Patrick Cahez
Ligue des droits humains et Amnesty international Bruxelles ; MRAP Dunkerque ; SUD intérieur et Observatoire du stress de France Télécom Paris
Abonné·e de Mediapart

234 Billets

2 Éditions

Billet de blog 18 janv. 2017

Un 2° tour Mélenchon Macron

L'enjeu des primaires du PS est de savoir s'il sera possible de faire une liste commune de la gauche pour les présidentielles. Valls est l'homme de trop qui rend ce projet impossible. Pour l'instant, seul Hamon a répondu assez positivement à l'appel de Filoche sur Arrêt sur Image.

Patrick Cahez
Ligue des droits humains et Amnesty international Bruxelles ; MRAP Dunkerque ; SUD intérieur et Observatoire du stress de France Télécom Paris
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Il semble que le rejet du quinquennat permette déjà de penser que l'électorat se portera sur la droite du PS et la gauche du PS.  

Ceux qui défendent aujourd'hui le bilan du quinquennat à la primaire du PS se placent à droite (ANI, loi travail, ...). Il devient assez hypothétique que le PS soit encore capable de faire l'unité à gauche comme l'affirme Cambadélis, auquel cas il est difficile de comprendre l'abandon de Hollande. 

S'il est improbable que Poutou ou Arthaud passent le premier tour, leur score signalera le regain ou le reflux d'une attente pour le respect des fondamentaux de gauche, dont les qualifiés du second tour devront tenir compte .

Restent donc Macron, d'une part, et Mélenchon, d'autre part.

Macron se déclare très clairement comme n'étant pas de gauche. Il est donc de droite. Il s'affirme comme le favori de la droite modérée, du centre et de la gauche modérée. 

Fillon et Le Pen se neutralisent. Ils ont des programmes trop proches.

L'absence d'Hollande ou de Sarkozy réduit notamment l'effet du vote sanction profitant à Le Pen. La possibilité d'une victoire du Front national en est d'autant réduite.

Reste un possible 2° tour Le Pen - Fillon si l'électorat de gauche ne se mobilise pas au premier tour.

Mais pour qui voter quand la confusion est telle à "gauche" qu'il est difficile de la distinguer de la droite ?

Se démarque nettement Mélenchon. Il est donc le seul candidat de gauche pouvant espérer, à l'heure actuelle, passer le premier tour ; s'il fait un effort pour mobiliser les électeurs de gauche.

Or, son style et son action ne parviennent pas à faire l'unanimité.

Il ne peut pas l'ignorer. Le fait-il exprès ? On a du mal à comprendre.

Il a une chance raisonnable qu'il ne saisit pas en continuant à tonitruer, ce qui dissuade une partie de son électorat potentiel. Pourquoi ?

En continuant à communiquer comme il le fait, il arrivera 3° ou 4° derrière Fillon ou Le Pen, privant la gauche de 2° tour.

C'est dommage pour la gauche parce que, si un deuxième tour Macron-Le Pen ou Macron-Fillon tournera à l'avantage de Macron ; un deuxième tour Macron-Mélenchon en revanche sera beaucoup moins avantageux à Macron.

Dans le premier cas de figure Macron est le candidat modéré de la gauche, dans le second il est le candidat conservateur. Dans le premier cas Macron capte des voix de gauche, dans le second il les perd.

Ce ne sont pas tant les médias qui font la différence que la manière de communiquer et de s'adresser aux électeurs. Conclure comme Hubert Huertas le fait dans sa chronique à propos de JLM  que" Le problème, c’est qu’il devra d’abord l’emporter sous la Cinquième, et que sous la Cinquième on n'a jamais gagné jusqu'ici sans partenaires. " ; c'est ignorer l'appel de Filoche et la réponse de Hamon. 

La balle est donc dans le camp de Mélenchon. Il est normal qu'il attende le résultat des primaires PS.

