Patrick Cahez (avatar)

Patrick Cahez

Ligue des droits humains et Amnesty international Bruxelles ; MRAP Dunkerque ; SUD intérieur et Observatoire du stress de France Télécom Paris

Abonné·e de Mediapart

302 Billets

2 Éditions

Lien 16 mai 2025

Patrick Cahez (avatar)

Patrick Cahez

Ligue des droits humains et Amnesty international Bruxelles ; MRAP Dunkerque ; SUD intérieur et Observatoire du stress de France Télécom Paris

Abonné·e de Mediapart

Racisme, colonialisme et nationalisme : il n'y a pas de race, seulement des menteurs

Le racisme est un fléau pour les sociétés contemporaines. Mais peut-on le combattre en se contentant de répéter que les races n’existent pas, et qu’elles ne sont qu’une construction sociale ou mentale ? Plusieurs essais récemment parus permettent d’aborder cette question sensible de manière plus éclairée et peut-être plus sereine.

Patrick Cahez (avatar)

Patrick Cahez

Ligue des droits humains et Amnesty international Bruxelles ; MRAP Dunkerque ; SUD intérieur et Observatoire du stress de France Télécom Paris

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Il est désormais avéré que la notion de race n’a aucun sens d’un point de vue biologique. 

La référence à de prétendues races humaines n’est jamais innocente, et toujours chargée d’histoire. Dans le but de déconstruire la réalité d’un « racisme anti-Blanc » mis en avant et instrumentalisé par l’extrême droite, Hervé le Bras recontextualise la question dans son essai Il n’y a pas de race blanche (Grasset, 2025). D’abord, rappelle celui qui est à la fois démographe et historien, le principe même de quelque chose comme une « race blanche » était inconnu dans toute l’Antiquité : ni les Grecs ni les Romains ne semblent prêter vraiment attention à la couleur de la peau  des uns et des autres. Il faut attendre longtemps pour que la notion apparaisse, car « la race blanche prend forme seulement dans la première moitié du 18e siècle ». (...)

Références :

Repenser la race, Michael O. Hardimon, Agone, 2024, 384 p., 25 €.

Il n’y a pas de race blanche, Hervé Le Bras, Grasset, 2025, 240 p., 20,90 €.

Racisme et culture. Explorations transnationales, Michel Agier, Seuil, 2025, 224 p., 21,50 €.

De la race en Amérique, Denis Lacorne, Gallimard, 2025, 240 p., 21 €.

Eg. :

1619. L’autre naissance des États-Unis, Virginie Adane, PUF, 2025, 184 p., 16 €.

Résumé de l'éditeur :

" 1619, deux navires corsaires vendent des captifs africains sur les rivages de la toute récente colonie anglaise de Virginie, en Amérique du Nord. Quatre siècles plus tard, en 2019, l’événement est commémoré aux États-Unis comme récit africain-américain des origines de la nation, un an avant les pèlerins du Mayflower, 157 ans avant la Déclaration d’indépendance.
Ce moment ne peut être compris sans être inclus dans les circulations atlantiques des premières décennies du XVIIe siècle, dans un monde où les rapports de force entre puissances impériales sont reconfigurés, façonnant les connexions entre humains, marchandises, idées et capitaux.
En ce début de XXIe siècle, alors que les luttes mémorielles se mondialisent, la construction et la promotion de cette date charnière constituent un bon observatoire des débats politiques et sociaux qui animent les États-Unis. "

En 1619, trente-deux femmes et hommes noirs capturés en Angola furent vendus comme esclave dans la toute récente colonie anglaise de Virginie, en Amérique du nord. L'histoire a longtemps oublié cet évènement au regard de l'arrivée du Mayflower l'année suivante, pierre angulaire du roman national états-uniens. (Les premiers Africains-Américains)

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.