Martine vit depuis onze ans à Allex, dans la Drôme, son conjoint Vincent y habite depuis vingt-six ans. D’origines belges, ils venaient de Bruxelles avant d’habiter en France. Au moment de demander la nationalité française, ils ont découvert les petites surprises de l’administration hexagonale, rapporte Sud Info ce mardi, cité par La Voix du Nord. Leur demande de naturalisation a été déposée une première fois en 2022. Mais elle a été refusée pour cause de maîtrise insuffisante de la langue.
Pourtant, le couple est francophone. Vincent travaille depuis 1999 chez Saint-Jean, la célèbre entreprise de fabrication de ravioles. Avec sa compagne, ils sont diplômés d’établissements en langue française. Déçus par le refus de naturalisation, ils recommencent la procédure en passant un test officiel de français en février 2024, puis un entretien d’assimilation à Grenoble. On leur promet alors un courrier. Depuis, Vincent et Martine n’avaient plus de nouvelles.
En novembre 2025, Vincent se connecte sur le site de naturalisation… et découvre qu’il est Français depuis un décret du 26 juillet 2024. « Je vois donc mon nom parmi les personnes naturalisées. J’étais Français sans le savoir depuis presque un an et demi ! Aucun courrier ne m’avait été envoyé : ni l’acte de naissance, ni la convocation à la cérémonie d’accueil dans la citoyenneté française », témoigne-t-il au Parisien.
Martine a aussi été naturalisée. Son numéro d’identification avait été changé sans qu’elle en soit informée, ce qui l’empêchait de consulter le résultat en ligne. « À la suite de notre entretien final, l’administration s’est trompée en parlant de courrier et aurait dû dire que tout se faisait sur Internet, déplore son conjoint. On a reçu des tonnes de témoignages de personnes européennes, dans la même situation que nous, qui étaient désespérées face à la nature kafkaïenne des démarches. »
Plus besoin de cybercriminels pour hacker le ministère de l'intérieur...