La généalogie entre libéralisme, capitalisme et racisme

Les outrances racistes ont mobilisé l'exaspération et l'indignation contre les violences et la répression qui protègent et maintiennent une société de classes et un capitalisme reposant sur l'exploitation du plus grand nombre et sa spoliation. La fortune détient les médias - dont les réseaux sociaux - et embauche des commentateurs qui justifient les profits par la stigmatisation de l'altérité.

N'est-il pas réducteur d'évoquer les violences policières au seul maintien de l'ordre ? Comme il semble réducteur d'évoquer la violence institutionnelle qu'aux seules violences policières quant c'est la société qui repose sur le rapport de forces, les inégalités ?

L'opinion est anesthésiée de ces inégalités justifiées par un discours mobilisant abusivement la culture et la biologie quand ces deux savoirs sont détournés pour argumenter le nationalisme et le racisme.

Les violences policières sont une des parties émergées de l'iceberg d'une violence institutionnelle. Le phénomène n'est pas évoqué dans les entreprises, dans les médias malgré sa présence continue.

La propagande que fait Eric Zemmour - son employeur est Vincent Bolloré, une grande fortune - est emblématique du discours des détenteurs de capitaux pour justifier un pays qui se caractérise par des inégalités importantes dans l'accès à un logement décent, une alimentation saine, un niveau de soin aussi élevé que possible, un travail digne, un salaire suffisant, un niveau de vie médiocre, une injustice fiscale, un degré élevé de corruption ...

La violence procède d'une institutionnalisation puisqu'elle est acceptée - voire défendue - des professionnels comme " normale ". Elle n'est donc pas seulement technique ou systémique. Elle est banalisée par l'évolution - des réformes - d'un enseignement supérieur, visant à le privatiser et favoriser la reproduction d'une élite de privilégiés, un " régime de notables ".

Cela favorise un débat public biaisé dont le résultat des élections paraît montrer qu'il s'intensifie. Il favorise un capitalisme dont les profits résultent de l'exploitation au mépris du respect de la dignité.

Le procès France télécom / Orange illustre les conséquences d'une telle politique à produire des brutes diplômées plutôt que du savoir, du sens critique et du doute.

La scolarité en France ne prépare pas l'électeur. Elle n'aborde ni n'enseigne les idées politiques. Leur ignorance favorise le conservatisme réactionnaire dont témoigne l'absence de mobilisation massive contre chaque au recul des libertés publiques, la régression sociale, les traitements inhumains et dégradants - contre les migrants mais aussi au travail, au sein des familles (maltraitance des enfants, violences contre les femmes, maltraitance des personnes âges, inceste, viol, ...).

Les différentes expressions de la violence institutionnelle - policières, administratives, hiérarchiques, sociales, ... - sont la conséquence d'une mentalité de possédants à répliquer de génération en génération et dont l'histoire montre comment elle s'est imposée par la spoliation, voir l'enclosure, et l'exploitation, voir le colonialisme.

Elle se maintient par la discrimination.

Elle développe un discours ambigu sur la liberté pour s'exonérer de ses excès et disqualifier ceux qui en souffrent.

Ainsi du principe de responsabilité, qu'elle invoque pour culpabiliser les victimes de son système mais qu'elle oublie contre ceux qui en profitent dramatiquement.

Les techniques de communication rendent difficile de cacher les excès ou les abus. Les profits ont donc besoin d'une répression de plus en plus violente pour se maintenir et de multiplier les agents d'influence dans les médias pour justifier l'injustifiable.

C'est un comportement de voyous. Il n'y a rien de politique. Ce n'est que de l'égoïsme au prisme duquel il est peu pertinent de s'attarder à opposer des régimes, comme les USA à la Chine. Ce sont deux régimes capitalistes. L'un est centralisé, l'autre pas. Le capitalisme n'est pas une idéologie. Il est une incapacité à s'émanciper de l'argent.

La Chine et les USA se différencient par le fait que dans la première ceux qui sont au pouvoir ont l'argent alors que ceux qui ont l'argent sont au pouvoir dans les seconds. La nuance permet peut-être peut-être de distinguer " l'Etat totalitaire " de " l'Etat  démocratique ".

La bien-être général des peuples devrait être le critère principal d'appréciation d'une politique. La difficulté à l'imposer peut provenir d'une volonté des gouvernements à s'épargner le constat avéré de leur échec.

Quant aux libertés, la liberté actuelle de Julian Assange ou d'Edward Snowden s'apparente à celle d'un Prix Nobel Chinois ou d'un journaliste russe (ou maltais ?) et interroge sur la pertinence du débat à opposer des pays, dès lors qu'on n'appartient pas à la classe dirigeante.

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Colons, colonisés, une histoire partagée

Par Catherine Calvet 30 août 2013 à 19:06

Des élites autochtones qui pactisent avec les colonisateurs, des peuples qui résistent… L’historien Pierre Singaravélou, spécialiste des empires coloniaux, signe un ouvrage collectif qui déjoue les clichés. Explications cartes à l’appui.

Les États-Unis, empire masqué

How to hide an empire. A short history of the greater United States, Daniel Immerwahr, Vintage, 2019, 528 p., p. n.c.

Thomas Lepeltier Mai 2020

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Les États-Unis aiment se présenter comme un ensemble historique d’États librement associés et sans vélléité conquérante. Les cartes du pays oublient d’ailleurs souvent de figurer l’Alaska ou Hawaï, sans parler des nombreux territoires d’outre-mer qui, au milieu de 20e siècle, abritaient 135 millions de personnes et constituaient une superficie équivalente à près d’un cinquième de son territoire. Les États-Unis ne se voient certes pas comme un empire mais, selon Daniel Immerwahr, leur histoire a cependant été, aussi loin que l’on regarde, celle d’une puissance expansionniste. La première phase est celle de la conquête de l’Ouest, qui se traduit par la soumission et l’éviction, sinon le massacre, des Amérindiens.

 

Paris vu de ses banlieues : le chaos inégalitaire

Par François Bonnet

Le quartier des Groues à Nanterre (Hauts-de-Seine), non loin des tours de la Défense. © Jean-Fabien Leclanche

Le quartier des Groues à Nanterre (Hauts-de-Seine), non loin des tours de la Défense. © Jean-Fabien Leclanche

Pour comprendre Paris, ses dysfonctionnements et ses échecs, il faut aussi l’observer depuis ses banlieues. Partout, l’exaspération monte contre une ville-centre qui exporte sa folie immobilière, chasse ses classes moyennes, laisse se creuser d’immenses inégalités. Le tout dans une effarante pagaille institutionnelle et politique à l’échelle du Grand Paris.

 

 

 

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