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Les médias télé n'aiment pas Poutou

Candidat à la présidentielle du NPA, Philippe Poutou est rarement invité sur les plateaux télé. Dans une interview à “Acrimed” il commente le dédain des rédactions à son égard.

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C’est tout le problème qu’examine Philippe Poutou dans une interview publiée sur le site de l’association Acrimed (Action Critique Médias) – la première d’une série annoncée sur ce même thème avec d’autres personnalités politiques.

Comme il le rappelle, et comme cela avait déjà été remarqué lors de la campagne présidentielle de 2012, il a souvent fait l’objet de remarques condescendantes de la part des grands médias qui l’ont interviewé. Son non-professionnalisme, le fait qu’il ne possède pas les mêmes codes rhétoriques que ses adversaires, ni les mêmes vêtements, ou encore qu’il assume de ne pas s’assigner le même objectif de conquête du pouvoir, a souvent été pris pour de la naïveté – moitié touchante, moitié dérisoire – par les journalistes. Comme lorsqu’on lui balance à la figure que “son nom le sauve”, en 2011 sur le plateau d’On n’est pas couché, ou qu’il n’a pas le même charisme qu’Olivier Besancenot, en avril 2012 dans Des Paroles et des actes. Ce à quoi il avait répliqué :

“Je ne veux pas faire une carrière politique. Ça surprend, surtout par rapport aux autres… Besancenot n’a pas voulu continuer

De cause à effet :

Le NPA peine à recueillir ses 500 parrainages

Un peu plus de deux mois avant le 17 mars – date à laquelle les 500 parrainages d’élus nécessaires pour pouvoir se présenter à la présidentielle devront avoir été déposés au Conseil constitutionnel -, le Nouveau Parti anticapitaliste peine à les récolter. Et reconnaît n’avoir obtenu que 170 promesses pour le moment.

Dans son journal, L’Anticapitaliste, le parti trotskiste a lancé, le 5 janvier, un appel à la « mobilisation générale ». Si le NPA reconnaît une mise en route « laborieuse » – « certains militant(e)s n’étant pas convaincus de la possibilité de succès de l’opération ou de son intérêt politique » -, il juge qu’un « sursaut » a eu lieu « depuis quelques semaines ». « Mais, avec 170 promesses de parrainage à ce jour, nous n’arrivons pas encore à rattraper le retard pris par rapport à 2012 », indique l’équipe qui s’occupe de la collecte.

Pas de quoi inquiéter son candidat, Philippe Poutou, qui reste persuadé que c’est encore jouable. « On n’envisage pas d’échouer, affirme au Monde celui qui était déjà candidat en 2012. On veut absolument s’inviter à nouveau dans la présidentielle, on a un programme anticapitaliste à défendre, la voix de la révolte à faire entendre et la perspective d’un troisième tour social après les élections. » Ce dernier reconnaît cependant : « C’est vrai, il y a un risque important : cela reste une tâche difficile, ingrate, qui demande beaucoup d’énergie et de temps mais nous avons la motivation et l’ambition d’y arriver. » En septembre, le parti revendiquait « un peu plus » de 100 parrainages.

« Forces limitées »

Déjà en 2012, le NPA, qui sortait d’une crise importante, avait eu des difficultés à réunir ces précieux sésames. Et l’après-présidentielle n’avait pas été de tout repos pour la formation longtemps incarnée par Olivier Besancenot. Une partie de ses cadres et militants avait quitté le navire pour initier avec d’anciens communistes, les Alternatifs ou encore des personnalités comme Clémentine Autain un mouvement, Ensemble!, qui deviendra la troisième force du Front de gauche. Selon M. Poutou, le parti compte aujourd’hui « un peu moins de 2 000 militants, moins qu’en 2012 certainement ».

L’ouvrier de chez Ford explique les difficultés du NPA à convaincre les élus de le parrainer du fait de leurs « forces limitées » mais aussi « d’une absence quasi totale de médiatisation qui [les] condamne pour le moment à faire campagne dans l’ombre ». « Alors qu’il y a pléthore de candidatures politiciennes et libérales, plus ou moins à droite, qui squattent les médias, les candidats salariés, anticapitalistes, sont tranquillement écartés », déplore M. Poutou, en pointant un « vrai souci démocratique, pas nouveau mais qui semble s’aggraver ». L’équipe chargée de trouver les signatures pointe aussi les « mesures antidémocratiques » mises en place depuis la loi de « modernisation » de la présidentielle votée en 2016.

Par le passé, il est arrivé que la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), l’ancêtre du NPA, ne présente pas de candidat à la présidentielle. Ce fut le cas en 1995 où le parti d’Alain Krivine appela à voter pour Arlette Laguiller (Lutte ouvrière), Robert Hue (PCF) ou même Dominique Voynet (Les Verts). Sept ans plus tôt, ils avaient soutenu la campagne de Pierre Juquin, un dissident communiste. Du côté de Lutte ouvrière, on refuse de communiquer sur l’état d’avancement de leur recherche de parrainages. Dans une interview au Monde en mai 2016, la candidate de LO, Nathalie Arthaud, affichait pourtant sa sérénité. « Je vous rappelle que nous les avons toujours eus, c’est une question de ténacité », expliquait-elle.

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