosystème complexe de la City pour le rassembler au sein de l'Union, tel un jeu de Lego, ferait perdre dix ans aux projets de développement des marchés financiers européens. [...] Les deux camps auraient beaucoup à y perdre et l'objet tant convoité pourrait s'envoler vers d'autres cieux... peut-être même à New York », a averti le président de Morgan Stanley, Colm Kelleher . Des menaces pour l'heure qui n'ont pas été mises à exécution dans les salles de marché.

Alexandre Counis (à Londres), Guillaume Benoit, Anne Drif, Edouard Lederer, Laurent Thévenin, Sharon Wajsbrot

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Prolonger :

Le Brexit est né dans une morne pizzeria du terminal 3 de l'aéroport de Chicago

Osita Nwanevu — Traduit par Florence Delahoche — 27 juin 2016 à 16h59

C'est dans un fast-food, en 2012, que David Cameron aurait pris la décision d'appuyer un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne.

 

À en croire Parker et Barker, le référendum qui a conduit à la démission du Premier ministre britannique, à l’effondrement de la livre sterling, à la panique sur les marchés mondiaux et qui pourrait mener à une récession ainsi qu’à la dissolution de l’Union européenne, voire du Royaume-Uni lui-même –union trois fois centenaire qui fut jadis à la tête du plus grand empire que l’humanité ait jamais connu– s’est décidé autour d’une part de pizza dans un aéroport de Chicago.

Parker et Barker ne sont pas les seuls à avoir décrit ce sommet de la pizza.

En août dernier, Anthony Seldon, du Daily Mail faisait aussi allusion à une réunion entre Hague et Cameron à O’Hare:

«Mais au printemps 2012, la pression qui pèse sur Cameron pour organiser un référendum est quasiment impossible à contenir. D’abord réticent, Osborne finit par céder. Et le 21 mai, dans le cadre improbable d’une pizzeria de l’aéroport O’Hare de Chicago, l’affaire est conclue. Cameron s’attable avec William Hague et ils conviennent ensemble de proposer un référendum avant la fin 2017. Osborne a encore quelques réserves. Mais Cameron ne peut attendre plus longtemps et le référendum est officiellement annoncé.»

Comme on pouvait s’y attendre, les réactions à ce Brexit décidé à la hâte dans un fast-food d’aéroport à des milliers de kilomètres du 10 Downing Street ne furent pas tendres.

Cameron's political undoing began at O'Hare.#EUref https://t.co/gTbn7iRZl5

— Carl Quintanilla (@carlquintanilla) June 24, 2016

(La débâcle politique de Cameron a débuté à O’Hare.)

david cameron glumly chews his gelatinous o’hare pizza. “this pizza,” he thinks, "this pizza is technocratic globalization."

— Whet Moser (@whet) June 24, 2016

(David Cameron mâchant un morceau de pizza gélatineux à O’hare. «Cette pizza, pense-t-il, cette pizza, c’est la mondialisation technocratique»).

O’Hare does make one sometimes contemplate suicide but never on a national level https://t.co/4z0tE3LBJm

— Joel Braunold (@braunold) June 24, 2016

(Je savais que O’Hare pouvait donner des envies de suicide, mais pas au niveau national)

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