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L'Europe doit soutenir le mouvement des non-alignés, le Sud global

" Le 3 janvier, les États-Unis ont agressé le Venezuela, enlevé son président (...). Face à l’impérialisme prédateur des États-Unis, de la Russie, de la Chine ou d’Israël, la France et l’Union européenne doivent fermement défendre nos valeurs et le multilatéralisme. L’Europe doit offrir une troisième voie solide aux peuples pris en étau par les empires et les carbofascistes. " *

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https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/comptes-rendus/seance/session-ordinaire-de-2025-2026/premiere-seance-du-mardi-06-janvier-2026

* XVIIe législature - Session ordinaire de 2025-2026 - Première séance du mardi 06 janvier 2026

Intervention militaire des États-Unis au Venezuela - Mme Cyrielle Chatelain

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Le carbofascisme qu’est-ce que c’est ?

Selon le réseau d’associations de solidarité internationale Ritimo, le carbofascisme « définit les partis et les dirigeant·es mettant en place des politiques autoritaires, usant d’une rhétorique nationaliste, voire raciste, et méprisant les enjeux écologiques au point de mettre en œuvre des politiques ouvertement écocides ».

Parmi ses figures de proue, on retrouve notamment Donald Trump, réélu président des États-Unis en 2024 après un premier mandat de 2016 à 2020, mais aussi Jair Bolsonaro, président ultra-conservateur du Brésil de 2019 à 2023, ainsi que leurs trop nombreux et nombreuses allié·es dans le monde, y compris en Europe et en France au sein de l’extrême droite et d’une partie de la droite traditionnelle.

Le « carbofascisme » est un concept encore relativement jeune et mouvant qui se délimite au fur et à mesure de l’évolution de notre environnement politique et social. Selon les travaux de Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, des technologies et de l’environnement et chercheur au CNRS, et d’après les enquêtes et analyses réalisées par plusieurs médias (Basta!, Reporterre, Le Monde, etc.), on peut déceler dans les discours actuels plusieurs tendances que l’on pourrait qualifier de « carbofascistes » :

Quatre tendances clés du carbofascime :

  • Climatoscepticisme ou inaction climatique assumée : les carbofascistes freinent les politiques destinées à lutter contre le changement climatique, relativisent la responsabilité humaine dans le changement climatique en cours, voire la nient de façon ostentatoire, et attaquent directement les scientifiques. « Je ne pense pas que la science sache, en fait », affirmait ainsi Donald Trump dès 2020.
  • Protection des intérêts fossiles : le carbofascisme se met très clairement au service des intérêts des industries « carbonées » du pétrole, du gaz et du charbon, fortement émettrices de gaz à effet de serre et directement responsables du changement climatique. En France, le Rassemblement national se fait ainsi le porte-voix de ces multinationales : en mars 2025, le groupe parlementaire RN à l’Assemblée nationale déposait un amendement pour réautoriser les forages pétro-gaziers sur le territoire français.
  • Répression des mouvements écologistes : en multipliant les attaques contre les libertés et droits fondamentaux, le carbofascisme entend réduire toute opposition et lever tout frein au développement d’activités polluantes et toxiques. Un exemple : le durcissement législatif en cours en Italie contre les activistes écologistes, sous la houlette de Giorgia Meloni, cheffe du gouvernement italien.
  • Hiérarchisation des vies à protéger (le « nous » avant « eux ») : Donald Trump en a fait son leitmotiv, dans tous les domaines, y compris en ce qui concerne l’environnement. « Le changement climatique, ce n’est pas notre problème », déclarait-il en 2024. Cette vision binaire, xénophobe et raciste, qui défend le suprémacisme blanc et la mise en place de politiques racistes et violentes contres les minorités, est aussi au cœur du concept, contraire à la constitution française, de « préférence nationale ». Concept que tente d’imposer le Rassemblement national et dont Jordan Bardella et Marine Le Pen se font les porte-voix.

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