L'état actuel des choses fait que la gauche a donc toujours et raisonnablement une chance d'emporter la présidentielle 2017 si Mélenchon sait ramener à lui un électorat de gauche à qui il fait peur.

Le PS qui soutient le bilan du quinquennat, au contraire, a perdu cet électorat qui regarde déjà vers Macron ; en désespoir d'avoir un candidat de gauche, sauf si la primaire PS produit un candidat gaucho-compatible.

L'intérêt du troisième débat de la primaire PS est d'identifier les candidats qui peuvent rendre possible l'appel de Filoche.

Il y a déjà Hamon et Arnaud Montebourg semble répondre aussi favorablement à l'idée.

A confirmer jeudi soir.

L’auteur n’a pas autorisé les commentaires sur ce billet

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Santé
Comment le CHU de Bordeaux a broyé ses urgentistes
Les urgences de l’hôpital Pellegrin régulent l’accès des patients en soirée et la nuit. Cela ne règle rien aux dysfonctionnements de l’établissement, mettent en garde les urgentistes bordelais. Épuisés par leur métier, ils sont nombreux à renoncer à leur vocation.
par Caroline Coq-Chodorge
Journal
Force ouvrière : les dessous d’une succession bien ficelée
À l’issue du congrès qui s’ouvre dimanche, Frédéric Souillot devrait largement l’emporter et prendre la suite d’Yves Veyrier à la tête du syndicat. Inconnu du grand public, l’homme incarne, jusqu’à la caricature, le savant équilibre qui prévaut entre les tendances concurrentes de FO.
par Dan Israel
Journal
« Travail dissimulé » : la lourde condamnation de Ryanair confirmée en appel
La compagnie aérienne a été condamnée, en appel, à verser 8,6 millions d’euros de dommages et intérêts pour « travail dissimulé ». La firme irlandaise avait employé 127 salariés à Marseille entre 2007 et 2010, sans verser de cotisations sociales en France. Elle va se pourvoir en cassation.
par Cécile Hautefeuille
Journal — Social
En Alsace, les nouveaux droits des travailleurs détenus repoussent les entreprises
Modèle français du travail en prison, le centre de détention d’Oermingen a inspiré une réforme du code pénitentiaire ainsi qu’un « contrat d’emploi pénitentiaire ». Mais entre manque de moyens et concessionnaires rétifs à tout effort supplémentaire, la direction bataille pour garder le même nombre de postes dans ses ateliers.
par Guillaume Krempp (Rue89 Strasbourg)

La sélection du Club

Billet de blog
Destruction du soin psychique (2) : fugue
Comment déliter efficacement un service public de soins ? Rien de plus simple : grâce à l'utilisation intensive de techniques managériales, grâce à l'imposition d'un langage disruptif et de procédures conformes, vous pourrez rapidement sacrifier, dépecer, puis privatiser les parties rentables pour le plus grand bonheur de vos amis à but lucratif. En avant toute pour le profit !
par Dr BB
Billet de blog
Macron 1, le président aux poches percées
Par Luis Alquier, macroéconomiste, Boris Bilia, statisticien, Julie Gauthier, économiste dans un ministère économique et financier.
par Economistes Parlement Union Populaire
Billet de blog
Ce qu'on veut, c'est des moyens
Les salarié·es du médicosocial se mobilisent à nouveau les 31 mai et 1er juin. Iels réclament toujours des moyens supplémentaires pour redonner aux métiers du secteur une attractivité perdue depuis longtemps. Les syndicats employeurs, soutenus par le gouvernement, avancent leurs pions dans les négociations d'une nouvelle convention collective avec comme levier le Ségur de la santé.
par babalonis
Billet de blog
Le service public d’éducation, enjeu des législatives
Il ne faudrait pas que l’avenir du service public d’éducation soit absent du débat politique à l’occasion des législatives de juin. Selon que les enjeux seront clairement posés ou non, en fonction aussi des expériences conduites dans divers pays, les cinq prochaines années se traduiront par moins ou mieux de service public d’éducation.
par Jean-Pierre Veran