Google a transféré 20 milliards d'euros aux Bermudes en 2017

L'entreprise profite d'un montage fiscal avantageux, avant que celui-ci ne soit totalement interdit. Une astuce qui lui a permis d'accumuler des dizaines de milliards de dollars en quelques années. Par Elisa Braun Publié le 04/01/2019 à 19:37

http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2019/01/04/32001-20190104ARTFIG00294-google-a-transfere-20-milliards-d-euros-aux-bermudes-en-2017.php

Google continue d'amasser un trésor de pirate aux Bermudes. Le géant du numérique a transféré en 2017 quelque 19,9 milliards d'euros vers le paradis fiscal en s'appuyant sur une société écran aux Pays-Bas, d'après des documents déposés à la Chambre de commerce néerlandaise et publiés par le quotidien financier local FD. Google s'appuie depuis plusieurs années sur cette succursale européenne pour faire transiter ses bénéfices en dehors des États-Unis vers Google Ireland Holdings, une filiale basée aux Bermudes, où les entreprises ne paient pas d'impôt sur les bénéfices. Ce système appelé «Double irlandais et sandwich hollandais» lui a permis de mettre de côté 15,9 milliards d'euros en 2016, 15,5 milliards en 2015, 12 milliards en 2014... Au total, plusieurs dizaines de milliards d'euros ont été accumulées aux Bermudes. Si ces bénéfices avaient été imposés en Irlande, Google aurait dû payer un taux de 12,5% de chaque somme mise de côté.

Un montage bientôt interdit

«Google, comme d'autres sociétés multinationales, s'acquitte de l'essentiel de ses impôts sur les bénéfices dans son pays d'origine et nous avons réglé un taux d'impôt effectif mondial de 26% au cours des 10 dernières années.» se défend la société dans un communiqué. Les pratiques fiscales du géant ont beau être légales, elles restent très contestées. Sous la pression de l'Union européenne et des États-Unis, l'Irlande a décidé en 2014 de mettre un terme à ce montage fiscal en 2020. Google a donc encore un an pour en profiter.

Ce n'est pas la seule ombre au tableau pour Google. En 2018, une loi américaine sur l'impôt a fait passer le taux d'imposition de 35% à 21% mais a créé de nouvelles taxes sur certains revenus de l'étranger. Google les a anticipés dès 2017 en prévenant ses actionnaires qu'il augmenterait les provisions afin de payer d'éventuels redressements. En Europe, la taxation des GAFA est un sujet encore plus brûlant: les entreprises du numérique comme Google mais aussi Apple, Microsoft ou Amazon paient en moyenne 9 % d'impôt en Europe, là où les autres sont imposés à hauteur de 23%.

» LIRE AUSSI - Pourquoi l'Europe peine à s'accorder sur la «taxe Gafa»

Sans attendre un accord européen à ce sujet, la France va imposer une taxe sur le chiffre d'affaires des Gafa, qui pourrait lui rapporter 500 millions d'euros par an. L'administration française avait déjà tenté de lui infliger un redressement fiscal de 1,1 milliard d'euros en 2014, mais Google a réussi à faire annuler la sanction en justice. L'an passé, Google a réussi à faire baisser son taux d'imposition de 8,7%. La société n'a donc payé en 2017 que 14,1 millions d'impôts sur ses bénéfices, d'après l'Express. La société a déclaré un chiffre d'affaires de 325 millions d'euros la même année.

 

 

La rédaction vous conseille

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.