Destruction de Beyrouth : et les ports français ?

L'Orient-Le Jour ouvre l'accès à l'intégralité de son site pour l'information sans restriction des lecteurs sur le terrible drame industriel - lié au transport maritime - qui frappe un Liban déjà saccagé par une classe politique corrompue indifférente aux Libanais. Les explosions en sont une conséquence. Elles interrogent aussi l'exécutif sur la sécurité des ports français.

https://www.lorientlejour.com/article/1228278/en-raison-du-drame-survenu-au-liban-lorient-le-jour-ouvre-lintegralite-de-son-site.html

 

Mise à jour :

De Beyrouth à l’île Maurice, le problème de la dérégulation du transport maritime  Par Lucie Delaporte

 

Prolonger :

Les piliers du système libanais s’effondrent OLJ / Par Maha YAHYA, le 25 juillet 2020

Huit mois après le début d’une crise multifactorielle qui menace les fondations du Liban, sa classe politique n’a toujours pas pris de véritable mesures afin d’enrayer l’effondrement à venir. Couvrant leurs mises sur un système qui n’est déjà plus, les politiciens libanais ont opté pour la logique perverse du « business as usual » et poussent le pays au bord du précipice.

Petit rappel à Hassane Diab OLJ / Par Michel TOUMA, le 04 août 2020

« Ô temps ! Ô mœurs! » Ce cri du cœur attribué à Cicéron, qu’il aurait lancé pour dénoncer les comportements de certains hommes politiques de son époque, résume de façon éloquente – en le transposant à la situation actuelle qui sévit au Liban – les pratiques du pouvoir en place. Il reflète aujourd’hui une réalité amère dans laquelle se débattent les Libanais et que le ministre sortant des Affaires étrangères Nassif Hitti a relevée avec amertume.

 

"Nous avons alerté six fois la justice sur la dangerosité du nitrate d'ammonium. En vain" , affirme le directeur des douanes

"Chaque carton qui est entreposé dans le port de Beyrouth relève de la responsabilité de la direction de ce port",selon Badri Daher. OLJ / Par Matthieu KARAM, le 05 août 2020

(...)

"La justice ne nous a pas écoutés"

Une version confirmée à L'OLJ par Badri Daher. "Sa cargaison avait été déchargée suite à une décision de justice. Cette cargaison de nitrate d'ammonium était stockée dans le hangar numéro 12 du port de Beyrouth", explique-t-il. Celui-là même qui a explosé hier. Dans une déclaration aux médias un peu plus tôt, M. Daher a également confirmé qu'il y avait effectivement "un entrepôt de feux d'artifices" à côté de l’entrepôt de nitrate d’ammonium qui a explosé.

"Nous avons alerté la justice à six reprises, entre 2014 et jusqu'à récemment, sur la nécessité de ré-exporter cette marchandise hors du pays, mais la justice ne nous a pas écoutés", s'emporte le directeur des douanes, joint par téléphone. "Il ne s'agit pas d'une question relevant des douanes, car cette marchandise était stockée dans un hangar du port de Beyrouth. Ces hangars sont dirigés et exploités par la direction du port. Et cette direction est sous la tutelle du ministère des Travaux", affirme Badri Daher.

 

Démission du député Marwan Hamadé

L'ancien ministre réclame une enquête internationale sur la double explosion au port de Beyrouth. 

 

" Le port de Beyrouth n’est plus opérationnel et ne le sera pas pendant un moment "

Il ne reste que les capacités du port de Tripoli, dont le terminal conteneur est opérationnel depuis 2017, sont encore sans commune mesure avec celles de Beyrouth.

Beyrouth, ville dévastée

Le nitrate d'ammonium a causé de nombreuses explosions accidentelles à travers le monde

Selon Hassane Diab, environ 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium étaient stockées dans l'entrepôt du port de Beyrouth qui a explosé.

En première ligne de la déflagration, des hôpitaux de Beyrouth dévastés

Dans l'hôpital Saint Georges d'Achrafieh, treize personnes sont décédées lors de l'explosion, dont quatre membres du personnel soignant.

Le bilan sinistre et toujours provisoire : au moins 100 morts et près de 300.000 sans-abris

Selon le ministre de la Santé, le pays est "en pénurie de tout ce qui est nécessaire pour porter secours" aux victimes et les soigner.

Après l'explosion à Beyrouth, EDL, en première ligne, fonctionne sans réelle direction

Un des bâtiments les plus durement touché par la double explosion de mardi, au port de Beyrouth, est celui de l'Electricité de Beyrouth (EDL), situé en face du port. Mercredi, il n’y avait quasiment plus un mur debout à tous les étages.

Selon une source à EDL, l’établissement public fonctionne sans réelle direction. Le directeur de l’établissement public, Kamal Hayek a été hospitalisé après que le faux plafond des locaux s'est effondré sur lui. La responsable de la communication, Marie Tawk, a succombé au souffle de l’explosion qui a détruit les locaux de l’établissement public à Beyrouth.

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France culture :

Une explosion catastrophique à Beyrouth achève l'engouffrement du Liban 

En direct depuis Beyrouth, la journaliste Sahar Al Attar revient sur l'explosion qui, dans la soirée du 4 août 2020, a dévasté la capitale du Liban. Un coup de grâce pour ce pays déjà engouffré dans la crise économique, sociale, politique, et sanitaire la plus profonde de son histoire.

