Turquie accusée d’envoyer des esclaves sexuelles kurdes pour les combattants en Libye

Des femmes kurdes auraient été transférées en Libye pour servir d’esclaves sexuelles auprès des combattants pro-turc. Ces femmes seraient enlevées depuis le début de l’occupation de la ville d’Afrin au nord-ouest en 2018. Leur sort restait à ce jour inconnu. La Turquie a une obligation d'enquêter de manière efficace. Elle a ratifiée la Convention européenne des droits de l'homme.

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210109-la-turquie-accus%C3%A9e-d-envoyer-des-esclaves-sexuelles-kurdes-pour-les-combattants-en-libye

C’est une députée turque de l’opposition qui a donné l’alerte au début de cette semaine. Tulay Hatimogullari, membre du parti démocratique populaire (HDP), a appelé le Parlement à mener une enquête sur la disparition de ces de femmes kurdes avant de questionner les autorités turques sur leur responsabilité dans le transfert de ces femmes en Libye pour servir comme « esclaves sexuelles » auprès des combattants pro-turc.

Elle a exigé du chef de la diplomatie de son pays, Mevlut Çavusoglu, de faire toute la lumière sur le sort de ces femmes. « Votre ministère est-elle au courant de ses exactions ? » a-t-elle demandé assurant qu’elle avait recueilli des témoignages.

Appel à une réaction européenne ou américaine

De son côté, Sinam Mohamad, la représentante du Conseil démocratique syrien à Washington, dénonce le 6 janvier le transfert obligé vers la Libye de ces femmes enlevées arbitrairement à Afrin. Ces agissements « ne sont pas différents » affirme-t-elle « de celles de l’organisation État islamique ».

Sinam Mohamad a adressé un appel aux États-Unis et à l’Union européenne pour participer à une commission d’enquête internationale sur cette affaire pour que « justice soit faite » et pour que « les criminels de guerre soient punis ».

 

►À écouter aussi : Orient hebdo - Pour ne pas oublier les Kurdes et le Kurdistan

 

Prolonger

Disparition forcée

Syrie: Afrin passe sous contrôle turc 18 mars 2018 Par Jean-Pierre Perrin

Encerclés par l’armée turque, les combattants kurdes, qui avaient promis de défendre la principale localité de l’enclave kurde, rue par rue, maison par maison, pierre par pierre, ont quitté la ville. Quelque 150 000 civils ont déjà fui l’enclave.

Pillages, exactions et déplacements de population: le triste bilan de l’occupation turque à Afrin 19 févr. 2019 Par Nicolas Cheviron

Au moment où la Turquie se dit prête à envahir le nord-est de la Syrie pour en chasser l’administration autonome kurde qui la gouverne, témoins et ONG dressent un sombre bilan de la précédente intervention turque en territoire syrien, il y a un an, à Afrin. L’enclave kurde est désormais occupée par les troupes d’Ankara et divers groupes armés syriens.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L’auteur·e a choisi de fermer cet article aux commentaires.