L’UE soupçonne Daimler, Volkswagen et BMW d’entente sur les normes antipollution

La Commission européenne soupçonne les trois constructeurs automobiles allemands d'entente concernant les normes anti-polluantes. Les faits remontent avant l'éclatement de l'affaire sur les moteurs truqués de Volkswagen en 2015.

http://www.rfi.fr/economie/20190407-ue-soupconne-daimler-volkswagen-bmw-entente-normes-antipollution

C'est un nouveau coup dur pour l'industrie automobile allemande. D'après Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la Concurrence, Daimler, Volkswagen et BMW ont sciemment, et en concertation, retardé la mise en œuvre de technologies permettant la réduction des émissions polluantes. Une sorte de cartel mis en place par les constructeurs entre 2006 et 2014 et qui aurait faussé les règles de la concurrence.

Selon Bruxelles, les consommateurs européens n'avaient pas la possibilité d'acheter des véhicules équipés des meilleures technologies possibles.

A ce stade, les griefs ont été communiqués aux constructeurs. Ils sont invités à préparer leur défense. De grosses amendes sont en vue, comme dans presque chaque enquête de ce type menée par Bruxelles.

BMW a fait savoir qu'il avait déjà mis de côté un milliard d'euros à cet effet et que cette provision aurait un impact négatif sur le premier trimestre 2019. Le constructeur indique dans un communiqué qu'il contestera les allégations de Bruxelles avec tous les moyens qui sont à sa disposition.

 

Prolonger :

Volkswagen ne fêtera pas... son 75ème anniversaire

Le 26 mai 1938, Adolf Hitler posait la première pierre de l'usine de Wolfsburg, berceau de Volkswagen. Le troisième constructeur auto mondial passera évidemment sous silence un 75ème anniversaire bien gênant.

Esclaves chez Audi au temps des nazis

Vingt ans après Daimler-Benz et Volkswagen, Audi va enfin faire toute la lumière sur son passé nazi. C'est le dernier des constructeurs automobiles allemands à avoir ouvert ses archives aux historiens. Révélé par le magazine économique « Wirtschaftswoche », ce rapport de plus de 500 pages sera très embarrassant en termes d'image. Audi, l'un des employeurs préférés des Allemands, avait atteint un niveau d'implication pratiquement inégalé dans le système des camps de concentration.

"EBIT macht Frei" : le slogan de très mauvais goût du patron de Volkswagen

Herbert Diess s'exprimait mardi devant des centaines de cadres lors d'une réunion annuelle sur les résultats du groupe allemand.

Un "choix de mots très malheureux". Le patron du groupe allemand Volkswagen a présenté ses excuses ce mercredi après avoir détourné mardi, lors d'une réunion annuelle, le slogan nazi inscrit à l'entrée d'Auschwitz, "Arbeit macht frei" ("le travail rend libre"), pour commenter la mauvaise rentabilité de son entreprise. 

Diesel : Volkswagen, Daimler, BMW et Bosch accusés d’expérimentations sur des singes et des humains

Par Nicolas Meunier le 29.01.2018 à 14h20

Les constructeurs automobiles allemands Volkswagen, Daimler et BMW, ainsi que l’équipementier Bosch sont au cœur d’un scandale concernant des tests d'émissions de gaz diesel effectués sur des singes mais aussi des humains.

BMW : la famille Quandt rattrapée par son passé nazi Par Nathalie Versieux  

Selon ce documentaire, les Quandt ont en effet les mains très sales. Membre du parti nazi, le NSDAP, dès 1933, Günter Quandt (1881-1954) utilise dès les années 30 les relations que lui assure le remariage de son ex-épouse Magda avec Goebbels, le chef de la propagande de Hitler.

Sans scrupule. Propriétaires de l'usine d'accumulateurs AG Afa (future Varta), les industriels sont devenus un rouage incontournable de la machine de guerre nazie. Les usines tournent à plein régime. Sous-marins et bombardiers sont tous équipés d'accumulateurs sortis du site de Hagen, près de Hanovre. Le personnel est fourni par les camps de concentration de Stocken et travaille sans protection. «Quarante camarades ont été déportés ici avec moi, se souvient Car-Adolf Soerensen, un ancien résistant danois aujourd'hui âgé de 82 ans. Six sont morts pendant les trois premiers mois. Au camp de Stocken, on meurt en six mois , disaient les SS aux nouveaux venus. Tout ça n'est jamais sorti de ma tête. J'en rêve toujours.» Les archives retrouvées par les auteurs du documentaire témoignent que Herbert Quandt, alors directeur du personnel du site, estime à 80 nouveaux prisonniers par mois ses besoins en personnel.

Günter Quandt utilise aussi sans scrupule ses relations pour se débarrasser de ses concurrents. Les entreprises de Juifs sont «aryanisées» et les non-Juifs contraints de céder leurs actions à Quandt. Ceux qui résistent, comme l'industriel luxembourgeois Laval, sont arrêtés. A la fin de la guerre, Günter Quandt figure sur la liste «M» (pour Mitläufer, ou sympathisant), moins compromettante, dressée par les Alliés. A la différence d'autres grands patrons du IIIe Reich, tels que Flick ou Krupp, Quandt ne sera pas inquiété par la justice alliée. Les documents, pourtant accablants, qui se trouvent en possession des Britanniques ne sont jamais parvenus aux juges de Nuremberg. Les Britanniques, estiment les auteurs du film, ont à leur tour besoin des usines de Günter Quandt : grâce aux soutiens dont il disposait à Berlin, l'industriel avait pu maintenir ses sites en état de marche, malgré les bombardements alliés. Au début des années 50, la dénazification n'est plus prioritaire aux yeux des Alliés, dans un contexte de guerre froide naissante.

Les Quandt sont les derniers grands industriels allemands à ne pas avoir encore fait toute la lumière sur leur passé. «Les reproches formulés contre notre famille nous ont émus», ont indiqué les héritiers pour justifier leur décision d'ouvrir les archives de la famille suite au vif débat provoqué par le documentaire. Leurs détracteurs font valoir eux que les Quandt n'avaient guère le choix s'ils ne veulent pas porter ombrage à l'envol de BMW aux Etats-Unis.

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