Le chaos libanais

L'impéritie politique est mise en cause dans l'explosion du dépôt de nitrate d'ammonium ayant détruit Beyrouth. C'est le dernier épisode d'un système fini, qui ne peut plus fonctionner, avec une classe politique incapable de gérer quoi que ce soit et à qui il ne faut plus donner le moindre oxygène. Aucune mesure de protection n'a été prise pendant des années pour protéger les Libanais qui réclament la fin du système communautaire qui a provoqué ce drame en plus d'une situation économique, sociale et sanitaire en faillite qui ne se maintient que par le soutien de la communauté internationale (Agnès Levallois à p. de 26'46") Nadim Houry - porte-parole du think tank Arab Reform Initiative à Paris - dénonce la négligence criminelle des dirigeants, d'une classe politique corrompue et meurtrière - la plupart d'entre eux sont des criminels de guerre qui auraient du être jugés en 1990. Il appelle la communauté internationale à débarrasser les Libanais de cette classe politique et les soutenir pour leur garantir enfin un bien-être général (à p. de 21'37").

Selon le journal de 12h30 de France culture (à p. de 5'20")

Les 2750 tonnes de nitrate d'ammonium sont la cargaison d'un bateau venant de Géorgie qui était présent dans le port de Beyrouth depuis 2013 où il a été obligé de s'arrêter pour des problèmes techniques. Il devait rejoindre le Mozambique. Inspecté et vu son état, le navire est bloqué et a interdiction de reprendre la mer. Un compagnie de droit chypriote détenue par des Russes est propriétaire du bateau. Les destinataires de la cargaison demeurent inconnus. Le bateau et l'équipage sont restés bloqués à Beyrouth et le propriétaire a rapidement abandonné le navire. Les autorités portuaires ont alors décidé de décharger la cargaison en raison de sa dangerosité mais reste stockée dans des conditions insuffisantes de sécurité.

 

SUD OUEST :

Au confluent des risques à Ambès (33)  (à 20 km de Bordeaux)

Six entreprises Seveso II sont en activité dans ce périmètre très restreint.

Quiconque y pointe son nez en revient fasciné. La dernière phalange de terre séparant Dordogne et Garonne. La pointe d’Ambès conjugue une atmosphère de bout du monde crusoesque et une réalité industrielle qui en fait le secteur le plus dangereux de la Gironde ou presque. Des panoramas magiques sur rivière et fleuve mais visions rythmées par les cheminées, les cuves et les conduites de gaz.

Terre exclusive d’élevage et de culture, il y a encore quarante ans, la pointe d’Ambès est aujourd’hui une zone à hauts risques technologiques : incendie, explosion, pollutions environnementales ou toxiques. Six entreprises classées Seveso II seuil haut s’y côtoient en effet sur quelques kilomètres carrés et font aujourd’hui l’objet d’un plan commun de prévention des risques technologiques (PPRT).

Risques multiples

« On se dit parfois en se réveillant qu’on aurait pu exploser cette nuit », dit en souriant un Ambésien d’un hameau proche de l’une d’entre elles. (...)

 

HUFFTINGTON POST :

Carte : les sites de stockage de nitrate d'ammonium les plus surveillés en France

En France ainsi 16 sites de stockages de nitrate d’ammonium sont classés Seveso seuil haut comme vous pouvez le découvrir sur [la] carte ci-dessous : (voir site)

Les stockages de nitrate d’ammonium concentré relèvent du statut Seveso seuil bas à partir de 350 tonnes de nitrate d’ammonium et du statut Seveso seuil haut à partir de 2500 tonnes (des quantités plus basses s’appliquent néanmoins pour certaines formes particulières de nitrate d’ammonium) ”, explique le ministère (...)

Si ces 16 sites sont classés seuil Seveso haut, d’autres lieux voient passer des quantités importantes de nitrate d’ammonium à l’instar du port de Saint-Malo, détaille [France Bleu Armorique]. Chaque année, c’est près de 40 à 60.000 tonnes qui y sont déchargées. Selon la sous-préfecture, contactée par le site d’information, il n’y a jamais plus de 7500 tonnes de nitrate d’ammonium dans le port en même temps. (...)

 

L'exposition au risque que provoque le transport maritime

Les navires poubelles dans le collimateur de l'Europe

Plusieurs experts estiment que 10 à 15 % de la flotte peuvent être considérés comme " à risque ".

UE : Transports maritimes: règles de trafic et de sécurité

Plusieurs directives et règlements de l’Union ont considérablement amélioré les normes relatives à la sécurité des transports maritimes ces dernières années. Cela est plus particulièrement dû aux trois paquets législatifs qui ont été adoptés après les naufrages de l’Erika et du Prestige.

Un bateau-poubelle qui croupit dans le port de Sète depuis 10 ans va être démantelé

L’unification du droit maritime - Massimiliano Rimaboschi :

10 leçons non apprises de la catastrophe du Prestige

Les ports, un levier de compétitivité pour la chimie française

Top 100 des usines du secteur Chimie en France

 

Les catastrophes à cause des bateaux poubelles

Affaire du Probo Koala

Erika (pétrolier)

 

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