Jean-Yves Le Drian réclame «un nouveau contrat social» à Emmanuel Macron

Invité du «Grand Jury» RTL-Le Figaro-LCI dimanche, le chef de la diplomatie française a estimé que «l'heure des territoires est arrivée». «On ne réforme pas un pays uniquement par le haut», a-t-il lâché. (Le Drian annonce-t-il un revirement de Macron ou la cause de son prochain départ ? Le futur premier ministre ou une nouvelle démission en perspectives ?)

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Réputé pour être aussi loyal que taiseux, Jean-Yves Le Drian ne sort que très rarement de sa réserve. Pourtant, sur le plateau du «Grand Jury» RTL-Le Figaro-LCI, dimanche, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères s'est dit «inquiet» pour les institutions. S'exprimant au lendemain de «l'acte IV» de la mobilisation des «gilets jaunes», il a confirmé que le chef de l'État allait sortir de son silence «en début de semaine». «Il faut une parole forte du président», a-t-il exhorté, espérant que cette intervention suffira à «enrayer» le «mal-être» et le «sentiment profond d'inégalité» qui s'expriment depuis plus d'un mois - et «souvent avec raison».

«Je propose au président qu'il parle de la mise en œuvre d'un nouveau contrat social, (ainsi que) de la préparation de ce que doivent être le partage social (et) l'État providence au XXIe siècle», a-t-il poursuivi. Selon Le Drian, Macron devra toutefois veiller, dans sa réponse, à respecter un certain équilibre entre des ajustements de court terme et des transformations de long terme. «Il faut que le président, dans son propos aux Français, mette le cadre et annonce des mesures fortes et immédiates. (...) Ce n'est pas uniquement la question du Smic qui se pose, (mais) c'est surtout la question des charges sociales affectées aux bas salaires», a-t-il glissé.

Un virage social et un remaniement d'ampleur?

L'ex-socialiste a ensuite plaidé pour un virage social. «Ce qui nous a manqué, c'est une question de méthode. (...) Il y avait deux objectifs dans la campagne électorale du président Macron: (d'abord) faire en sorte que la compétitivité française soit au rendez-vous (...) (mais respecter) en même temps la nécessité d'une nouvelle équité. Sans doute a-t-on mis trop rapidement l'orientation sur la première partie et pas assez vite sur la seconde partie. Maintenant il faut joindre les deux. Ça sera, je pense, le sens du discours du président de la République», a-t-il lâché.

Ce changement de pied devra-t-il passer par un remaniement d'ampleur, voire un changement de premier ministre? «Je n'ai jamais fait de suppositions. (...) Je ne suis pas dans les supputations», a esquivé le ministre.

Enfin, l'ex-président de la région Bretagne s'est appuyé sur sa très longue expérience d'élu local pour tenter de sortir l'exécutif de la crise. «Je pense qu'on ne prend pas suffisamment en compte l'impact social et politique des mesures que nous sommes amenés à prendre», a-t-il regretté, citant notamment les 80 km/h. «On ne réforme pas un pays uniquement par le haut», a ensuite martelé. «Je pense que l'heure des territoires est arrivée. La France peut se ressouder dans son unité si le dialogue a lieu dans les territoires - c'est ce que le gouvernement va initier - et (...) que des solutions (émergent) à partir du territoire», a-t-il espéré.

Jean-Yves Le Drian: «Je pense que l'heure des territoires est arrivée»

 

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