Liu Xiaobo, Antonio Gramsci et Rémi Fraisse

La mort de Liu Xiaobo interpelle sur la crédibilité du régime communiste chinois comme sur la crédibilité des régimes démocratiques.

Le sort réservé par le pouvoir chinois communiste à Liu Xiaobo rappelle celui que le pouvoir italien fasciste a fait subir à Antonio Gramsci.

Georges Orwell a été persécuté par les communistes en Catalogne pendant la guerre d'Espagne alors qu'il se battait dans le camp républicain.

Un régime politique se caractérise d'abord par sa nature démocratique ou totalitaire. La démocratie ne se réduit pas au formalisme ni au respect superficiel - spectaculaire, mis en scène - des procédures, électorales notamment.

Le pouvoir est légitime quand il respecte et fait progresser les droits fondamentaux (droits civils et politiques mais aussi droits sociaux et culturels).

Il est raisonnable de penser que la victime d'un régime totalitaire ne souffre pas plus ni moins des tortures et de la violation de ses droits selon que ce régime se revendique d'une idéologie progressiste ou réactionnaire.

La victime d'un régime totalisant peut en plus se sentir trahi par l'instrumentalisation de l'idéologie qu'il défend si le pouvoir qui l'accable s'en réclame pareillement.

Les comportements totalitaires s'insinuent dans le fonctionnement des régimes démocratiques et prospèrent avec l'abdication de ceux qui devraient garantir l'effectivité et l'efficacité du Droit.

Rémi Fraisse est mort pour des idées et des édiles ont tourné cela en dérision. Le droit à un recours effectif n'est pas garanti.

Ce ne sont pas les idées qui tuent mais la médiocrité de ceux qui en ordonnent ou en cautionnent la persécution. Ce sont les mêmes qui font obstacle aux droits fondamentaux (par ex. le mépris de la dignité humaine et du droit international des migrations).

 

Pour aller plus loin :

France culture : Les philosophes emprisonnés

France culture : Qui est Antonio Gramsci ?

France culture : Pour Gramsci

France culture : Avoir raison avec Georges Orwell

France culture : Guy Debord

 

 

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