Yannick Jadot pour la culture d'entreprise et l'économie de marché

Favorable "à la libre entreprise et l'économie de marché", Yannick Jadot martèle son envie d'une "écologie positive, pragmatique", se concentrant sur les solutions concrètes comme les éoliennes en mer, la rénovation thermique des logements ou les cantines bio. "Les réalistes c'est nous, et ce qui est dogmatique c'est le charbon, le nucléaire, les pesticides", affirme-t-il à l'AFP.

https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/de-la-contestation-a-l-ecologie-realiste-eelv-en-pleine-mue-221f02efef7237c8f19aaf1d9cb3416e

M. Jadot entend placer le "pôle écologiste" au centre du débat, entre "le pôle productiviste" englobant PS, LR et LREM et "le pôle populiste" représenté par le RN et LFI.

Bref, pour Yannick Jadot, "l'écologie ce n'est pas la gauche". Pour autant, souligne David Cormand, l'évolution d'EELV doit naturellement le conduire à placer ses concurrents de gauche sous son "leadership d'opposition au libre-échange et à l'extrême droite": "Pendant 40 ans ça a été le PS, puis Mélenchon a choisi l'hégémonie plutôt que le choix du rassemblement. Qui reste-t-il pour porter la responsabilité du leadership? Nous. Au XXIe siècle, ça va être à l'écologie politique de jouer le rôle des grandes matrices".

Depuis quelques jours, les sondages semblent confirmer qu'un "coup" est possible: EELV est au coude à coude avec La France insoumise, la dépasse parfois, au point que certains se prennent à rêver de rattraper Les Républicains. Le signe que la stratégie paye, estiment les cadres du parti.

D'autres se montrent sceptiques. "Il peut très bien y avoir un bon score aux Européennes, mais l'appareil du parti est en piteux état. Pour les municipales ça va être très compliqué", avance Pierre Serne, auteur de "Des Verts à EELV, 30 ans d'écologie politique" (Les Petits matins, 2014), cadre historique d'EELV passé chez Générations.

"Je ne suis pas persuadé que le pragmatisme écolo à l'allemande puisse marcher en France", ajoute-t-il, la culture écologiste hexagonale étant davantage imprégnée par "la question sociale, la défense des services publics et des migrants".

Les propos de M. Jadot sur les "gilets jaunes", selon qui "il faut que les manifestations du samedi s'arrêtent", ne font d'ailleurs pas l'unanimité en interne. "Il faut arrêter la violence mais pas leur dire d'arrêter de manifester", grince Michèle Rivasi, numéro 2 sur la liste EELV, auprès de l'AFP; "je me réjouis que les gens se réunissent pour manifester", glisse Julien Bayou.

Une contradiction logique pour Manuel Bompard, qui copilote la liste LFI: EELV veut "attirer les déçus du macronisme", "un électorat de classes moyennes supérieures et urbanisées, peu intéressé par la dimension sociale".

"Les écolos sont en train de passer d'une vision doctrinale, presque romantique, à une vision plus réaliste qui assume de manier les leviers de décision", salue de son côté le député et secrétaire national à l'Agriculture au PS Dominique Potier.

 

Prolonger :

Ce matin, sur France Culture, Clémentine Autain dénonce l'amalgame d'associer RN et LFI sous l'appellation "populisme" en précisant que c'est abusif et mensonger puisqu'il n'y a rien de commun entre les programmes et les idées de l'extrême-droite et la France insoumise.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.