Eric Zemmour démontre la nullité de la chronique politique en France

La presse affirme partout et reprend en choeur que Zemmour obtiendrait 13% des voix, mais ne s'étonne pas de ce score alors qu'il n'a aucun programme. C'est démontrer que les Français votent pour n'importe qui et n'importe quoi, du moment que la presse le dit. Pour preuve, l'élection d'Emmanuel Macron qui affirmait que le programme n'est pas important. Son bilan désastreux démontre le contraire.

Emmanuel Macron a été élu sans programme ou presque, et surtout sans critique sérieuse de ce programme, tout comme les autres candidats. L'abdication intellectuelle des journalistes a permis de voir s'opposer au second tour des élections présidentielles françaises un candidat sans programme à une candidate avec un programme complètement incohérent. Et de lire la possibilité que se rejoue un scénario identique en 2022.

Voilà donc comment se fabrique la politique en France avec un quatrième pouvoir encore plus nul que les autres. La cause de la démocratie à basse intensité est dans cette absence de critique rigoureuse des programmes et d'une information sur l'état réel du pays, de ses inégalités sociales et économiques, en termes de revenus, de patrimoine, de redistribution des richesses du travail, d'accès aux soins, d'accès à un logement décent, d'accès à l'instruction, d'accès au travail, aux communications, aux services publics, etc.

La promotion d'un Eric Zemmour sans programme incarne bien cet escamotage de l'information essentielle de l'électorat.

On trouve un personnage et on l'habille, sans se préoccuper de l'état réel du pays et des mesures à prendre pour corriger les inégalités sociales qui menacent l'unité et l'adhésion des populations aux formes démocratiques des institutions.

Les électeurs sont plus appelés à parier sur un candidat - comme on parie aux courses sur un cheval - qu'à choisir un programme pertinent pour garantir le bien-être général qui est le but d'une société démocratique moderne.

La promotion médiatique d'Eric Zemmour - comme de n'importe quel autre candidat dans les mêmes formes - est un exemple de ce que produit l'inertie de la médiocrité qui fait le lit du fascisme mou du mépris et de l'indifférence et favorise de violence institutionnelle à tous les niveaux.

Lire à ce sujet l'article de Clotilde de Gastines : Maltraitances dans un institut pour enfants sourds: les tutelles regardent ailleurs

La couverture médiatique d'une candidature d'Eric Zemmour fait la démonstration de l'ineptie dominante des médias qui ont pareillement vendu Macron en 2016/2017 :

Les Guignols de l'info n'ont pas disparu. Vincent Bolloré a seulement censuré leur copie parodique. Bientôt une campagne de presse sur la candidature de Dupont de Ligonnès ?

Sinon, plus sérieusement, quand les médias se préoccuperont-ils réellement de l'information de l'électorat en lui permettant de connaître la réalité de la situation sociale et économique du pays au jour le jour et apprécier les disparités à corriger ?

La presse financière propose des tableaux synthétiques quotidiens avec un historique de 10 ans pour les boursicoteurs.

Il est anormal que ce qui est possible de faire pour 1% de la population, pour spéculer, n'est pas possible à réaliser pour les 99% autres alors qu'il s'agit de les informer sur le choix et l'avenir de la société. C'est un scandale.

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